Cela revient à une “quasi suppression” de cette aide: l’Unaf saisit le Conseil d’État contre le décalage de la majoration d’âge des allocations familiales

L’Union nationale des associations familiales (Unaf) a annoncé ce mardi 24 mars avoir déposé un recours en annulation devant le Conseil d’État contre le décret qui reporte de 14 à 18 ans l’âge ouvrant droit à la majoration des allocations familiales.

Au final, très peu seront éligibles à ce coup de pouce. L’Union nationale des associations familiales (Unaf) a annoncé ce mardi 24 mars avoir déposé un recours en annulation devant le Conseil d’État contre le décret qui reporte de 14 à 18 ans l’âge ouvrant droit à la majoration des allocations familiales.

Entrée en vigueur le 1er mars, cette mesure entraîne, selon l’Unaf, une “quasi suppression de cette majoration” et “de lourdes pertes pour les familles”. Le décret ne tient pas compte du surcoût d’un adolescent pour ses parents, déplore l’Unaf dans un communiqué.

Cette mesure va non seulement réduire le nombre d’années pour bénéficier de la majoration (de 18 ans à 20 ans), mais son mode de calcul va exclure en totalité un nombre important de bénéficiaires, selon elle.

Dans les faits, cette majoration va disparaître “pour la plupart des familles”, indique-t-elle.

Compte tenu des écarts d’âge moyens entre frères et soeurs (trois ans entre le premier et le second, quatre ans entre le second et le troisième), les cas permettant encore d’en bénéficier deviendront “résiduels”.

1,2 milliard d’euros d’économies d’ici 2030

Elle cite notamment un cas fictif d’une famille modeste de quatre enfants: les deux plus âgés, nés avant le 1er mars 2012, restent concernés par la majoration, mais les deux cadets perdent définitivement tout droit à la majoration, soit un manque à gagner de 10.800 euros.

Baisse des allocations familiales pour financer le congé de naissance : scandaleux ? – 02/03

15:15

Selon le gouvernement, le décalage dans la majoration des allocations permettra de réaliser 210 millions d’euros d’économies dès 2026, puis 1,2 milliard par an d’ici à quatre ans. Ces économies visent à financer le nouveau congé de naissance qui entrera en vigueur au 1er juillet, et s’ajoutera aux congés maternité et paternité.

L’Unaf dénonce “l’ampleur de l’économie réalisée au détriment des familles”, chiffrée à 1,28 milliard d’euros: le coût de la prestation va passer de 1,6 md à 300 millions. Considérant le décret “disproportionné et injuste”, l’organisation demande au Conseil d’État de l’annuler.

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