« En ce moment, tous les éléments jouent contre nous : le prix du bois, de l’électricité… Nous avons rencontré à plusieurs reprises le ministre de l’Industrie mais les négociations n’ont pas avancé. La dernière solution à notre disposition, c’est que Carole Delga aille à Paris convaincre le Premier ministre », lance Sébastien Oustric, délégué CGT de Fibre Excellence, posté devant l’usine de Saint-Gaudens (Haute-Garonne).
Risque de redressement judiciaire au 15 avril
Ce jeudi matin, les salariés ont manifesté devant l’usine de pâte à papier, soutenus par des élus locaux et les commerçants de la ville. La présidente de la région Occitanie a pris la parole devant l’assemblée avant un rendez-vous de la dernière chance prévu cette après-midi avec Sébastien Lecornu à Matignon.
« Je suis excédée de l’immobilisme de l’Etat. Par inaction politique, on va laisser mourir une filière et on va dépendre de la production chinoise. Le Premier ministre doit faire en sorte qu’on puisse continuer à produire en France de la pâte à papier, parce que sinon, dès le 15 avril, Fibre Excellence sera placé en redressement judiciaire », a asséné Carole Delga.
La procédure de conciliation ouverte devant le Comité interministériel de restructuration industrielle (Ciri) prendra fin mercredi prochain.
Avec le risque d’une fermeture de Fibre Excellence qui emploie 670 salariés dans deux usines (installées à Saint-Gaudens en Haute-Garonne et à Tarascon dans les Bouches-du-Rhône) qui figurent parmi les dernières en France à maîtriser la fabrication de pâte à papier. Les deux sites génèrent plus de 10 000 emplois indirects dans la filière forêt-bois-papier et la logistique. Ils produisent environ 550 000 tonnes par an de pâte à papier, utilisée pour la fabrication de nombreux produits du quotidien (papier, produits sanitaires, emballages). Les excédents de vapeur générés par le travail de la biomasse permettent également de produire de l’électricité revendue à l’État.

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