Il continuait à travailler pendant son arrêt maladie et à gagner de l’argent: pour la justice, il n’avait pas le droit et doit payer une pénalité financière à la Sécu

La Cour de cassation rappelle qu’un assuré en arrêt maladie ne peut pas exercer une activité rémunérée sans autorisation médicale et être indemnisé, même de bonne foi, ce qui justifie une pénalité financière.

Peut-on travailler tout en étant en arrêt maladie et percevoir des indemnités journalières de l’assurance maladie? La Cour de cassation dans cet arrêt du 19 mars estime que non même si l’assuré est de bonne foi, une autorisation du médecin étant nécessaire pour toute activité ou formation effectuées pendant un arrêt de travail.

Forte de cet argument, une caisse primaire d’assurance maladie avait demandé à l’un de ses assurés de payer une pénalité financière de 1.500 euros pour avoir travaillé durant son arrêt de travail de plus d’un an. Un tribunal avait annulé cette pénalité, estimant que “la preuve de la fraude, et notamment de l’intention frauduleuse de ce dernier, n’était pas rapportée”, rapporte la Cour de cassation.

“Pour annuler la pénalité financière, le tribunal retient que la caisse ne démontre aucune fraude, la bonne foi des assurés étant toujours présumée”, explique-t-elle.

La bonne foi ne peut être retenue

“Il ajoute que le seul fait, pour l’assuré, de s’être adonné à une activité non autorisée, génératrice d’un indu, et pour lequel il s’est versé un salaire de 1.500 euros, ne suffit pas à caractériser une intention frauduleuse, ce versement pouvant compléter les indemnités journalières”, précise la cour. La Cour de cassation a donc annulé ce jugement et renvoyé l’affaire devant un autre tribunal.

“L’assuré avait, sans autorisation médicale, poursuivi son activité de gérant d’entreprise ayant donné lieu à une rémunération pendant la période de l’arrêt de travail indemnisée, de sorte que la bonne foi de l’intéressé ne pouvait être retenue”, a estimé la Cour de cassation.

Un assuré peut invoquer sa bonne foi s’il pensait, à tort, que son activité était autorisée (par exemple une activité jugée “passive” ou non professionnelle, ou sans savoir qu’une autorisation médicale était obligatoire). Il reconnaît donc avoir travaillé, mais affirme qu’il ne pensait pas être en infraction. Autrement dit, il ne conteste pas les faits, seulement leur caractère fautif.

Les indemnités journalières sont versées après un délai de carence de trois jours pour compenser le salaire pendant l’arrêt de travail. Elles sont égales à 50% du salaire journalier de base de l’assuré dans la limite de 1,4 fois le Smic mensuel, selon l’Assurance maladie. Si l’entreprise prévoit dans sa convention collective le maintien du salaire pendant l’arrêt de travail, l’employeur verse un complément de salaire.

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