La patronne d’Engie dénonce les idées « mauvaises pour la France » du Rassemblement national en matière d’énergie

La dirigeante du groupe énergétique Engie, Catherine MacGregor, a confirmé mardi 21 avril avoir assisté début avril à un dîner de grands patrons avec Marine Le Pen, mais affirme l’avoir fait pour défendre les intérêts de son entreprise contre des idées du Rassemblement national (RN) « mauvaises pour la France » en matière d’énergie.

« Nous ne pouvons pas laisser ces idées qui sont mauvaises pour la France, pour la sécurité énergétique du pays, pour les prix de l’électricité et pour la décarbonation, se cristalliser et prendre forme », a justifié Mme MacGregor, interrogée sur sa participation à ce dîner, lors d’un événement organisé par l’Association des journalistes Économiques et Financiers (AJEF) mardi.

Elle faisait notamment référence aux idées sur le marché de l’énergie qui étaient mises en avant par le RN au moment de la dissolution de l’Assemblée nationale en 2024, quand a semblé se rapprocher la possibilité d’un gouvernement mené par le Rassemblement national.

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Contacts avec le patronat

« A ce moment-là, les mesures associées au RN sur l’énergie prenaient forme », a souligné Mme MacGregor, qui avait signé en juin 2024 une tribune pour s’opposer notamment aux idées du RN de renégocier la participation de la France au marché européen de l’électricité, de renoncer aux objectifs de la transition écologique de l’Union européenne ou encore de supprimer un régulateur indépendant. « Nous autres énergéticiens, on s’était dit “oh my god, on a un problème” », s’est souvenue Mme MacGregor mardi.

Le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, a par ailleurs déjeuné avec l’organisation patronale Medef lundi, décrivant à l’issue de la rencontre « des échanges sans tabou, transparents, sur l’économie française » et notamment « la fiscalité, les normes ».

Le président du Medef, Patrick Martin, a justifié cette réception en demandant : « Peut-on exclure le RN du spectre de nos contacts politiques ? Evidemment non, parce que c’est une formation qui pèse lourd au Parlement ».

Le directeur général de la Maif, Pascal Demurger, avait pour sa part estimé il y a dix jours que le « rapprochement » de patrons avec le Rassemblement national était « une erreur tactique autant qu’une illusion politique », dans une tribune publiée dans Le Monde.

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Le Monde avec AFP

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