Un an après le traumatisme du black-out espagnol, le gestionnaire des lignes à haute tension en France, RTE, s’organise pour que le réseau ne lui échappe pas. Et s’apprête à imposer au parc nucléaire d’EDF de fonctionner même lorsqu’il vend à perte… non pas pour produire de l’électricité, mais pour maintenir la tension au bon niveau.
En effet, dans une délibération publiée mardi, la Commission de régulation de l’énergie (CRE) a donné son feu vert à un nouveau modèle d’accord entre RTE et EDF. L’objectif : forcer le maintien en fonctionnement de certains réacteurs nucléaires, même lorsque les prix de marché sont négatifs et que l’électricien aurait tout intérêt à les déconnecter, en échange d’une compensation financière.
Et pour cause, au-delà de la production d’électrons, ces centrales rendent un « service » au système. Concrètement, le réseau de transport (THT) doit rester calé sur une certaine tension, c’est-à-dire la force qui met les électrons en mouvement et permet leur circulation dans les lignes électriques. Pour fonctionner sans encombre, elle ne doit pas dépasser les 400 000 volts environ, au risque d’endommager les composants connectés voire, dans le pire des cas, d’entraîner des déconnexions en cascade.
Historiquement, les alternateurs des centrales thermiques, hydrauliques et nucléaires assuraient ce réglage. En modulant l’aimantation de leur rotor (ce qu’on appelle « l’excitation »), ces machines tournantes sont capables de stabiliser le voltage localement, afin de garantir une stabilité à l’échelle globale.

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