ENTRETIEN – Pour l’ancien vice-chef d’état-major du Shape, Donald Trump s’est enfermé dans une guerre qu’il ne peut arrêter seul. Téhéran en fixera les conditions de sortie, au prix fort pour Washington et ses alliés du Golfe.
Le général (2S) Michel Yakovleff a été vice-chef d’État-major du SHAPE, le Grand Quartier général des puissances alliées en Europe, de l’Otan.
LE FIGARO. – Donald Trump a tenu hier sa première adresse officielle sur la guerre d’Iran depuis l’annonce de la mort de Khamenei, il y a un peu plus d’un mois. Pourquoi cette prise de parole ? S’agissait-il de réaffirmer la légitimité de la guerre menée par la coalition israélo-américaine ?
Michel YAKOVLEFF – En partie, oui. Mais il y a aussi une contrainte institutionnelle très concrète : le chronomètre tourne. Soixante jours après le 28 février, Trump doit faire entériner la poursuite des opérations par le Congrès, faute de quoi celles-ci s’arrêtent, ce qui serait une première historique. Il est donc rattrapé par les mécanismes constitutionnels américains.
À cela s’ajoute une impopularité croissante. Cette guerre est très mal perçue par l’opinion, elle fragilise les marchés et, depuis son discours, le prix du gallon d’essence a bondi…

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