Le discours d’Emmanuel Macron à l’Ile Longue, le 2 mars dernier, a particulièrement résonné à Varsovie. “La Pologne mène des discussions avec la France concernant la ‘dissuasion nucléaire avancée’”, confirmait sur ses réseaux sociaux le Premier ministre polonais, Donald Tusk, quelques minutes après l’allocution fracassante du président français. Ce dernier venait de lister Varsovie parmi les huit capitales européennes susceptibles d’accueillir des avions ou des sous-marins français porteurs de charges nucléaires, et de voir leurs pilotes formés lors d’exercices conjoints.
La réponse du Premier ministre polonais respecte en tout point les codes du ballet diplomatique. En revanche, une autre de ses déclarations vient semer le trouble : “A mesure que nos capacités souveraines grandissent, nous nous efforcerons de préparer la Pologne à l’action la plus autonome possible dans ce domaine [NDLR : nucléaire].” Une phrase lourde de sous-entendus, qui entrouvre la porte aux spéculations les plus vertigineuses : la Pologne songerait-elle à fabriquer, demain, sa propre bombe ?
Une majorité de Polonais favorable à l’arme nucléaire
Même le président conservateur Karol Nawrocki, pourtant d’un autre bord politique que Tusk, a franchi le pas. “La Pologne devrait envisager le développement de ses armes nucléaires face à la menace croissante de la Russie”, a-t-il lâché à l’antenne de Polsat News. Aujourd’hui, 51 % des Polonais se disent favorables à ce que leur pays détienne l’arme atomique.
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