Sébastien Lecornu, premier ministre, et Roland Lescure, ministre de l’économie, avant la séance des questions au gouvernement, à l’Assemblée nationale, à Paris, le 24 mars 2026. JULIEN MUGUET POUR « LE MONDE »
La mise en scène est inédite. Ce vendredi 27 mars au matin, le premier ministre se déplace à Bercy, la forteresse du ministère de l’économie, pour présider en personne une réunion consacrée au budget. Face à une dette qui s’envole et un déficit difficile à comprimer, Sébastien Lecornu tient à sonner la mobilisation, « mettre un peu de pression » sur ses ministres, glisse-t-on à Matignon.
Autour de la table, le chef du gouvernement pourra donner des directives claires aux cinq ministres (économie, budget, santé, travail, aménagement du territoire) et six directeurs d’administration centrale les plus concernés, dont le nouveau directeur du budget, Paul Bérard, un fidèle de Valérie Pécresse nommé mercredi en conseil des ministres.
Lors de son arrivée à Matignon, en septembre 2025, Sébastien Lecornu s’était fixé un objectif unique : faire adopter le budget 2026 avant la fin de l’année. La loi de finances n’a finalement été promulguée que mi-février, à l’issue d’un accouchement parlementaire très douloureux. La parenthèse des élections municipales refermée, le budget revient aujourd’hui au premier rang des préoccupations. Avec un double défi. Le premier ministre doit à la fois s’assurer que le budget 2026 sera tenu et préparer le redoutable budget 2027. Deux missions ardues.
Il vous reste 82.23% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Comment s’adaptent les écoles qui forment l’élite de demain au bouleversement de l’intelligence artificielle ? Invités du colloque de L’Express consacré à l’apprentissage à l’ère de l’IA, le 23 mars dernier, les directeurs de deux prestigieuses business schools ont partagé leurs expériences : Francesco Billari, recteur de l’université Bocconi, venu de Milan pour l’occasion, et Eloïc Peyrache, directeur général d’HEC.
L’Express : Grâce à l’IA générative, les étudiants peuvent produire en quelques secondes un business plan, une analyse de cas, une dissertation d’économie. Une remise en cause du modèle de vos grandes écoles, fondées sur l’effort ?
Francesco Billari : L’intelligence artificielle nous pose des défis, mais c’est aussi une occasion fantastique pour nos brillants étudiants. La Bocconi, historiquement spécialisée en économie et en management, va ouvrir un département de sciences informatiques. Nous faisons en sorte que tous les étudiants se familiarisent avec l’IA, qu’ils aient conscience des emplois menacés. Prenons l’exemple des présentations PowerPoint, travail typique d’un jeune embauché. De toute évidence, ce n’est pas un travail d’avenir. Donc il nous faut surtout nous assurer que chacun est capable de poser des questions et d’en interpréter les réponses, plutôt que de simplement produire des slides.
Eloïc Peyrache : La meilleure façon d’être remplacé, c’est d’être un passe-plat. Il va falloir continuer à penser et à développer un certain nombre de compétences. Longtemps, nos écoles se sont focalisées sur la solution optimale – la meilleure stratégie, la meilleure façon d’augmenter la valeur d’une entreprise… L’intérêt va se déplacer vers l’amont, la compréhension du problème. La capacité à structurer, à poser les bonnes questions, à définir l’objectif, à mettre en œuvre la solution va devenir clé.
LIRE AUSSI : Apprendre à l’ère de l’IA : “ChatGPT ne remplacera jamais un bon prof…”
Ces nouveaux usages changent-ils aussi la donne en matière d’évaluation ?
E.P. : Les entreprises se fiaient jusqu’ici à notre sélection à l’entrée, à nos examens… Pour certaines matières, le retour à de l’évaluation sur papier va permettre de s’assurer que c’est bien l’élève qui a répondu. Pour les travaux à la maison, on va partir du principe que le mémoire est réalisé avec l’aide de l’IA, donc notre approche va évoluer : on va revenir à des présentations orales, l’étudiant devra venir défendre son mémoire face à des jurys…
Une étude du MIT a montré que plus les étudiants utilisaient l’IA, plus certaines parties de leur cerveau s’atrophiaient. Comment réagir ?
F.B. : A l’université, il faut nous assurer que nos étudiants se parlent, qu’ils aient des interactions dans les salles de classe et que le campus leur propose une expérience particulière. C’est indispensable pour développer des compétences émotionnelles, sociales, humaines.
Comment imaginez-vous la vie d’un étudiant sur vos campus dans dix ans ?
F.B. : Bocconi va considérablement se transformer et devenir plus scientifique, car la révolution de l’IA rend plus ténue la frontière entre les universités de sciences et les business schools.
E.P. : Nous serons en mesure de personnaliser davantage l’accompagnement de carrière, le travail personnel, etc. Il y aura aussi plus d’étudiants qui suivront les cours à distance. Mais la question du lien et du collectif va rester importante, c’est pourquoi nous investissons massivement sur le campus d’HEC.
Lors d’une manifestation devant l’usine chimique Vencorex, à Pont-de-Claix (Isère), le 7 novembre 2024. JEFF PACHOUD/AFP
Le ministre de l’industrie l’a reconnu d’emblée : « J’aurais préféré venir au lendemain d’une décision tout autre. » Sébastien Martin avait été convié de longue date à un échange avec la secrétaire générale du syndicat, Sophie Binet, jeudi 26 mars, aux Assises CGT du made in France à Pont-de-Claix (Isère).
Le Pont-de-Claix abrite justement la vaste plateforme industrielle où se situait l’usine chimique Vencorex jusqu’en avril 2025, date à laquelle le tribunal des affaires économiques de Lyon a validé la reprise d’une petite partie de ses activités (54 salariés sur 450) par son concurrent chinois Wanhua, mais rejeté le projet, plus ambitieux, de société coopérative d’intérêt collectif porté par des salariés.
Depuis, une nouvelle offre baptisée « Exalia » avait été mise sur pied, portée par un entrepreneur, Olivier Six, et par l’ancienne déléguée CGT de l’usine, Séverine Dejoux, pourproduire de l’acide chlorhydrique, de la soude et du chlore liquide de façon décarbonée. Or, mercredi 25 mars, ce projet doté de 80 millions d’euros de financement a également été rejeté par le tribunal, qui a préféré acter la cession à un ferrailleur. « Une honte de A à Z sur laquelle toute la lumière doit être faite », a dénoncé Sophie Binet, jeudi, demandant « la mise en place immédiate d’une commission d’enquête sur le scandale Vencorex ».
Il vous reste 63.32% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Il arrive parfois que l’actualité semble se jouer loin de nous. Alors tous les vendredis, on s’intéresse à un évènement qui a marqué la semaine, d’un point de vue européen, et on prend le temps d’expliquer pourquoi il nous concerne tous.
Ces derniers jours, il n’y a pas qu’en France que l’on votait en Europe. Au Danemark, les sociaux-démocrates de Mette Frederiksen ont réalisé le plus mauvais score de leur histoire tandis que le Parti du peuple danois, une formation d’extrême droite, a triplé son score par rapport aux législatives précédentes. Un résultat qui va rebattre les cartes des alliances pour le futur gouvernement danois.
Ce n’est pas la seule élection qu’il fallait surveiller. Pendant que chez nous en France, le Rassemblement national s’implantait un peu plus encore au niveau local, la Slovénie conservait de justesse son Premier ministre libéral, à un siège près face à la formation d’extrême droite.
LIRE AUSSI : Partout en Europe, l’illusion du “cordon sanitaire” contre l’extrême droite
Autant d’illustrations de la montée des populistes à travers l’Union européenne, et qui démontrent que les stratégies politiques du passé ne semblent plus fonctionner.
Dans cet épisode de La semaine européenne, Luc de Barochez, éditorialiste à L’Express, nous explique à quoi ressemble désormais le cordon sanitaire européen.
Lors de l’assemblée plénière des évêques de France, à Lourdes (Hautes-Pyrénées), le 24 mars 2026. LIONEL BONAVENTURE/AFP
La nouvelle est tombée jeudi 26 mars, peu avant midi. Les évêques, réunis en séance plénière à Lourdes (Hautes-Pyrénées) depuis lundi, s’apprêtaient à entrer dans la basilique Notre-Dame-du-Rosaire pour leur messe quotidienne. Quelques dizaines de minutes après, ils devaient rendre public leur nouveau dispositif pour l’accompagnement et l’écoute des victimes de violences sexuelles mineures de l’Eglise.
C’est à ce moment que le combat judiciaire d’une ancienne victime est venu perturber cet agenda millimétré et la présentation sur laquelle ils travaillaient depuis des jours. La nouvelle est venue sous la forme d’une dépêche de l’Agence France-Presse. Les efforts acharnés d’un homme pour faire reconnaître son préjudice au civil, accusant un évêque de violences sexuelles entre 1972 et 1975, ont fini par aboutir.
Selon un arrêt que Le Monde a pu consulter, Jean-Michel Di Falco, ancien évêque de Gap et d’Embrun, dans les Hautes-Alpes, et ancien auxiliaire de Paris, a été condamné par la cour d’appel de Paris à verser 200 000 euros à Pierre-Jean Pagès, mineur au moment des faits, qui l’accuse d’agression sexuelle et de viol alors qu’il était directeur du collège Saint-Thomas d’Aquin, à Paris.
Il vous reste 81.53% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Dans la mythologie grecque, qui est l’arrière grand-père maternel de Jason ? Si vous séchez, peut-être préférerez-vous répondre à une question sur les syllabes fermées se terminant par une consonne en hébreu biblique, en vous basant sur la tradition de prononciation tibérienne. Voulez-vous plutôt tester votre connaissance des réactions en cascade péricyclique thermique d’ester méthylique ? Ou bien sur les chaînes de Markov et les graphes ?
Ces questions ne proviennent pas des annales d’examen d’une université d’élite, mais d’Humanity Last Exam. “Le dernier examen académique que nous voulons faire passer aux intelligences artificielles”, précise Long Phan, chercheur en IA au Center of AI Safety et l’un des créateurs de ce test, pensé comme l’ultime frontière entre les humains et les machines.
LIRE AUSSI : L’intelligence artificielle générale, moteur d’une nouvelle ère économique
Des questions de niveau doctorat
Les tests pour mesurer les capacités des AI, ou benchmarks, étaient utilisés bien avant l’arrivée de l’intelligence artificielle générative pour déterminer si des produits étaient prêts à être déployés. Mais avec l’arrivée des LLM, les large langage models qui propulsent les outils comme ChatGPT, ils ont vite été dépassés. MMLU, dévoilé en 2020, avait ainsi été conçu pour être plus difficile que les autres benchmarks, et testait les IA sur 16 000 questions demandant de la culture générale ainsi que des capacités de raisonnement. Dès sa sortie, en novembre 2022, ChatGPT 3.5 affichait néanmoins 70 % de bonnes réponses.
Véronique Sarselli, lors de son élection à la présidence de la Métropole de Lyon, le 26 mars 2026. OLIVIER CHASSIGNOLE / AFP
Une page politique se tourne à la tête de la deuxième métropole de France, seule collectivité intercommunale dont les représentants sont désignés au suffrage universel direct. Après six ans de mandat de l’écologiste Bruno Bernard, Véronique Sarselli (Les Républicains, LR), 57 ans, a été élue présidente de la Métropole de Lyon, jeudi 26 mars. La maire de Sainte-Foy-lès-Lyon, commune du sud-ouest de l’agglomération lyonnaise, a obtenu la très large majorité de 91 voix sur 150 conseillers, composée d’une grande part d’élus LR.
Ses listes ont remporté 10 des 14 circonscriptions de la métropole, lors des élections des 15 et 22 mars. La concomitance avec le scrutin municipal a sans doute joué en faveur de la candidate. En 2020, les écologistes avaient été poussés par les marches pour le climat, dans le contexte de fin de règne chaotique de Gérard Collomb, allié avec la droite entre les deux tours. Durant toute sa campagne, Véronique Sarselli a attaqué les défenseurs de l’environnement, accusés d’imposer des aménagements sans concertation. Le discours a porté et le succès des maires LR et Horizons, tout autour de la périphérie lyonnaise, a considérablement renforcé sa dynamique.
Il vous reste 73.74% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Le président américain, Donald Trump, signe des décrets et des proclamations dans le bureau Ovale de la Maison Blanche, à Washington, le 9 avril 2025. NATHAN HOWARD/REUTERS
C’est une première pour un président des Etats-Unis en exercice. La signature de Donald Trump va figurer sur les futurs billets de banque américains, a annoncé le Trésor jeudi 26 mars.
Les premiers billets de 100 dollars (soit 86,38 euros) arborant la nouvelle signature seront imprimés en juin. Elle sera ensuite élargie aux autres coupures, précise le communiqué de l’administration Trump.
Depuis 1861, seule figurait sur les billets verts la signature du ministre des finances américain et du trésorier des Etats-Unis.
Le Trésor américain affirme que le projet d’apposer la signature de Trump sur tous les nouveaux billets de banque vise à célébrer le 250e anniversaire du pays, le 4 juillet, et que la signature du ministre des finances, Scott Bessent, figurera également sur ces billets.
Critiques
« Il n’y a pas de manière plus puissante de reconnaître les réalisations historiques de notre grand pays et du président Donald Trump que des billets de dollars portant son nom », a justifié Scott Bessent, cité dans le communiqué.
Le trésorier des Etats-Unis, Brandon Beach, a, lui, déclaré dans un communiqué que l’impression de la signature de Trump sur la monnaie américaine « est non seulement appropriée, mais aussi bien méritée ».
Lire aussi le décryptage |Article réservé à nos abonnés Comment Donald Trump remodèle l’histoire des Etats-Unis
Les démocrates ont critiqué cette mesure. L’élue démocrate à la Chambre des représentants (Ohio) Shontel Brown a ainsi écrit jeudi sur X que le plan du Trésor est « scandaleux et anti-américain. Mais au moins, cela nous rappellera qui remercier lorsque nous paierons plus cher l’essence, les biens de consommation et les courses ».
« L’obstination du président à faire figurer son nom sur les billets, les pièces de monnaie et les monuments nationaux pendant son mandat est contraire aux idéaux de notre pays, a déclaré la sénatrice démocrate (New Hampshire) Jeanne Shaheen, à l’origine d’une proposition de loi visant à faire figurer le portrait militante noire antiesclavagiste Harriet Tubman (1822-1913) sur le billet de 20 dollars, citée par le New York Times. Nous devrions célébrer notre 250e anniversaire en honorant les figures héroïques qui ont façonné notre nation, et non en alimentant un énième projet pharaonique du président en exercice. »
Pièce à son effigie
L’annonce du Trésor américain s’inscrit dans une série de décisions visant à apposer l’empreinte de Donald Trump sur de nombreux bâtiments ou symboles des Etats-Unis, suscitant des accusations de culte de la personnalité.
Le Monde Application
La Matinale du Monde
Chaque matin, retrouvez notre sélection de 20 articles à ne pas manquer
Télécharger l’application
Newsletter abonnés
« International »
L’essentiel de l’actualité internationale de la semaine
S’inscrire
Evénement
Les Amphis de l’info
À l’heure de l’IA et des réseaux sociaux, l’info se questionne : aux « Amphis de l’Info » des journalistes viennent à votre rencontre.
Découvrir
Le Monde Mémorable
Testez votre culture générale avec la rédaction du « Monde »
Testez votre culture générale avec la rédaction du « Monde »
Découvrir
Newsletter
« A la une »
Chaque matin, parcourez l’essentiel de l’actualité du jour avec les derniers titres du « Monde »
S’inscrire
Evénement
Les Amphis de l’info
À l’heure de l’IA et des réseaux sociaux, l’info se questionne : aux « Amphis de l’Info » des journalistes viennent à votre rencontre.
Découvrir
Le 19 mars, une commission fédérale des beaux-arts – dont tous les membres ont été nommés par Donald Trump – a ainsi donné son feu vert à la frappe d’une pièce commémorative en or à l’effigie du président.
Plusieurs bâtiments publics ont déjà été rebaptisés au nom du républicain depuis son retour l’an dernier à la Maison Blanche, comme le Kennedy Center, une institution culturelle réputée de Washington.
Lire aussi la chronique (2025) |Article réservé à nos abonnés « Trump a fait un putsch au Kennedy Center, et il n’a pas choisi ce fleuron culturel au hasard »
Et en Floride, l’aéroport international de Palm Beach doit lui aussi changer de nom pour porter celui de Donald Trump, en vertu de la loi adoptée par les parlementaires de cet Etat du sud-est, où se trouve sa résidence privée.
Le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, à Limoges, le 12 mars 2026. UGO AMEZ POUR « LE MONDE »
« Pas d’accord national » entre le Parti socialiste (PS) et La France insoumise (LFI) pour 2027. Critiqué en interne après les municipales, le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, a exclu un tel scénario, jeudi 26 mars dans la soirée, pour la future élection présidentielle et les prochaines législatives.
Lire aussi | Hommage à Lionel Jospin aux Invalides : revivez la cérémonie, suivie des obsèques au cimetière du Montparnasse, ainsi que les réactions politiques
« Pour les prochaines échéances qui sont des échéances présidentielle puis législatives, il n’y aura pas d’accord national avec La France insoumise », a-t-il déclaré sur BFM-TV.
Mardi, lors du bureau national du parti, ses détracteurs ont fustigé à l’unisson les alliances passées dans l’entre-deux-tours entre certains candidats PS et LFI pour tenter de gagner des villes, comme Nantes, Brest, Clermont-Ferrand, Toulouse ou Limoges, des fusions qui n’ont pas été synonymes de succès pour la gauche dans la majorité des cas. Et Olivier Faure est prié par ses opposants de « clarifier » sa ligne.
Lire aussi |Article réservé à nos abonnés La « primaire unitaire » de la gauche menacée par la crise au PS
« Irréconciliable » avec Jean-Luc Mélenchon
« Il y a 0,6 % des candidats socialistes qui ont fait alliance avec LFI » pour le second tour des municipales, a répété le chef de file du PS demandant de « relativiser » les choses.
« Je ne suis pas irréconciliable avec l’ensemble des électeurs qui votent “insoumis”. Je suis irréconciliable avec leur chef » Jean-Luc Mélenchon, accusé d’avoir tenu des propos antisémites, a ajouté le premier secrétaire.
Il a aussi répété qu’il n’y avait pas eu, conformément à son engagement, d’accord national avec LFI aux municipales mais des alliances locales. « Ces choix-là n’ont pas été faits par la direction du parti », a-t-il martelé.
Lire aussi le décryptage |Article réservé à nos abonnés Municipales 2026 : les alliances avec LFI ont-elles vraiment fait perdre la gauche ?
Mardi, le chef des députés, Boris Vallaud, avait pris la parole pour expliquer que ces alliances d’entre-deux-tours conclues entre certains candidats socialistes et LFI avaient « nourri le procès en insincérité » envers les socialistes, et n’avaient « pas été efficaces. Elles ont même été à certains égards improductives et ont nourri un front inversé au profit de la droite ».
Newsletter
« Politique »
Chaque semaine, « Le Monde » analyse pour vous les enjeux de l’actualité politique
S’inscrire
Boris Vallaud qui, lors du dernier congrès du PS à Nancy, s’était allié à Olivier Faure et lui avait ainsi permis d’obtenir une majorité, a déploré un manque de « dialogue collectif » dans l’entre-deux-tours. Il a jugé qu’au bout de huit ans d’opposition, le PS n’était « toujours pas l’alternative », et a regretté : « On va redire plus jamais LFI mais qui nous croit ? »
Refus de soumettre une résolution au vote
Mardi soir, Boris Vallaud a tenté de faire adopter une résolution déplorant « le manque de clarté et de cohérence » de la direction. Cette résolution fait référence aux propos d’Olivier Faure, qui, entre les deux tours des municipales, avait dit « comprendre parfaitement les choix » des candidats ayant décidé de s’allier avec LFI, même si le bureau national avait acté, début mars, qu’il n’y aurait « aucun accord national » avec LFI, du fait des « propos antisémites intolérables » de M. Mélenchon. Selon plusieurs participants au bureau national, la direction a refusé de soumettre cette résolution au vote.
Interrogé, mercredi, sur Franceinfo sur son refus, la veille, de voter une résolution déposée par ses opposants internes, Olivier Faure a dénoncé la « méthode ». « J’ai laissé parler tout le monde, la résolution dont vous parlez, elle était sur les réseaux sociaux avant même d’être discutée, donc ça, c’est pas des méthodes », s’est-il justifié.
Si cette résolution avait été votée, le premier secrétaire aurait pu être mis en minorité, ce qui ne signifie pas pour autant qu’il aurait été obligé de partir.
Le fait que la résolution n’ait pas été soumise au vote, « c’est très grave », a estimé, de son côté, Carole Delga, tenante d’une ligne anti-fauriste, mercredi sur RMC. Elle a « redemandé à ce qu’il y ait une position claire sur le projet socialiste ». « Les Français retiennent que le Parti socialiste, c’est tout et son contraire, c’est du grand n’importe quoi », a-t-elle regretté.
Des manifestants anti-Maduro devant un tribunal fédéral où comparaît l’ancien président vénézuélien, à New York, le 26 mars 2026. SPENCER PLATT / AFP
Il s’est montré souriant, mais n’a pas pris la parole. L’ancien président vénézuélien Nicolas Maduro s’est présenté, jeudi 26 mars, devant un tribunal de New York, pour sa deuxième apparition publique depuis son spectaculaire enlèvement à Caracas par les Etats-Unis.
Au cours des débats qui ont duré à peine plus d’une heure, le juge en charge de l’affaire a fait savoir qu’il n’entendait pas accéder à une demande d’abandon des poursuites émanant de ses avocats, autour d’une question relative au paiement de leurs honoraires.
Poursuivi pour trafic de drogue avec son épouse Cilia Flores, 69 ans, l’ancien homme fort du Venezuela, 63 ans, est apparu détendu, sourire aux lèvres, dans son uniforme gris de détenu, prenant des notes, devisant avec ses avocats via un interprète, jetant des coups d’œil aux bancs de la presse.
Extraits bien avant l’aube de la prison de Brooklyn où ils sont détenus depuis le 3 janvier, le couple a rejoint le tribunal fédéral du district sud de Manhattan.
Lire aussi |Article réservé à nos abonnés Venezuela : ce que contient l’acte d’accusation de la justice américaine contre Nicolas Maduro
Manifestations à Manhattan et à Caracas
En début de matinée, quelques dizaines d’opposants et de partisans se sont massés devant le bâtiment. Des militants de petites organisations de gauche brandissaient des pancartes hostiles à la politique de Donald Trump : « Du Venezuela à l’Iran, assez de sanctions et de bombes ! » Une brève bousculade a éclaté entre des membres des deux groupes.
Dans le même temps, à Caracas, plusieurs centaines de soutiens de l’ancien président s’étaient rassemblés sur la place Simon Bolivar, au centre de la capitale. Présent sur place, le fils de l’ancien leader, le député Nicolas Maduro Guerra, a fait part de sa « confiance dans le système juridique des Etats-Unis », tout en affirmant que, selon lui, son père bénéficiait d’une « immunité » du fait de son statut.
Alors que Nicolas Maduro et son épouse plaident non coupable, leurs avocats ont demandé une annulation de l’acte d’accusation, arguant que l’administration américaine empêche l’Etat vénézuélien de payer leurs frais du fait des sanctions internationales qui pèsent sur leur pays. Selon eux, il s’agit là d’une violation d’un droit garanti par le sixième amendement de la Constitution américaine. Le parquet estime, au contraire, que le couple dispose d’assez de ressources pour payer lui-même. « Je ne vais pas abandonner les poursuites », leur a toutefois annoncé le juge Alvin Hellerstein en charge du dossier, sans donner de nouvelle date d’audience.
Nicolas Maduro ne s’est pas exprimé depuis le 5 janvier, date d’une première audience devant le même tribunal, au cours de laquelle lui et son épouse ont été formellement inculpés. Combatif, il s’était alors présenté comme « le président de la République du Venezuela » en exercice, « kidnappé » par les Etats-Unis, se définissant comme un « prisonnier de guerre ».
Lire aussi | Nicolas Maduro devant un tribunal à New York : ce qu’il faut retenir de leur comparution
S’exprimant, jeudi, devant la presse à l’occasion d’une réunion à la Maison Blanche, Donald Trump a déclaré que « d’autres affaires seront portées devant les tribunaux » contre l’ancien chef d’Etat, sans donner davantage de précisions.
Quatre chefs d’accusation, dont narcoterrorisme
Depuis son arrivée sur le sol américain, le 3 janvier, Nicolas Maduro et son épouse sont incarcérés au Metropolitan Detention Center (MDC) à Brooklyn, prison fédérale connue pour son insalubrité et sa gestion défaillante. Seul dans sa cellule, sans accès à Internet et aux journaux, celui que certains de ses codétenus appellent « le président » lit la Bible, selon son entourage.
Le Monde Application
La Matinale du Monde
Chaque matin, retrouvez notre sélection de 20 articles à ne pas manquer
Télécharger l’application
Newsletter abonnés
« International »
L’essentiel de l’actualité internationale de la semaine
S’inscrire
Evénement
Les Amphis de l’info
À l’heure de l’IA et des réseaux sociaux, l’info se questionne : aux « Amphis de l’Info » des journalistes viennent à votre rencontre.
Découvrir
Le Monde Mémorable
Testez votre culture générale avec la rédaction du « Monde »
Testez votre culture générale avec la rédaction du « Monde »
Découvrir
Newsletter
« A la une »
Chaque matin, parcourez l’essentiel de l’actualité du jour avec les derniers titres du « Monde »
S’inscrire
Evénement
Les Amphis de l’info
À l’heure de l’IA et des réseaux sociaux, l’info se questionne : aux « Amphis de l’Info » des journalistes viennent à votre rencontre.
Découvrir
Poursuivi aux Etats-Unis pour quatre chefs d’accusation, dont narcoterrorisme, il est accusé d’avoir protégé et promu un vaste trafic de drogue, en s’alliant notamment avec des mouvements de guérilla et des cartels criminels considérés comme « terroristes » par Washington. Son épouse fait face, quant à elle, à trois chefs d’accusation.
Lire aussi |Article réservé à nos abonnés L’Amérique latine, nouveau théâtre de la rivalité entre la Chine et les Etats-Unis
Depuis la capture du couple, l’ancien chauffeur de bus, qui avait succédé à Hugo Chavez et dirigé le pays pendant douze ans, a été contraint de laisser la place à celle qui était sa vice-présidente, Delcy Rodriguez. Cette dernière multiplie depuis les concessions et les gestes d’apaisement à l’égard des Etats-Unis, tandis que Donald Trump répète à l’envi que c’est désormais lui qui dirige le pays depuis Washington.