Guerre en Iran : ce qu’il faut retenir de l’allocution de Donald Trump

Alors que le Moyen-Orient s’embrase, Donald Trump garde les yeux brillants de satisfaction. Tout en promettant de renvoyer l’Iran à “l’âge de pierre”, le locataire de la Maison-Blanche s’est félicité mercredi 1er avril des “victoires” américaines, sans jamais esquisser la moindre porte de sortie. Lors d’une allocution télévisée, il a assuré que l’armée américaine avait quasiment atteint ses objectifs en Iran. Mais il n’a donné aucune indication sur la fin d’un conflit qui dure depuis un mois et a, au contraire, promis de replonger la République islamique dans une forme de dévastation totale à coups de bombardements. “Donald Trump affirme qu’il achèvera le travail en Iran”, résume le Wall Street Journal, qui salue : “Il fallait que quelqu’un les arrête, et le président américain a agi là où d’autres présidents et dirigeants mondiaux ont hésité”.

Tant pis si, autour de lui, les regards se font méfiants, parfois franchement hostiles. Le républicain fait face à une opinion publique américaine lassée par la guerre, à une popularité en berne et aux pressions croissantes de certains alliés, qui réclament des objectifs militaires plus clairs et plus cohérents. “Confronté à des vents contraires sur les plans économique et politique, un mois après avoir lancé une attaque surprise contre l’Iran, [Donald Trump] a défendu mercredi soir ce conflit de plus en plus impopulaire” aux États-Unis, observe The Washington Post, repris par Courrier international. L’ex-magnat de l’immobilier a affirmé que les États-Unis avaient anéanti la marine et l’armée de l’air iraniennes, et paralysé leurs programmes balistiques et nucléaires.

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Mais Donald Trump s’est gardé de détailler la moindre stratégie pour mettre fin à ce conflit, désormais entré dans sa cinquième semaine, se bornant à promettre que les États-Unis en viendraient à bout “très vite”. Depuis la Maison-Blanche, pour cette première allocution télévisée en prime time depuis l’entrée en guerre de Washington aux côtés d’Israël, le 28 février, le président américain a surtout voulu projeter une image de maîtrise absolue. “Nous avons toutes les cartes en main. Ils n’en ont aucune.” Il a salué au passage ses alliés du Golfe — “ils ont été formidables” — et assuré qu’ils seraient protégés “sous quelque forme que ce soit”.

Le détroit d’Ormuz va “s’ouvrir naturellement”

Derrière cette posture d’assurance, plusieurs questions cruciales restent sans réponse : que deviendra l’uranium enrichi iranien ? Comment rouvrir le détroit d’Ormuz, artère vitale du pétrole mondial, que Téhéran a de facto verrouillé ? Sur ce dernier point, Donald Trump n’a offert qu’une formule : le passage “va s’ouvrir naturellement” une fois la guerre terminée. L’allocution du septuagénaire, d’une durée de 19 minutes, n’a guère rassuré les Américains et leurs alliés, qui subissent une hausse constante des prix de l’essence et une impatience grandissante face à la guerre. Peu après ses déclarations, les marchés boursiers ont chuté, le dollar s’est raffermi et le prix du pétrole a augmenté.

Le président et ses conseillers ont donné des explications et des échéanciers fluctuants concernant le conflit, ainsi que sur les conditions qu’ils exigeront de l’Iran pour y mettre fin. Tout en présentant Téhéran comme militairement neutralisé, Donald Trump a également indiqué mercredi soir que les États-Unis allaient frapper l’Iran “extrêmement durement au cours des deux à trois prochaines semaines”. Si les nouveaux dirigeants iraniens ne parvenaient pas à des négociations satisfaisantes, a-t-il affirmé, les États-Unis lanceront des attaques contre les infrastructures de production d’électricité et pétrolières du pays.

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Pendant le discours de Trump, les sirènes d’alerte aérienne retentissaient à Doha et à Tel-Aviv, illustrant comment la République islamique est toujours capable de semer le chaos au Moyen-Orient, malgré de lourdes pertes. “Entre-temps, les discussions se poursuivent”, a ajouté Donald Trump. “Toutefois, si aucun accord n’est conclu d’ici là, nous restons vigilants face à des cibles prioritaires.” La veille, il avait déclaré aux journalistes que Téhéran n’avait pas besoin d’un accord pour que le conflit prenne fin.

“C’est à eux de prendre l’initiative de protéger le pétrole dont ils sont si dépendants”

Mercredi, le président a brièvement reconnu les inquiétudes croissantes des Américains quant à l’augmentation du prix de l’essence due à la guerre. Il a cependant insisté sur le fait que les prix allaient bientôt baisser et que ces hausses étaient principalement imputables à l’Iran. Il a ajouté que les pays qui s’approvisionnent majoritairement en pétrole dans la région du Golfe devraient prendre l’initiative de rouvrir le détroit. La Grande-Bretagne, la France et d’autres alliés des États-Unis se sont dits prêts à contribuer au maintien de l’ouverture du détroit d’Ormuz, mais seulement après la cessation des hostilités. “Ils peuvent le faire facilement”, a déclaré le locataire de la Maison-Blanche. “Nous leur apporterons notre aide, mais c’est à eux de prendre l’initiative de protéger le pétrole dont ils sont si dépendants”, a-t-il ajouté.

Ces dernières semaines, Donald Trump a exprimé à plusieurs reprises sa colère face au refus des alliés de l’Otan de contribuer à l’ouverture du détroit, allant même jusqu’à menacer de se retirer de cette alliance vieille de 76 ans. Bien qu’il ait souligné plus tôt dans la journée à Reuters qu’il aborderait la relation des États-Unis avec l’Otan dans son discours, il n’a finalement pas mentionné l’organisation.

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