Crise ou pas crise ? Dans sa lettre aux actionnaires publiée lundi, Jamie Dimon, directeur général de JP Morgan, se veut finalement rassurant après avoir été l’un des premiers à sonner le tocsin sur la dette privée en octobre dernier.
« À l’échelle globale, le crédit privé ne présente probablement pas de risque systémique », écrit ainsi le très écouté banquier. JP Morgan avait cependant décidé de resserrer les cordons de la bourse sur ce segment autrefois si lucratif, les pertes étant selon le patron de la banque, encore sous-estimées.
Mais aujourd’hui son raisonnement est simple : le marché du crédit privé est trop petit (estimé à 1 340 milliards en 2024 au total aux États-Unis, selon la Fed) pour représenter un véritable danger, face à un marché obligataire d’entreprises investment grade (13 000 milliards) ou au marché immobilier américain (13 000 milliards de dollars).
Les régulateurs aux aguets
Pourtant, au même moment, les régulateurs s’alarment. En Europe, Fabio Panetta, gouverneur de la Banque d’Italie, et membre du conseil de la BCE, s’est inquiété jeudi dernier des niveaux de liquidité et d’endettement dans le crédit privé.
Aux États-Unis, la Commission des finances à la Chambre des représentants s’intéresse aux gestionnaires d’actifs qui ont poussé cette classe d’actifs ces dernières années auprès de leurs clients. Et pour cause : la star du crédit privé, Blue Owl, qui a touché un plus bas en Bourse lundi, a vu fondre sa capitalisation de moitié en trois mois.
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Pris entre ces deux discours, les professionnels de la gestion tentent de relativiser le drame (peut-être) annoncé. Le message des acteurs européens est toujours le même : « le crédit privé ? Une affaire américaine, concentrée sur le secteur des logiciels, en pleine tourmente IA ». D’ailleurs, le segment high yield (obligations à haut rendement) se porte très bien aux États-Unis, passant sous silence qu’il est très ciblé sur le secteur énergétique qui profite à plein de la guerre en Iran.

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