Elle ne renoncera jamais à connaître la vérité. Le 26 mars, Elisabeth Borrel a rencontré la 17e juge d’instruction chargée de faire la lumière sur la mort de son mari, le juge Bernard Borrel, dont le cadavre fut retrouvé le 19 octobre 1995 à Djibouti, dans des conditions jamais élucidées. « Contrairement au précédent magistrat, cette juge a pris le temps de me rencontrer, se félicite sa veuve. J’ai été rassurée par cette femme que j’ai trouvée d’une profonde humanité. » Plus de trente ans après les faits, de nombreuses zones d’ombre planent encore sur l’affaire Borrel.
La France, en tant qu’ancien pays colonisateur, est présente militairement depuis la fin du XIXe siècle à Djibouti, un pays stratégique donnant accès à la mer Rouge depuis le golfe d’Aden. La cité-Etat héberge aujourd’hui la dernière base de l’armée française en Afrique, avec 1 500 soldats. Dans ce pays d’1 million d’habitants, Ismaïl Omar Guelleh est le grandissime favori de l’élection présidentielle qui se tient vendredi 10 avril. A 78 ans, il vise un sixième mandat consécutif.
En 1994, alors procureur de la République de Lisieux, Bernard Borrel est nommé à Djibouti comme coopérant – soit cinq ans avant l’arrivée au pouvoir d’« IOG », comme est surnommé le président. Le magistrat français est ainsi au cœur du système judiciaire djiboutien. En tant que conseiller technique auprès du ministère de la justice, il travaille sur une réforme du code civil et assiste le juge Roger Le Loire, qui mène depuis l’Hexagone l’instruction sur l’attentat contre le Café de Paris. En septembre 1990, une grenade lancée à l’intérieur deux établissements djiboutiens fréquentés par des expatriés français a tué un enfant et fait une vingtaine de blessés.
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