Cette année, les plus de 65 ans sont, en France, presque aussi nombreux que les moins de 20 ans. Evolution démographique, ce vieillissement de la population se ressent aussi du côté des librairies, du cinéma ou des séries. En fiction, les bandes de seniors pas toujours fréquentables sont à la mode. Il y a la BD Les Vieux fourneaux, la comédie Maison de retraite avec Kev Adams, les livres de Richard Osman Le Murder club du jeudi adaptés sur Netflix…
Pour son premier roman, la journaliste et essayiste Géraldine Smith, qui avait signé un livre remarquable sur les fractures françaises vues depuis la rue Jean-Pierre Timbaud à Paris, s’inscrit dans cette veine, et jette un même regard tendre et cocasse sur le grand âge. Le veuf Georges, 95 ans, Marcel, de six ans son cadet, et le jeunot Jean-Marc, fraîchement retraité, se retrouvent tous les jours, toujours à la même heure – après la sieste et avant les infos – sur un banc dans une résidence de la grande banlieue parisienne. Ils parlent de l’actualité du quartier, de politique, de l’évolution de la France et du passé qui s’efface doucement dans la tête de Georges. On rit, on se dispute et on se réconcilie. Atteint d’une démence fronto-temporale qui le désinhibe, l’élégant nonagénaire, autrefois allergique à la vulgarité, contrôle de moins en moins ses commentaires sur les fesses des femmes. Mais un jour, il est retrouvé mort dans son lit. L’autopsie conclut à une surdose de somnifères que Georges n’a pas pu prendre seul. Les bijoux de sa défunte épouse Claudia ont disparu.
Qui a bien pu vouloir tuer un homme de 95 ans ? La police s’intéresse à l’entourage et se concentre sur six suspects : ses deux enfants, Isabelle et Paul, son auxiliaire de vie Mariola, Chantal, une sosie de Danièle Gilbert qui venait lui faire la lecture tout en abusant de son portefeuille, Alain, gardien chti de la résidence surnommé “le shériff”, ou Abdel, qui tenait une baraque à frites sur le parking et s’est soudain évaporé.
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