En Israël, près de la moitié de la population considère ne pas avoir gagné la guerre contre l’Iran

Selon un sondage publié jeudi, 63 % des Israéliens se disent insatisfaits des résultats de la guerre et 77 % souhaitent continuer celle contre le Hezbollah.

Le cessez-le-feu avec l’Iran laisse un goût amer en Israël. Selon une enquête d’opinion publiée par le quotidien Maariv et réalisée par l’institut Lazar Research, 63 % des Israéliens se disent insatisfaits des résultats de la guerre. Plus encore, et malgré les discours officiels, 46 % estiment qu’Israël et les États-Unis n’ont pas gagné le conflit, contre 22 % seulement qui parlent de victoire. Après plusieurs semaines d’escalade avec l’Iran, marquées par des frappes en profondeur et des tirs de missiles sur le territoire israélien, la trêve apparaît moins comme une conclusion que comme une interruption d’une guerre restée inachevée.

L’arrêt des combats est intervenu sous forte pression américaine, à l’initiative de Donald Trump, alors que le gouvernement de Benyamin Netanyahou plaidait pour prolonger l’escalade. L’exécutif israélien poussait notamment pour intensifier les frappes contre les infrastructures énergétiques iraniennes, considérées comme le cœur du système économique du régime, afin d’obtenir un basculement stratégique. La trêve fige donc une dynamique que le pouvoir voulait poursuivre, sans avoir obtenu ni affaiblissement décisif de Téhéran ni avancée diplomatique tangible. « La réalité est plus forte que toutes les tentatives de manipulation », tranche Yair Lapid, le chef de l’opposition : le régime iranien est toujours en place, « les missiles balistiques ont secoué les maisons » et « les succès militaires impressionnants n’ont été traduits en aucun succès diplomatique ».

« Nous ne sommes pas allés assez loin » : à Haïfa, les Israéliens veulent continuer la guerre contre le Hezbollah


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77 % des Israéliens souhaitent continuer la guerre contre le Hezbollah

La frustration est plus visible encore concernant le front nord, où l’armée israélienne a envahi le sud du Liban pour éradiquer le Hezbollah, un groupe armé chiite inféodé à l’Iran. Alors que le gouvernement de Benyamin Netanyahou a annoncé avoir relancé des négociations, sous pression américaine, 77 % des Israéliens souhaitent continuer la guerre jusqu’à atteindre les objectifs. En Israël, le Hezbollah est perçu comme la principale menace, notamment sur les régions du nord, à portée de missiles et de drones du groupe armé.

L’enquête met en lumière une fracture désormais classique dans l’opinion israélienne : la confiance dans l’armée reste élevée, mais la capacité des responsables politiques à convertir les gains militaires en résultats stratégiques est contestée. « L’armée a réussi, le public israélien a fait preuve d’une résilience remarquable, et Netanyahou a totalement échoué », insiste Yair Lapid. Le chef des Démocrates, et ancien chef d’État-major adjoint de Tsahal, Yair Golan, partage son point de vue : « Sans victoire diplomatique, tous les acquis militaires seront jetés à la poubelle ». En creux, le cessez-le-feu ravive une critique déjà formulée après Gaza ou les précédents conflits au Liban : une supériorité militaire indéniable, mais une difficulté persistante à la traduire en gains politiques durables.

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