RÉCIT – Après un mois de frappes américaines et israéliennes, plus de 1900 personnes ont été tuées et au moins 20.000 autres blessées. Entre les bombes et la répression, les habitants de Téhéran apprennent à vivre avec la guerre.
C’était un jour de grand fracas. Un panache de fumée crassait le ciel téhéranais, et Maryam Saeedpour s’est empressée de grimper sur son toit. Sous l’œil de son appareil photo, elle a immortalisé la scène en se glissant au premier plan. Depuis le début de l’offensive israélo-américaine, le 28 février, ses images remplissent les silences. Publiées sur sa page Instagram dès que son VPN parvient à contourner le black-out de l’internet imposé par les autorités, elles réinjectent un peu d’humanité au cœur d’une ville blessée. Les amis enlacés durant les tirs de missile ; les soirées d’insomnie ; la pause chicha ou l’heure du thé. « Mes proches s’inquiètent et me disent : pourquoi tu restes en Iran ? Pourquoi tu ne quittes pas Téhéran ? J’aime ma ville, mon pays. Impossible de les abandonner », confie la photographe iranienne au bout d’une ligne WhatsApp aussi frêle que sa voix. La guerre, elle tente de l’apprivoiser : « Ça fait un mois que les bombardements dictent notre…

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