“Kremlin confidentiel”, le vrai visage de Vladimir Poutine : sa fortune démentielle, ses maîtresses, la corruption…

“La démarche du pistolero”. C’est ainsi que des professeurs de neurologie du très sérieux British Medical Journal ont baptisé l’étrange façon de marcher de Vladimir Poutine, rappelle le journaliste Vincent Jauvert dans son livre Kremlin confidentiel, dont L’Express publie les bonnes feuilles. “Nous avons observé qu’[il] présente une réduction notable du balancement du bras droit pendant la marche, écrivent-ils en 2015. Nous avons trouvé dans un manuel de formation du KGB une explication plausible : les recrues étaient entraînées à garder le bras droit immobile près du corps afin de pouvoir dégainer rapidement une arme. Nous pensons que cette habitude acquise a été conservée inconsciemment dans [sa] posture et [sa] démarche”. Fruit d’une enquête fouillée et nourrie par de nombreux documents et témoignages, l’ouvrage de Vincent Jauvert vise à dévoiler la vraie nature du président russe, tout ce qu’il veut cacher : “sa quête effrénée de luxe, de pouvoir et de vengeance – sa vie privée et ses crimes aussi”. Dans un texte saisissant, l’auteur montre comment ce chef mafieux a construit sa dictature à vie, accumulé une immense fortune, planifié l’invasion de l’Ukraine, et entraîné l’Europe dans une guerre sans fin. Extraits.

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Monsieur 35 %

C’est sa face la plus secrète. Poutine, qui a vécu, comme l’immense majorité des Soviétiques, dans la pauvreté et la fascination de l’abondance occidentale, aime le luxe. Pendant des années, il a vu les oligarques et certains hauts fonctionnaires acheter des propriétés somptueuses sur la Côte d’Azur, des yachts, des montres Patek Philippe en or, des Bentley et des costumes anglais hors de prix. C’est son tour. En même temps qu’il impose son système politique ­ autocratique, le président russe met en place un système complexe de détournement de fonds à son profit inspiré des méthodes de la mafia. Pour bâtir sa fortune, [il] va d’abord utiliser son ami Nikolaï Chamalov, l’un des huit de la coopérative Ozero [NDLR : une coopérative de datchas située sur un vaste terrain, à 150 kilomètres de Saint-Pétersbourg, au bord du lac Komsomolskoïe], chez qui, quatre ans plus tôt, il a passé des vacances d’hiver en famille à Davos. Rond et yeux clairs, Chamalov est le représentant de Siemens en Russie et l’un des principaux actionnaires d’une société baptisée Petromed. C’est via cette compagnie que Poutine va engranger ses premiers millions de dollars.

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Le schéma de ce détournement de fonds m’a été expliqué par un autre actionnaire de Petromed, Sergueï Kolesnikov. Docteur en médecine militaire, ce quinquagénaire à allure de comptable n’a pas supporté d’être complice d’une vaste entreprise de corruption. En 2010, il a dénoncé le système dans une lettre ouverte au président russe de l’époque, Dmitri Medvedev, le pantin que Poutine a installé au Kremlin pour quatre ans de 2008 à 2012. Dans cette missive à scandale, Koslesnikov fournissait toutes les preuves des malversations au profit du Premier ministre Poutine, toujours l’homme fort du régime. Evidemment, Medvedev n’a rien fait. Tandis que Kolesnikov s’est envolé dans la nature par peur de représailles. Ses révélations ont été confirmées bien plus tard par l’agence Reuters et le réseau OCCRP (Organized Crime and Corruption Reporting Project) de journalistes spécialisés dans les enquêtes sur la corruption. Voici ce qu’ils ont découvert. Créée en 1992 à Saint-Pétersbourg, Petromed a pour vocation de construire et d’importer du matériel médical high-tech en Russie. Au début, il s’agissait d’une joint-venture public-privé. Côté privé, Chamalov et Kolesnikov ; côté public, le département des relations économiques internationales de Saint-Pétersbourg représenté par son directeur, Vladimir Poutine. Après la défaite [d’Anatoli] Sobtchak [ancien maire de Saint-Petersbourg], la ville a vendu ses parts aux deux fondateurs qui ont fait prospérer leur affaire.

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