Hyundai, troisième constructeur automobile mondial en termes de ventes grâce à sa filiale Kia, a annoncé vendredi que ses exportations vers l’Europe et l’Afrique du Nord, transitant habituellement par le Moyen-Orient, subissaient de fortes perturbations en raison du conflit opposant Israël et les États-Unis à l’Iran.
« Même si le conflit prend fin, il faudra un temps considérable pour reconstruire et rétablir les chaînes d’approvisionnement existantes », a prévenu Kim Dong-jo, vice-président senior du Bureau des politiques mondiales du groupe. Il s’exprimait à Pyeongtæk-Dangjin, port stratégique situé au sud-ouest de Séoul, lors d’une réunion rassemblant responsables, entreprises de logistique et constructeurs automobiles pour évaluer l’impact de la guerre.
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Le dirigeant sud-coréen a souligné que la hausse des coûts logistiques et les contraintes liées aux matières premières résultant du conflit exerçaient une pression supplémentaire sur les fournisseurs de pièces détachées et sur la production. Hyundai collabore « avec les fournisseurs et le gouvernement pour minimiser les perturbations ».
Stockage temporaire
Du côté de la logistique, Hyundai Glovis indique rencontrer d’importantes difficultés. « Nous sommes actuellement dans l’impossibilité d’accéder à certaines routes du Moyen-Orient », précise la division, qui doit désormais stocker temporairement les marchandises dans d’autres lieux jusqu’à stabilisation de la situation. L’entreprise note que, bien que les routes vers les côtes ouest et est de l’Amérique du Nord n’aient pas été significativement affectées jusqu’à présent, « l’accès restreint au Moyen-Orient et la hausse des coûts du carburant entravent les opérations et l’efficacité ».
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Le ministre sud-coréen du Commerce, Yeo Han-koo, a confirmé que certaines cargaisons avaient été détournées vers des hubs intermédiaires, comme le Sri Lanka, « afin d’y être retenues pendant que les entreprises réévaluaient quand le transport pourrait reprendre ».
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Cette mise en garde illustre une fois de plus la fragilité des chaînes d’approvisionnement mondiales, déjà mises à l’épreuve par les tensions géopolitiques et les fluctuations des coûts logistiques. Même un conflit de courte durée peut entraîner des retards et des surcoûts significatifs, que les grands acteurs industriels devront absorber dans les prochains mois.

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