La Banque d’Espagne a annoncé ce vendredi craindre un possible “ralentissement significatif” de l’activité en Espagne, une des économies les plus dynamiques d’Europe, “en raison” de la guerre au Moyen-Orient, même si elle prévoit encore une croissance de 2,3% dans le pays en 2026.
Cette prévision est plus faible que celle un temps envisagée par l’institution monétaire en début d’année, expliquent ses experts, mais elle reste toutefois plus élevée que leur précédente prévision de 2,2% publiée en décembre, grâce à une croissance “élevée” au premier trimestre, estimée “entre +0,5 et +0,6%”. À titre de comparaison, la croissance française est attendue aux alentours de 0,9% cette année.
1,7% attendu en 2027
La révision finalement “à la baisse” intervient “en raison” du conflit au Moyen-Orient depuis le lancement des frappes américano-israéliennes contre l’Iran, explique la Banque d’Espagne dans un rapport, dans lequel elle abaisse aussi sa prévision de croissance du PIB espagnol pour 2027, à 1,7%, contre 1,9% auparavant.
L’Espagne, quatrième économie de la zone euro, avait connu une croissance de 2,8% en 2025. “Le scénario central anticipe un ralentissement significatif du rythme d’expansion de l’activité, qui sera conditionné par un contexte international marqué par le conflit au Proche-Orient”, écrit toutefois la Banque d’Espagne, évoquant dans son rapport de vendredi ” un épisode d’instabilité sur les marchés financiers”.
“Le conflit au Proche-Orient a fait grimper les prix des matières premières énergétiques, dans un contexte de forte incertitude quant à sa durée et à la portée finale de ses effets économiques”, souligne l’institution monétaire espagnole. “L’attaque contre l’Iran pourrait également infléchir la tendance à la modération de l’inflation à l’échelle mondiale”, alerte-t-elle aussi.
Inflation en hausse en mars
En Espagne, la hausse des prix pourrait atteindre 3% cette année, selon la banque centrale, contre 2,1% prévus jusque-là, pour prendre en compte notamment la hausse du coût de l’énergie ces dernières semaines. La publication des prévisions de la Banque d’Espagne est d’ailleurs survenue le jour même où l’Institut national des statistiques (INE) a publié les chiffres de l’inflation pour le mois de mars, qui a vu le taux bondir d’un point, à 3,3% sur un an, par rapport à février, précisément en raison de la hausse des coûts du carburant.
“Le plan de réponse du gouvernement, approuvé ce jeudi au Congrès, est conçu pour que ce choc externe ne se répercute pas de façon permanente ni sur l’inflation, ni sur le pouvoir d’achat des ménages”, a souligné le ministère de l’Economie à propos de cette évolution de l’inflation.
Pour atténuer l’impact économique de la guerre, le parlement espagnol a en effet approuvé jeudi un paquet de 80 mesures proposés par le gouvernement de gauche de Pedro Sánchez pour un montant total de 5 milliards d’euros, comprenant notamment une baisse de la TVA sur le gaz et les carburants de 21% à 10%.
“Au cours de cette dernière semaine, les carburants ont baissé grâce à l’application des mesures fiscales, même s’ils restent soumis à des pressions liées aux cotations internationales, en particulier dans le cas du gazole, en raison de la hausse des prix du pétrole (qui se maintient près de 100 dollars), du coût du fret et des marges de raffinage”, pointe le ministère. Selon des données officielles, le prix du sans plomb 95 est revenu jeudi à 1,56 euro par litre, contre 1,79 euro le 21 mars et 1,48 euro le 28 février, jour où ont commencé les bombardements américano-israéliens sur l’Iran. Le gazole coûtait jeudi 1,76 euro par litre, contre 1,94 euro le 21 mars, et 1,44 euro le 28 février.
