Collaborationnistes, amis de Marcel Proust… Hélène et Paul Morand, les derniers secrets d’un “couple sulfureux”

Jusqu’où va l’influence, sur le cours de notre vie, de celle ou de celui qui fait battre notre cœur ? Si Paul Morand pouvait encore entendre cette question aurait-il, probablement, l’honnêteté de répondre quelque chose comme : “immense”. De quoi donner raison à David Bonneau d’avoir préféré à une biographie de l’illustre qu’il a découvert la majorité tout juste soufflée dans la bibliothèque de ses parents, une “radiographie intime d’un couple”, pour reprendre l’élément de langage marketing du Tête-à-tête d’Hazel Rowley qui raconte les destins entremêlés de Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre.

A l’instar des deux grandes consciences de l’existentialisme, Hélène et Paul Morand ne sont pas frappés d’un coup de foudre lors de leur première rencontre à Londres en 1915 ; leur attachement se fait progressivement – l’analogie s’arrête là. Et dans son passionnant Hélène et Paul Morand, un couple sulfureux (Plon), l’auteur s’interroge en même temps que le lecteur qui découvre la vie de cette mondaine de la Mitteleuropa et de ce globe-trotteur qui saute de villes en villes : “Qu’est-ce qui a pu séduire à ce point cette princesse de 37 ans, au zénith de sa féminité, mariée [au prince roumain Dimitri Soutzo], riche à millions avec ses nuits domestiques, chez ce modeste attaché d’ambassade de neuf ans son cadet ?”

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Hélène, prête-plume de Paul Morand

Tout à la fois le corps et l’esprit. Leurs moments intimes, dont on mesure la fréquence et la densité au nombre de petites croix qu’Hélène inscrit sur son journal, sont arrosées de partage d’idées et de conversations littéraires dans les chambres feutrées des plus grands palaces des capitales européennes. Leur correspondance, épluchée et déchiffrée – l’écriture d’Hélène a donné du fil à retordre – par David Bonneau, révèle que l’œuvre d’un des écrivains préférés de François Mitterrand est en réalité, pour partie, celle d’un couple. On y découvre en effet, cette polyglotte – Hélène parle pas moins de sept langues – “en correctrice, éditrice critique – aussi cinglante que juste – et même auteur” (…) “tant ses corrections façonnent l’œuvre de Morand”.

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