Claudine Grammont : “Le dernier Matisse est un autre Matisse”

Plus de 300 œuvres réunies pour raconter une période foisonnante qui s’apparente à un moment de grâce : au Grand Palais, l’exposition Matisse 1941-1954, coproduite par le Centre Pompidou, éclaire, avec une ampleur inédite, les dernières années d’un artiste que la maladie contraint, mais que l’invention libère. Dessins au trait épuré, gouaches découpées aux couleurs franches, livres illustrés, textiles, vitraux : le parcours, dense, montre comment il renouvelle son geste et son espace de travail. Entre Vence et Nice, loin d’un sombre crépuscule, ces années forment un laboratoire d’audaces qui influenceront durablement l’art moderne. Conservatrice au Musée national d’art moderne, cheffe du cabinet d’art graphique de Pompidou, la commissaire Claudine Grammont revient pour L’Express sur la manière dont cet ultime Matisse parle puissamment au présent.

L’Express : Qu’est-ce qui provoque chez Matisse cette urgence de création au début de la décennie 1940 alors qu’il est déjà un septuagénaire avancé ?

Claudine Grammont : En 1941, il subit une intervention chirurgicale à Lyon, avec des complications, qui le laisse très diminué. Il échappe de peu à la mort. En outre, ses médecins ne sont pas très optimistes sur le temps qu’il lui reste à vivre. Tout cela fait qu’il sort de là avec un regard différent sur le monde. Il dira lui-même par la suite que son opération lui a “équilibré l’esprit – clarifié les idées”.

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