La loi-cadre sur la restitution des objets pillés pendant la colonisation est enfin en marche

C’est une étape décisive dans le long chemin pour la restitution des biens pillés en Afrique à l’époque coloniale. Voté à l’unanimité par la commission des affaires culturelles du Sénat le 28 janvier, le projet de loi, qui vise à modifier le code du patrimoine pour les biens entrés dans les collections nationales de manière illicite, vient d’être approuvé par la commission des affaires culturelles de l’Assemblée nationale, mercredi 8 avril, en attendant son examen en séance le 13 avril.

« Je suis vraiment très émue, a réagi l’historienne Bénédicte Savoy, dont le rapport sur les restitutions, corédigé en 2018 avec l’économiste sénégalais Felwine Sarr, a fait date. Cela montre qu’on peut lâcher prise, qu’on n’est pas accroché à des collections accumulées dans la violence, c’est le signe d’une maturité collective. C’est l’aboutissement d’un grand mouvement. »

Un mouvement démarré neuf ans plus tôt. En 2017, à l’occasion de son discours à l’université de Ouagadougou à l’adresse de la jeunesse africaine, Emmanuel Macron s’était engagé à rendre possibles dans un délai de cinq ans les restitutions d’objets indûment entrés dans les collections publiques. Jusqu’à présent, chaque restitution était soumise à une loi d’espèce, comme celle qui a permis, en 2021, le retour au Bénin de 26 objets issus du trésor royal d’Abomey, pillés lors de l’expédition du général Dodds à la fin du XIXe siècle.

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