Guerre au Moyen-Orient: le chef d’état-major des Armées estime que les actions des États-Unis ont “un impact sur la sécurité” de la France

Le chef d’état-major des Armées, Fabien Mandon, met en garde contre les conséquences des décisions américaines au Moyen-Orient, mardi 24 mars, lors du Forum de défense et de stratégie de Paris. Il estime que les actions des États-Unis ont “un impact sur la sécurité” de la France.

Une guerre lancée sans concertation. Les récents choix militaires des États-Unis au Moyen-Orient ne sont pas sans conséquences pour l’Europe. En ouverture du Forum de défense et de stratégie de Paris, mardi 24 mars, le chef d’état-major des Armées Fabien Mandon a pointé des répercussions sur la sécurité de la France et regretté un allié “de moins en moins prévisible”.

“Les actions des États-Unis ont un impact sur notre sécurité, ça a un impact sur nos intérêts”, a-t-il déclaré, en référence aux bombardements israélo-américains lancés le 28 février dernier sur l’Iran.

Un allié de moins en moins prévisible

Le haut gradé, qui rappelle que les États-Unis restent “un allié”, pointe néanmoins un manque de concertation croissant de Washington avec ses partenaires européens.

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“Ils viennent de décider d’intervenir au Proche et au Moyen-Orient sans nous prévenir (…). On a agi immédiatement, surpris par un allié américain, qui reste un allié, mais qui est de moins en moins prévisible et qui ne prend pas la peine de nous prévenir quand il décide d’engager des opérations militaires”, a-t-il déclaré.

“La relation reste très forte, mais malheureusement, après un désengagement de l’Afghanistan dans lequel il n’y a eu aucune concertation, ils viennent de décider d’intervenir […] sans nous prévenir”, a-t-il ajouté.

Au lancement de la guerre en Iran, la France a alors été contrainte d’agir dans la précipitation, pour “protéger les citoyens en transit dans la région”, selon le haut gradé.

“L’Europe n’est plus leur priorité”

Le chef d’état-major des Armées a aussi rappelé les crises multiples, qui redéfinissent les engagements des Américains: “Ils nous l’ont dit […] ils auront du mal à aider l’Ukraine comme ils l’ont fait au début de la guerre, parce que la guerre leur coûte cher au proche et au Moyen-Orient.”
Plus largement, “une fois qu’ils ont posé toutes leurs capacités sur le globe, l’Europe n’est plus leur priorité”, a-t-il avancé. Les États-Unis privilégieraient désormais leur propre continent ainsi que l’Asie, dans un contexte international de plus en plus instable.

L’émancipation des pays de l’UE

Fabien Mandon a aussi dressé le constat d’un basculement stratégique. “On est dans un moment de réveil, on le sent”, a-t-il assuré, évoquant une multiplication des “réunions entre Européens à l’OTAN”.

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Dans ce contexte, il appelle à repenser les équilibres: “L’équation qu’on doit résoudre ensemble, c’est comment, nous Européens, on se désensibilise à des dépendances trop fortes vis-à-vis des États-Unis.” Il a toutefois précisé qu’il ne s’agit pas d’une rupture: “Ce n’est pas du tout contre les Américains.”

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