C’est un fleuron français de la robotique qui a failli disparaître. Fin décembre, le tribunal de commerce d’Albi a validé la reprise du tarnais Mécanuméric par le machiniste toulousain Semo.
« Mécanuméric existe depuis 35 ans. C’est le leader français de son métier, à savoir la découpe et le fraisage de matériaux techniques, de mousses et des composites utilisés dans le spatial de plus en plus dans l’aéronautique, le ferroviaire, etc. Mais l’entreprise s’est retrouvée en difficulté à cause de lourds investissements réalisés avant le Covid mais aussi de l’intensification de la concurrence venue d’Asie et en particulier de Chine », analyse Sébastien Nobiron, dirigeant de Semo, qui a repris 70 des 86 salariés.
« Concurrence déloyale »
Alors que la concurrence historique de la filière robotique française était japonaise, l’invasion de machines chinoises met aujourd’hui à rude épreuve les industriels tricolores. « Nous avons affaire à une concurrence déloyale. En France, nous avons déjà six constructeurs chinois distribués ou présents via des filiales. Le problème est qu’ils vendent à des prix très bas : une machine peut être vendue 15 000 euros contre 35 000 à 40 000 euros pour une française. Les raisons sont connues : ces sociétés sont sponsorisées par l’État chinois grâce à des milliers d’euros de subventions par robot produit. Ces entreprises vendent à perte, ce qui est interdit en Europe », pointe Jacques Dupenloup, président du groupe robotique du syndicat Evolis et directeur de la division robotique en France du suisse Stäubli.
Le dirigeant, intervenu le 26 mars dernier lors d’un événement organisé par le cluster occitan Robotics Place, pointe aussi les exigences dont s’affranchissent les robots chinois : « Ces machines présentent une plaque CE qui veut dire « chinese exportations » et non conformité européenne. Alors que les industriels européens doivent se soumettre à toute une réglementation. Nous payons aussi une taxe pour le recyclage des robots. »

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