La Rencontre annuelle des musulmans de France interdite en raison du « risque terroriste » à l’encontre des participants

La Préfecture de police de Paris a interdit par arrêté, mercredi, la Rencontre annuelle des musulmans de France (RAMF), qui devait se tenir au Bourget (Seine-Saint-Denis) du 3 au 6 avril, notamment en raison du risque terroriste à l’égard de la communauté musulmane.

Le préfet de police pointe du doigt dans cet arrêté que « cet événement, susceptible de rassembler un grand nombre de personnes intervient dans un contexte international et national particulièrement tendu » et qu’il est « exposé à un important risque terroriste à l’égard de la communauté musulmane ». Il estime que l’attentat déjoué contre la Bank of America à Paris le week-end dernier « souligne l’acuité de la menace endogène susceptible de se matérialiser » en France.

En outre, « dans le contexte d’agitation politique et de polarisation forte des débats » qui s’est exprimé notamment lors des élections municipales dans certaines communes d’Ile-de-France et « compte tenu de la qualité des organisateurs [Musulmans de France, ex-UOIF] et de certains conférenciers, il existe un risque que des groupuscules d’ultra-droite se mobilisent en vue de perturber le déroulement de cet événement, d’autant qu’il ne s’est pas tenu depuis 2019 », peut-on également lire dans l’arrêté d’interdiction.

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Un événement majeur pour la communauté musulmane

Des actions de ce type pourraient aussi être « téléguidées par des influences étrangères », note le préfet de police, concluant que la tenue de cette rencontre est « incompatible avec les impératifs de l’ordre public ».

La RAMF est un salon rassemblant pendant quatre jours conférences, expositions et stands commerciaux destinés à la communauté musulmane. Organisée par l’association Musulmans de France (MF), fédération d’associations musulmanes ayant succédé en 2017 à l’Union des organisations islamiques de France (UOIF), elle est présentée par ses promoteurs comme le plus grand rassemblement de musulmans d’Europe.

Par ailleurs, selon le journal Le Parisien, jeudi 2 avril au soir, un nouveau projet de loi sur le « séparatisme » et l’« entrisme islamiste », porté par le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, doit être présenté au conseil des ministres fin avril. L’idée serait de compléter la loi de 2021 avec de nouvelles dispositions, comme la possibilité de dissoudre des structures, de geler des avoirs administratifs ou encore, de prendre des mesures d’interdiction de certaines publications, dès lors qu’elles appellent à la haine ou à la discrimination.

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Le Monde avec AFP

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