Category: Politique

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  • “MBS veut que Trump termine le travail en Iran” : l’énigmatique prince saoudien décrypté par Karen Elliott House

    “MBS veut que Trump termine le travail en Iran” : l’énigmatique prince saoudien décrypté par Karen Elliott House

    Karen Elliott House est l’une des très rares journalistes à avoir eu accès à Mohamed ben Salmane (MBS) pour de nombreux entretiens approfondis. Alors que Donald Trump affirme avoir soumis un plan aux Iraniens pour mettre fin à la guerre – ce que dément Téhéran -, et que les pays du Golfe continuent d’être pris pour cible par le régime des mollahs, la diplomatie discrète du prince héritier saoudien demeure une énigme pour de nombreux observateurs. Selon une enquête du New York Times, MBS aurait récemment fait pression sur le président américain pour qu’il poursuive le conflit, assurant que cette campagne militaire était une “opportunité historique” de remodeler le Moyen-Orient.

    LIRE AUSSI : Des Marines pour débloquer le détroit d’Ormuz ? L’analyse percutante du vice-amiral John W. Miller

    Après la détente engagée en 2023, la ligne de l’Arabie saoudite à l’égard de Téhéran apparaît aujourd’hui clairement affirmée : “la chute du régime théocratique iranien”, constate l’ex-journaliste du Wall Street Journal, Karen Elliott House qui couvre l’actualité de la monarchie pétrolière wahhabite depuis quatre décennies. La lauréate du prestigieux prix Pulitzer en 1984 a assisté à la révolution menée au pas de charge par MBS depuis qu’il est devenu, le 21 juin 2017, le prince héritier d’Arabie saoudite. Dans L’Homme qui voulait être roi, (Éditions Saint-Simon, parution le 9 avril), elle revient sur ses grandes réussites, ses échecs, ses excès autoritaires ainsi que sa passion pour… les jeux vidéo qui en dit beaucoup sur sa façon d’exercer le pouvoir. Entretien.

    L’Express : Mohammed ben Salmane avait opéré un rapprochement avec l’Iran en 2023. Aujourd’hui, il serait favorable à ce que Trump poursuive la guerre. Comment expliquez-vous ce changement de pied ?

    Karen Elliott House : MBS espérait que l’établissement de relations diplomatiques avec l’Iran protégerait l’Arabie saoudite de toute attaque. En mettant la Chine dans la boucle, son objectif était que Pékin, grâce à ses relations privilégiées avec l’Iran, puisse contribuer à encadrer le comportement de Téhéran et à le maintenir dans une posture plus stable et prévisible. Mais lors de cette guerre, l’Iran a mené des frappes contre des installations pétrolières et militaires saoudiennes, ainsi que contre les autres pays du Golfe dans l’espoir de les éloigner des Etats-Unis. Dans ce contexte, MBS souhaite désormais que Donald Trump “termine le travail”, c’est-à-dire qu’il contribue clairement à la chute du régime théocratique iranien. Il ne veut pas se retrouver à proximité d’un Iran humilié mais animé d’un esprit de revanche, toujours capable de déstabiliser durablement la région.

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  • A Tavira, le charme discret d’un ancien palais portugais entre oliveraie et plage paradisiaque

    A Tavira, le charme discret d’un ancien palais portugais entre oliveraie et plage paradisiaque

    L’image la plus répandue de Tavira, petite ville à l’extrême sud du Portugal, est sans doute celle du Ponte Romana, qui enjambe le Gilão de ses sept arches. La jolie place Doutor António Padinha est nichée dans le cœur historique, à quelques pas de ce monument emblématique de la ville. Une statue en bronze de Dom Marcelino Franco, ancien évêque de l’Algarve, trône au centre de la placette, entourée par deux grands pins et un palmier. Autour : des terrasses de café, la petite église blanche de São Paulo, deux immeubles ornés d’azulejos (les carreaux de faïence typiques du pays) et, dominant l’ensemble, un ancien palais.

    Pour les habitants de la région, c’est le Palácio dos Tavares, du nom de la riche famille qui le fit construire à la fin du XVIIIe siècle. Depuis, l’édifice a appartenu à d’autres lignées et connu différents usages, abritant tour à tour un centre culturel, un magasin de vélos et une boulangerie, entre autres enseignes. Plus récemment, il a fait l’objet de six années de travaux de rénovation destinés à le transformer en un élégant hôtel qui a été inauguré à l’été 2025 sous le nom de Palácio de Tavira.

    La façade d’origine a été conservée, avec sa vingtaine de fenêtres surmontées de frontons triangulaires. Ainsi que le grand escalier intérieur en pierre à double volée qui mène de l’entrée aux étages. Une partie des portes et des encadrements d’époque a aussi été sauvée. Pour agrandir l’endroit, un autre bâtiment a été construit avec des patios fleuris, à l’arrière de l’ancien palais. Ces nouveaux espaces forment ce que les propriétaires nomment « La Medina », en clin d’œil au passé mauresque de la ville.

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  • Tensions entre Olivier Faure et Boris Vallaud, l’arrière-pensée de Laurent Wauquiez sur Sarah Knafo

    Tensions entre Olivier Faure et Boris Vallaud, l’arrière-pensée de Laurent Wauquiez sur Sarah Knafo

    Ça y est, les élections municipales sont passées, elles étaient le dernier scrutin au suffrage universel direct avant le grand rendez-vous de la présidentielle. Autant dire que la vie politique entre dans une nouvelle phase, ô combien palpitante…

    François Hollande ne croit pas au duel RN-LFI

    François Hollande était ce mercredi soir l’invité d’honneur de la soirée de lancement du dernier numéro de la revue trimestrielle L’Hémicycle, dont la nouvelle rédactrice en chef est d’ailleurs une certaine Valérie Trierweiler. Devant une centaine de chefs d’entreprise et quelques journalistes, réunis dans un bar du VIIIe arrondissement de Paris, l’ancien président a livré cette prédiction, maquillée d’humour : “Le second tour RN-LFI , ça n’arrivera pas. C’est une histoire que l’on raconte pour faire peur aux petits enfants.” La blague a fait sourire, au premier rang, François Durvye, proche conseiller de Marine Le Pen et bras droit du milliardaire conservateur Pierre-Édouard Stérin.

    Olivier Faure – Boris Vallaud : le ton monte

    Boris Vallaud a-t-il – enfin – pris la parole lors de la réunion du groupe socialiste qui a suivi le second tour des municipales ? “Oui, il a dit bonjour…”, se moque Olivier Faure en petit comité. Les proches du premier secrétaire soulignent volontiers un point : “Vallaud n’a pas bougé une oreille de toute la campagne. Il y a vraiment une prime à la lâcheté.”

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  • EN DIRECT, guerre en Ukraine : Volodymyr Zelensky est arrivé en Arabie saoudite, où il devrait rencontrer plusieurs représentants du pays

    EN DIRECT, guerre en Ukraine : Volodymyr Zelensky est arrivé en Arabie saoudite, où il devrait rencontrer plusieurs représentants du pays

    Un tribunal russe interdit le documentaire « Mr. Nobody Against Putin » sur trois plateformes

    Dans la région de Tcheliabinsk, où se déroule ce documentaire, la juge Ksenia Boukharinova a accédé à la demande du parquet qui demandait l’interdiction de diffusion du film sur trois services d’hébergement de vidéos, dont VK Video, très utilisé en Russie, ont rapporté plusieurs médias russes. Le procureur Evguéni Toumchine exigeait que cette mesure soit prise car il estimait que le réalisateur avait filmé des enfants sans le consentement de leurs parents, a rapporté le média local It’s my city.

    La juge, selon le média indépendant SotaVision, a par ailleurs estimé que le documentaire comportait « des signes de propagande véhiculant une attitude négative à l’égard du gouvernement » et du président russes, Vladimir Poutine, selon un enregistrement audio de son jugement diffusé par SotaVision.

    La juge a également relevé que le réalisateur se montrait devant un drapeau bleu, blanc, bleu, qui est devenu un symbole des opposants russes à l’offensive à grande échelle contre l’Ukraine, mais qui est aussi utilisé par l’organisation Légion de la liberté de Russie, classée terroriste par les autorités russes.

    Pavel Talankin, animateur pédagogique et vidéaste dans une école de la petite ville de Karabach, dans l’Oural, a filmé officiellement l’embrigadement de plus en plus poussé des élèves, voulu par les autorités russes à partir de l’offensive lancée en Ukraine le 24 février 2022. Opposé à cette guerre, il a fui la Russie à l’été 2024, avec les disques durs contenant ces vidéos. Les images sont à l’origine du film de quatre-vingt-dix minutes, co-réalisé par M. Talankin et le réalisateur américain David Borenstein, qui a reçu à la mi-mars le prix du meilleur documentaire aux Oscars.

    Le 18 mars, un comité russe des droits humains avait déjà accusé le documentaire d’avoir utilisé des images de mineurs sans le consentement de leurs parents. Interrogé par les médias sur ce documentaire, le Kremlin a plusieurs fois botté en touche. Le film n’apparaissait pas dans le tableau récapitulant le palmarès des Oscars publié par l’agence de presse étatique russe RIA Novosti.

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  • L’Iran menace Bab el-Mandeb, autre verrou stratégique du commerce mondial

    L’Iran menace Bab el-Mandeb, autre verrou stratégique du commerce mondial

    La “guerre éclair” qu’imaginait Donald Trump semble s’enliser. Mercredi 25 mars, l’exécutif américain a encore durci le ton. La porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a assuré que le président des Etats-Unis était prêt à “déchaîner l’enfer” si l’Iran persistait dans ce qu’elle a qualifié de “mauvais calcul”. À mesure que les menaces montent, la confrontation entre Washington, Israël et Téhéran s’étend bien au-delà du seul détroit d’Ormuz. Après avoir agité la menace d’un blocage de ce passage clé du Golfe, l’Iran a désormais brandi celle d’un “nouveau front” : Bab el-Mandeb, autre verrou maritime majeur, au sud de la mer Rouge.

    Selon une source militaire citée par l’agence iranienne Tasnim, l’Iran pourrait viser cette zone en cas d’intervention terrestre américaine. La même source affirme que Bab el-Mandeb fait partie des passages maritimes “les plus sensibles au monde” et que Téhéran serait en mesure d’y faire peser une “menace crédible”.

    LIRE AUSSI : Guerre en Iran : assistons-nous vraiment à un “nouveau choc pétrolier” ?

    Le détroit de Bab el-Mandeb se situe entre Djibouti et le Yémen, à la jonction entre le golfe d’Aden et la mer Rouge. Il constitue un passage incontournable pour les navires qui remontent vers le canal de Suez. L’Express rappelait en 2024 que 40 % du trafic de conteneurs et 12 % du trafic commercial mondial transitait dans cette zone. Ce type de passage étroit, où se concentre une part importante des flux commerciaux, fait partie de ce que nos confrères chez RFI désignent comme des “choke points”, ou points d’étranglement maritimes.

    “Des répercussions majeures”

    Bab el-Mandeb est particulièrement important car il joue un rôle clé dans l’acheminement des hydrocarbures, notamment du pétrole et du gaz, entre l’Asie et l’Europe. “Frapper dans la région du Bab-el-Mandeb, revient ainsi à toucher potentielle­ment des voies économiques vitales”, souligne sur son site le ministère de la Défense. L’enjeu est considérable. Il relie indirectement l’océan Atlantique, la mer Méditerranée et l’océan Indien. “Toute interruption du trafic dans ce corridor aurait des répercussions majeures sur les chaînes d’approvisionnement mondiales et les prix de l’énergie”, prévient de son côté Africa News.

    LIRE AUSSI : Eliminer le sommet du régime en Iran : la “stratégie tchétchène” peut-elle fonctionner ?

    Par ailleurs, la menace iranienne prend une dimension particulière en raison de la présence, au Yémen, des rebelles houthis, alliés de Téhéran. Ces derniers ont déjà averti qu’ils pourraient s’en prendre aux navires des pays qu’ils accusent de viser les membres de ce qu’ils présentent comme “l’axe de la résistance”, qui regroupe notamment l’Iran, le Liban, la Palestine et l’Irak.

    La menace des rebelles Houthis

    Leur capacité de nuisance dans la zone n’a plus rien de théorique. Dans la foulée du conflit israélo-palestinien de 2023, les Houthis avaient multiplié les attaques contre des navires en mer Rouge, avant une accalmie relative l’année suivante. Si l’épicentre des affrontements reste aujourd’hui concentré autour du golfe Persique, les armateurs redoutent désormais une reprise de ces actions, à plusieurs centaines de kilomètres plus à l’ouest.

    LIRE AUSSI : “En privé, Donald Trump pense déjà au jugement de l’Histoire” : le récit de Jonathan Lemire (The Atlantic)

    Cette séquence intervient aussi sur fond de tensions croissantes autour de l’île iranienne de Kharg, d’où transitent environ 90 % des exportations de brut du pays. Des médias américains ont évoqué l’hypothèse d’une opération américaine sur cette île afin de contraindre Téhéran à rouvrir le détroit d’Ormuz. Vendredi 20 mars, la Maison-Blanche a assuré que l’armée américaine pouvait la “neutraliser” si Donald Trump en donnait l’ordre.

    “Si l’ennemi tente une action terrestre sur les îles iraniennes ou n’importe où ailleurs sur notre territoire (..) nous ouvrirons d’autres fronts en guise de ‘surprise’”, a prévenu le même responsable militaire citée par l’agence iranienne Tasnim. Reste à savoir si Bab el-Mandeb, la “porte des lamentations”, s’apprête à donner un nouveau relief à son nom.

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  • EN DIRECT, hommage à Lionel Jospin aux Invalides : « Avec lui, c’est une part de nous-mêmes qui s’en va », salue François Hollande

    EN DIRECT, hommage à Lionel Jospin aux Invalides : « Avec lui, c’est une part de nous-mêmes qui s’en va », salue François Hollande

    A l’hommage pour Jospin, les retrouvailles de la « gauche plurielle »

    La « gauche plurielle » s’est reconstituée jeudi aux Invalides, le temps d’un hommage national à celui qui réussit à la rassembler au gouvernement, Lionel Jospin. Un souvenir ancien pour un camp politique qui se déchire plus souvent qu’il ne s’unit.

    Dans la cour Sud du Dôme, Martine Aubry et Dominique Strauss-Kahn, les deux ministres emblématiques du gouvernement Jospin de 1997, surnommé par certains la « dream team », discutent en attendant le début de la cérémonie. Le duo des emplois jeunes et des 35 heures.

    Un autre ancien ministre, Jack Lang, plus récemment montré du doigt pour ses liens avec le criminel sexuel américain Jeffrey Epstein, a aussi fait le déplacement et pris le temps de répondre aux journalistes.

    De 1997 à 2002, Lionel Jospin avait réussi l’exploit de réunir les socialistes, les Verts, les communistes et les chevènementistes dans son gouvernement de cohabitation, sous la présidence de Jacques Chirac. Un contraste avec les divisions minant aujourd’hui les gauches radicale et sociale-démocrate devenues pour certains « irréconciliables ».

    Martine Aubry a insisté sur les « leçons » que la classe politique actuelle devrait tirer de « sa rigueur morale, son intégrité intellectuelle ». Dominique Strauss-Kahn a salué « le souvenir d’un homme droit, construit, au service des autres (…) un homme comme il y en a peu aujourd’hui ».

    Un « ami », ont-ils dit, sous l’œil de l’ancien président François Hollande, auquel Lionel Jospin avait laissé le soin de garder « la vieille maison », le Parti socialiste, pendant qu’il était à Matignon, comme François Mitterrand l’avait fait avec lui lors de son arrivée à l’Elysée en 1981.

    Ceux qui furent les ministres socialistes sous la « gauche plurielle » sont venus : Pierre Moscovici, Marylise Lebranchu, Hubert Védrine, Bernard Kouchner, Catherine Trautmann, Alain Richard, Claude Bartolone… L’écologiste Dominique Voynet, ex-ministre de l’environnement, qui a notamment échangé avec sa lointaine successeur à la tête des Verts, Marine Tondelier.

    Le communiste Jean-Claude Gayssot, ex-ministre des transports, assis à côté de celui qui était à la tête du PCF à l’époque, Robert Hue.

    Jean-Pierre Chevènement, 87 ans, est absent. Ministre de l’intérieur de 1997 à 2000, il avait été pointé du doigt pour sa candidature à la présidentielle de 2002 qui, comme celle de Christine Taubira, avait empêché Lionel Jospin de faire le plein des voix à gauche et contribué à l’exclure du second tour, au profit de Jacques Chirac et Jean-Marie Le Pen.

    Jean-Luc Mélenchon n’est pas là non plus. Le leader de la gauche radicale aujourd’hui s’est d’abord plaint jeudi de ne pas avoir été invité, ce qu’ont démenti l’Elysée et les proches de l’ancien premier ministre. L’ancien ministre de l’enseignement professionnel (2000-2002) a ensuite assuré avoir été convié par sms jeudi « matin », un délai trop court pour « être présent à Paris ». Et saluer une dernière fois une des rares personnalités socialistes dont il ait constamment loué l’action.

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  • L’irresponsabilité budgétaire des maires : la grande absente des municipales, par Kevin Brookes

    L’irresponsabilité budgétaire des maires : la grande absente des municipales, par Kevin Brookes

    Les élections municipales se sont achevées comme elles avaient commencé : dans un brouhaha médiatique où l’on spécule sur des noms plutôt que sur des projets. Pendant que les commentateurs s’épuisaient à déterminer quelle écurie présidentielle “gagnait” ces quelque 35 000 scrutins locaux, ils passaient à côté de l’essentiel : le triomphe du rejet de la politique. L’abstentionnisme confirme sa position de premier “parti” de France — et de très loin.

    L’abstentionniste, ce citoyen invisible

    Ces élections s’inscrivent dans une tendance lourde, marquée par trois dynamiques convergentes : une désaffection croissante pour les urnes, un dégagisme plus prononcé qu’à l’ordinaire pour les sortants, et une fracture grandissante entre les choix électoraux des urbains et des ruraux.

    Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Au premier tour, seuls 57 % des électeurs inscrits ont daigné se déplacer — et encore, ce taux ne tient pas compte des 2,2 millions de Français non inscrits sur les listes électorales. Si l’on inclut ces absents structurels, c’est bien la moitié des citoyens en âge de voter qui n’a pas participé. Le phénomène atteint des proportions vertigineuses chez les 25-34 ans, à 60 % d’abstention, et chez les ménages les plus modestes — moins de 1 250 € nets par mois — à 62 %. Autrement dit : ce sont les jeunes et les classes populaires, ceux que la politique prétend servir en priorité, qui s’en détournent le plus massivement. Quand ils votaient, les Français des villes moyennes ont souvent cédé au dégagisme en choisissant l’alternance — là même où le système favorise structurellement les sortants.

    Les musiciens du Titanic continuent de jouer

    Ces élections constituent le dernier avatar en date d’une crise de confiance politique qui s’aggrave d’année en année, comme le mesure le baromètre du Cevipof. Elles auraient dû obliger la classe politique à remettre en cause ses méthodes : cumuls de mandats officieux, clientélisme électoral, et surtout dépense publique utilisée comme carburant électoral.

    L’attention médiatique aurait mieux fait de se fixer sur ce curieux orchestre que formaient les candidats. Comme les musiciens du Titanic, ils ont tous joué la même partition, celle des promesses coûteuses et infinançables, tandis que le navire des finances publiques prend l’eau. Le procédé est rodé. A Nice, Eric Ciotti s’est solennellement engagé à ne baisser “aucune des subventions aux associations niçoises”, toutes catégories confondues. Il a même proposé un “chèque vétérinaire pour les propriétaires d’animaux les plus modestes“, au moment même où il promettait par ailleurs de réduire les dépenses. Promettre monts et merveilles à tout le monde reste un grand classique du genre.

    A l’échelle nationale, les grandes mairies de France ont pourtant déjà contracté une dette historique. Paris affiche un encours de 9,4 milliards d’euros en 2025, en hausse de 44,6 % en quatre ans, avec une capacité de désendettement estimée à 32,4 ans, presque trois fois le seuil d’alerte de 12 ans fixé par les autorités de tutelle. Marseille dépasse quant à elle 1,3 milliard d’euros. Et tout cela dans des communes qui bénéficient de dotations généreuses de l’Etat et sont théoriquement tenues à l’équilibre de leurs budgets de fonctionnement.

    Pourtant, cette irresponsabilité financière a été la grande absente des débats. Le think tank Génération Libre [NDLR think tank dont Kevin Brookes est le directeur] avait tiré la sonnette d’alarme avant le scrutin sur la gabegie des subventions municipales : pas moins de 473 millions d’euros distribués chaque année à des structures extérieures rien que pour Paris, Lyon et Marseille, souvent sans évaluation ni contrôle démocratique sérieux. Ces maires ayant été reconduits dans leurs fonctions, on peut s’attendre à ce que la pratique continue allègrement.

    Ce sujet, ignoré des débats, est pourtant symptomatique de l’ethos de nos élites politiques : dépenser de l’argent qui n’est pas le leur pour financer des promesses qui servent un nombre de plus en plus restreint de clientèles électorales.

    Un système opaque qui fabrique l’irresponsabilité

    Le problème dépasse les simples comportements individuels des élus. Il plonge ses racines dans l’architecture même de nos finances locales. Les communes dépendent pour une part significative de dotations d’Etat, auxquelles s’ajoutent des financements croisés (régions, départements, agences nationales) dont la complexité rend impossible de savoir qui paie quoi, pour qui, et pour quoi.

    Ce système fabrique structurellement l’irresponsabilité : les maires financent leurs promesses avec l’argent de contribuables qui ne résident pas dans leurs communes. L’exemple type est celui des équipements sportifs. Des maires se battent pour les construire, communiquent sur leur inauguration, et font payer la facture à de multiples échelons administratifs, et donc à des contribuables de l’ensemble du territoire qui n’utiliseront jamais ces installations. Puisque le contribuable ne sait pas où va son argent, pas plus qu’il ne sait d’où vient l’argent des services publics qu’il utilise, la dépense publique se fait sans douleur.

    La solution : l’autonomie fiscale des communes

    Une réforme claire permettrait pourtant de sortir de ce cycle : l’autonomie fiscale des collectivités territoriales. A chaque échelon devrait correspondre un impôt local, acquitté par les résidents de ce territoire, qui pourraient ainsi juger du bon usage de leurs contributions. Cette autonomie aurait deux vertus : assécher la source qui alimente l’irresponsabilité budgétaire, et renouer le lien entre le citoyen et son impôt. Car un habitant qui sait précisément ce que finance chaque euro de sa fiscalité locale est un citoyen qui reprend pied dans la démocratie locale — et qui, peut-être, se souviendra d’aller voter. Alors que 44 % des inscrits ont boudé les urnes le 15 mars, cette réforme n’est pas un luxe, mais une nécessité.

    *Par Kevin Brookes, Directeur de Génération Libre et enseignant à Sciences Po

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  • A l’Accor Arena, un concert en hommage au rappeur Werenoi sans ses amis stars

    A l’Accor Arena, un concert en hommage au rappeur Werenoi sans ses amis stars

    « C’était un festival, plus qu’une soirée hommage », regrettent les jeunes fans du rappeur Werenoi à la sortie des deux heures et demie de spectacle donnés à l’Accor Arena, à Paris, mercredi 25 mars. Ils avaient acheté leur place à l’aveugle, sans connaître le programme, et auraient préféré entendre des témoignages, des morceaux de leur idole chantés par Ninho ou Tiakola plutôt que joués par le DJ. Le concert était complet depuis mi-janvier. La salle était comble : 20 000 personnes, un public très jeune et très mixte, ont chanté, dansé parfois pleuré sur les tubes de leur rappeur préféré, fauché en pleine gloire, à 31 ans.

    Werenoi, de son vrai nom Jérémy Bana Owona, est mort le 17 mai 2025 à l’hôpital de La Pitié-Salpêtrière, à Paris, des complications d’un diabète. Selon l’enquête du quotidien Libération « De l’ascension fulgurante à la disparition brutale », parue dans l’édition du 14 janvier, il se serait blessé lors d’une sortie en mer pendant un séjour à Dubaï et aurait retardé des soins, préférant s’occuper d’une affaire immobilière en cours. Devant l’état de son compagnon revenu à Paris, sa femme aurait fini par appeler le SAMU. C’est alors qu’elle aurait découvert qu’il était diabétique.

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  • En Italie, Giorgia Meloni fait le ménage autour d’elle après l’échec de son référendum

    En Italie, Giorgia Meloni fait le ménage autour d’elle après l’échec de son référendum

    À Rome, Giorgia Meloni remanie son gouvernement après la cuisante défaite d’un référendum sur la réforme de la justice, qui a fait office il y a quelques jours de test majeur pour son leadership. Lundi 23 mars, un pourcentage record d’Italiens — 59 % au niveau national et 70 % dans certaines grandes villes, un taux porté par les jeunes — s’est rendu aux urnes, pour rejeter à 54 % cette réforme phare portée historiquement par la droite dure italienne, transformant le vote en un véritable désaveu politique. Ce revers a immédiatement déclenché des remous au sein de l’exécutif, et renforcé l’opposition.

    Si la Première ministre italienne a reconnu le résultat avec calme, refusant tout de même de démissionner, l’opposition a donc saisi l’occasion pour tenter de la pousser vers la sortie. Giorgia Meloni était déjà fragilisée ces derniers temps, entre les polémiques judiciaires touchant ses ministres, la nécessité de consolider sa majorité au parlement et un contexte socio-économique de hausse des prix et baisse de productivité en Italie.

    Démissions de ministres sous enquêtes

    Le revers électoral du référendum a provoqué un remaniement immédiat au sein de la coalition de droite (Forza Italia) et d’extrême droite (La Ligue et Frères d’Italie) au pouvoir. Deux hauts responsables du ministère de la Justice ont démissionné dès mardi, suivis par la ministre de Tourisme ce mercredi 25 mars. Tous les trois faisaient l’objet d’enquêtes de la part des procureurs, ce qui donnait jusqu’ici une image très défavorable à un exécutif accusé d’avoir réduit l’indépendance et le pouvoir de la justice en Italie. Certaines critiques dirigées contre le gouvernement Meloni à l’occasion de ce référendum l’accusaient d’ailleurs de vouloir réformer la justice pour rendre plus compliqué le fait d’enquêter sur des politiciens en exercice.

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    Parmi les démissionnaires, Andrea Delmastro Delle Vedove, sous-secrétaire à la Justice et fidèle de Giorgia Meloni, a été impliqué dans une polémique mafieuse liée à un investissement dans un restaurant, qu’il a reconnu comme une erreur de jugement sans malversation. Giusi Bartolozzi, cheffe de cabinet du ministère, est quant à elle poursuivie pour avoir couvert l’exfiltration d’un chef de guerre libyen recherché par la Cour pénale internationale, tandis que la ministre du Tourisme, Daniela Santanchè, fait face à un procès pour fraude et fausse comptabilité dans ses activités professionnelles.

    L’opposition galvanisée avant les législatives de 2027

    Le ministre de la Justice Carlo Nordio, auteur de la réforme rejetée, dit assumer la responsabilité de cette défaite mais ne compte pas démissionner, préférant se retirer après les élections nationales prévues l’an prochain. La classe politique critique vivement ces démissions, mais surtout leur timing jugé bien trop tardif et opportuniste, l’opposition accusant la Première ministre de charger des “boucs émissaires facile” pour éponger ses propres erreurs.

    Malgré l’échec, Giorgia Meloni ne devrait pas appeler à des élections anticipées, la situation internationale et économique rendant cette option peu probable. Les législatives du début 2027 restent donc le scénario de référence. Elles promettent un scrutin incertain avec un parlement fragmenté : d’un côté, une opposition galvanisée cherchant à construire une alternative crédible ; de l’autre, la Première ministre qui tente de manœuvrer habilement pour préserver ses chances de victoire.

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  • Le gouvernement met en garde Bally Bagayoko, nouveau maire LFI de Saint-Denis : « Ecarter un agent pour des motifs politiques » est illégal

    Le gouvernement met en garde Bally Bagayoko, nouveau maire LFI de Saint-Denis : « Ecarter un agent pour des motifs politiques » est illégal

    Le nouveau maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, ne doit pas se séparer d’agents municipaux qui seraient en désaccord avec sa politique, a écrit le ministre de l’action et des comptes publics, David Amiel, dans un courrier adressé directement à l’élu de La France insoumise (LFI), jeudi 26 mars.

    « Aucune autorité municipale ne peut légalement laisser entendre que la situation d’agents communaux, leur affectation ou leur maintien en fonctions pourraient dépendre de leur adhésion, réelle ou supposée, aux orientations politiques de l’exécutif municipal », souligne le membre du gouvernement dans son courrier, consulté par Le Monde.

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    M. Bagayoko, élu dès le premier tour des élections municipales, a abordé ce sujet lors d’un discours tenu devant l’hôtel de ville dionysien, juste après sa prise de fonctions : « Si nous savons que les agents sont avant tout au service d’une politique publique, nous savons aussi que certains agents auront à un moment donné des difficultés aussi à pouvoir porter un projet qu’ils ont combattu. C’est la raison pour laquelle nous respectons le choix de chacun, mais il ne sera pas possible de pouvoir rester, par exemple, dans un service de tranquillité publique en ayant l’ambition de porter une option politique qui a été battue dans les urnes. »

    Il a également affirmé sur la chaîne CNews, mardi, que « les fonctionnaires sont avant tout des gens qui répondent en fait à une commande politique ». Le nouvel élu évoquait le départ d’agents territoriaux qui « ne sont pas en phase avec le projet politique » dans le cadre d’une mobilité « complètement naturelle », précisant toutefois qu’ils ne seront pas « mis dehors ».

    Mise en garde

    Dans son texte, David Amiel rappelle que toute décision « d’écarter un agent pour des motifs politiques serait entachée d’illégalité et pourrait être suspendue ou annulée par le juge administratif ». Le ministre ajoute que de telles mobilités d’agents territoriaux pourraient « relever du harcèlement moral », voire constituer de possibles infractions pénales en termes de discrimination. « Leur loyauté [des agents publics] à l’égard de l’institution ne se confond en aucun cas avec l’adhésion partisane ni avec l’alignement idéologique », poursuit David Amiel.

    Même son de cloche du côté du ministère de l’intérieur. Le ministre, Laurent Nuñez, a clairement mis en garde les maires, déclarant que les mouvements d’agents municipaux, lorsqu’ils font suite à un changement de majorité, « seront scrutés avec la plus grande attention par les préfets ».

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    A l’occasion du compte rendu du conseil des ministres, qui s’est tenu à l’Elysée mercredi matin, l’ancien préfet de police de Paris a évoqué des « décisions qui pourront être prises dans un certain nombre de municipalités dont les maires ont pu tenir des propos qui ont légitimement choqué ». Et d’ajouter : « Je veux dire que les propos qui ont pu être tenus sur des agents municipaux qui auraient vocation à prendre la porte parce qu’ils n’ont pas partagé telle ou telle option sont tout à fait inappropriés et seront scrutés avec la plus grande attention par les préfets. »

    Sur France 2, M. Bagayoko avait expliqué mardi que la ville allait « rentrer dans un processus de désarmement » de la police municipale, mais pas immédiatement. Il avait précisé que cela concernerait le lanceur de balles de défense (LBD) et non pas les armes à feu que les agents garderaient. Il avait par ailleurs souhaité conserver « une police municipale forte, de proximité, en maintenant les effectifs ».

    Le Monde avec AFP

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