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  • Leonardo Maria Del Vecchio, patron de Ray-Ban : “L’Europe est l’échelle minimale pour compter dans le monde”

    Leonardo Maria Del Vecchio, patron de Ray-Ban : “L’Europe est l’échelle minimale pour compter dans le monde”

    Leonardo Maria Del Vecchio nous reçoit dans les bureaux de LMDV Capital, son family office avec vue sur Milan. Il affiche la détermination de ceux qui ne veulent pas être seulement perçus comme les héritiers d’un nom. Le sien est l’un des plus prestigieux du capitalisme italien – son père disparu en 2022 est le fondateur de l’empire Luxottica. A tout juste trente ans, celui qui préside Ray-Ban et officie comme Chief Strategy Officer d’EssilorLuxottica veut s’imposer comme un acteur incontournable de l’économie de la péninsule. A travers LMDV Capital, il déploie une stratégie d’investissement diversifiée, avec déjà plus de 50 participations en seulement quatre ans. Un portefeuille qui vise à exalter et défendre les excellences du made in Italy : des restaurants haut de gamme à Milan (Casa Fiori Chiari, Vesta, Trattoria del Ciumbia) à l’acquisition d’une marque historique d’eau minérale Acqua e Terme Fiuggi. Il nous livre sa vision entre pragmatisme économique et défense de la souveraineté italienne et européenne.

    L’Express : Les entreprises dans lesquelles vous investissez sont essentiellement italiennes. Pourquoi cette préférence ?

    Leonardo Maria Del Vecchio : C’est un choix de cœur autant que stratégique. Je crois profondément en la force des entreprises italiennes lorsqu’elles sont soutenues par une organisation, une technologie et une vision internationale. Notre système industriel possède encore un énorme potentiel à exprimer sur les marchés mondiaux, s’il est placé dans les bonnes conditions.

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  • Iran : pourquoi la stratégie de décapitation de tous les hauts responsables iraniens pourrait s’avérer contre-productive

    Iran : pourquoi la stratégie de décapitation de tous les hauts responsables iraniens pourrait s’avérer contre-productive

    La stratégie de “décapitation” portera-t-elle ses fruits ? Alors qu’Israël a annoncé mercredi la mort du ministre du renseignement iranien Esmail Khatib, au lendemain de celle du dirigeant de facto du pays Ali Larijani, plusieurs spécialistes s’interrogent sur l’efficacité de ces frappes ciblées à moyen et long terme. Du côté d’Israël et des Etats-Unis, viser les ténors du régime, bien que cela soit illégal au regard du droit international, a pour objectif de l’affaiblir et d’éviter des enlisements militaires, en décourageant notamment les cadres subalternes d’accepter des fonctions devenues extrêmement dangereuses. En parallèle, les milliers de bombardements menés contre la République islamique visent à restreindre toute riposte militaire.

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    Mais certains observateurs du conflit sont dubitatifs. Car au cœur du problème se trouvent la structure et la résilience du régime iranien. La figure du “martyr” est en effet profondément ancrée dans l’idéologie de la République islamique d’Iran, et l’élimination de hauts dirigeants, à défaut de raccourcir la guerre, peut attiser un désir de vengeance et fermer les voies diplomatiques — prolongeant ainsi le conflit. “Ce régime se nourrit d’une théologie de la souffrance, donc plus il y aura d’assassinats, plus il deviendra résilient, et des individus moins expérimentés accéderont à des postes plus élevés”, a par exemple expliqué Bader Al-Saif, historien, lors d’une conférence du Middle East Institute.

    Un second souffle

    “Ce n’est pas un régime personnalisé. Il existe des couches institutionnelles sous chaque individu et j’imagine que la réponse à ces frappes de décapitation consiste simplement à promouvoir des cadres en interne – même si cela comporte le risque de faire émerger des individus inconnus et non expérimentés”, abonde auprès du Guardian Sanam Vakil, experte de l’Iran à Chatham House. Elle poursuit : “Pour l’instant, [cette stratégie de décapitation] semble surtout faire gagner du temps (…), mais il existe un risque que cela redonne un second souffle au système en revitalisant un régime qui était en perte de vitesse, où ceux qui montent en grade ont vu leurs mentors, leurs supérieurs et des membres de leur famille être tués.”

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    Les experts sont d’autant plus circonspects que par le passé, les assassinats menés par Israël n’ont pas eu de grand succès. Un exemple : la mort du chef spirituel du Hamas, le cheikh Ahmed Yassin en 2004, qui n’a pas empêché le groupe de se reconstituer. L’élimination des figures clés lors de la guerre d’Irak en 2003, menée par les Etats-Unis, n’a, elle non plus, nullement conduit à la démocratisation du régime, bien au contraire.

    Un soulèvement peu probable

    “L’un des mythes répandus au sein du gouvernement américain après le 11-Septembre et avant l’invasion de l’Irak était qu’il suffisait d’éliminer la “sale douzaine” [de hauts responsables du régime] en Irak. Je pensais que c’était une mauvaise idée à l’époque, et ça l’est toujours aujourd’hui”, a commenté Jon B. Alterman, du Center for Strategic and International Studies à Washington, auprès du Guardian. “Un point qui n’a pas reçu suffisamment d’attention est que si l’on élimine les personnes qui ont de l’influence auprès des éléments les plus radicaux, il ne reste plus personne capable de les arrêter. On a aussi l’impression que la résilience du régime iranien est sous-estimée. Il est peut-être possible de provoquer une division interne, mais je ne vois aucune preuve de l’existence de démocrates modérés prêts à prendre le relais”, développe-t-il.

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    La situation est complexe car même en cas de déstabilisation du régime, un soulèvement populaire victorieux n’apparaît pas forcément comme le scénario le plus probable. Dans un article publié en janvier dans le magazine américain Foreign Affairs, Afshon Ostovar, spécialiste du Moyen-Orient à la Naval Postgraduate School, avance qu’un éventuel coup d’Etat aurait plus de chances d’émaner de l’intérieur du Corps des gardiens de la révolution islamique — l’acteur le plus puissant du pays — et viserait avant tout à maintenir les structures en place, une hypothèse jugée crédible par plusieurs experts. En outre, Donald Trump a lui-même reconnu plus tôt dans la guerre que l’élimination de dirigeants clés pourrait compromettre les chances d’une transition politique. “Imaginer une issue diplomatique à cette guerre — c’est très difficile”, conclut Daniel Sheffield, professeur assistant à l’université de Princeton, cité par CNN.

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  • Mango : la recette magique de ce fleuron espagnol pour déjouer la crise du prêt-à-porter

    Mango : la recette magique de ce fleuron espagnol pour déjouer la crise du prêt-à-porter

    Quoi de mieux qu’une promenade rue de Rivoli pour prendre le pouls de la filière du prêt-à-porter en France ? Sur cette artère incontournable du shopping parisien, les vitrines des acteurs traditionnels du milieu de gamme, comme Camaïeu ou Naf Naf, n’existent plus que dans les souvenirs, victimes d’une crise mêlant changement des habitudes de consommation, inflation et concurrence chinoise. Parmi les survivants, les enseignes de l’empire Inditex – numéro un mondial de l’habillement avec sa figure de proue, le géant Zara, mais aussi Bershka et Pull and Bear. Un autre espagnol, dix fois plus petit, fait de la résistance : Mango. Fondé dans les années 1980 par les frères d’origine turque Isak et Nahman Andic, la marque vient de boucler une année record avec un bénéfice de 242 millions d’euros pour un chiffre d’affaires de 3,8 milliards, en croissance de 13 %.

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    Pour comprendre ce succès, il faut s’envoler pour Palau-solità i Plegamans, à une trentaine de kilomètres de Barcelone. Un complexe de bâtiments blancs, dont un ancien hangar d’aviation, forme le Mango Campus. Un an après le décès d’Isak Andic dans des circonstances troubles – l’enquête est en cours -, l’ombre du fondateur plane toujours au-dessus de cette zone industrielle. Les œuvres d’art issues de sa collection privée ornent les couloirs du siège tandis qu’à l’entrée trône une sculpture signée Jaume Plensa, l’un de ses proches.

    Faire la mode, pas des vêtements

    C’est ici que les deux collections annuelles de Mango – auxquelles s’ajoutent des éditions limitées – sont imaginées. Avec un processus millimétré : le tissu est soigneusement sélectionné, découpé par un robot laser puis confié à une équipe de couturières qui fabriquent les échantillons. “Tout notre processus créatif se déroule en interne, nous n’envoyons à nos usines que les prototypes déjà prêts, explique Luis Casacuberta, directeur des produits et du développement durable. Cette méthode nous ralentit mais peu importe : nous ne créons pas seulement des vêtements, nous créons la mode”. Une fois fabriqués en Turquie, en Chine ou encore en Inde, les robes, chemisiers et autres pantalons sont stockés dans le centre logistique de Lliçà d’Amunt, à quelques encablures du campus, avant d’être expédiés aux quatre coins du monde. Chaque année, près de 200 millions de pièces transitent dans cet immense entrepôt.

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  • Iran : en visant Diego Garcia, Téhéran révèle une capacité de frappe bien plus longue qu’estimée

    Iran : en visant Diego Garcia, Téhéran révèle une capacité de frappe bien plus longue qu’estimée

    C’est une nouvelle qui pourrait marquer un tournant dans le conflit opposant la coalition israélo-américaine et l’Iran. Ce 21 mars, la République islamique a tiré pour la première fois des missiles balistiques de portée intermédiaire vers Diego Garcia, la base militaire conjointe américano-britannique nichée au cœur de l’océan Indien, selon plusieurs responsables américains cités par le Wall Street Journal. Selon ces mêmes sources, dont l’une s’est également exprimée auprès de CNN, deux missiles ont été lancés : l’un a échoué en vol en raison d’un problème technique encore inconnu, tandis que l’autre aurait été intercepté par un destroyer américain équipé d’un système SM-3. Une interception qui n’a toutefois pas été officiellement confirmée par le Pentagone.

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    Londres, en revanche, est sorti de sa réserve. Le ministère britannique de la Défense a dénoncé des “attaques imprudentes de l’Iran”, tandis qu’une source officielle a confirmé à l’AFP que la tentative de frappe avait échoué. Côté iranien, l’agence de presse Mehr revendique implicitement l’opération, évoquant une cible visant “la base militaire des oppresseurs à Diego Garcia” et qualifiant cette action d’”étape importante” dans la capacité de Téhéran à menacer les intérêts américains au-delà de son environnement régional immédiat.

    Située sur une île isolée de l’archipel des Chagos, sous souveraineté britannique, la base de Diego Garcia constitue un point névralgique pour les opérations militaires américaines, abritant sous-marins nucléaires, bombardiers stratégiques et destroyers. Elle accueille notamment des bombardiers à longue portée, régulièrement mobilisés dans les opérations au Moyen-Orient. En 2025, Londres a conclu un accord prévoyant la rétrocession de l’archipel à l’île Maurice, tout en sécurisant un bail de 99 ans pour maintenir cette présence stratégique. Dans le même temps, le Royaume-Uni a autorisé les États-Unis à utiliser Diego Garcia ainsi que la base de Fairford, dans le sud-ouest de l’Angleterre, pour des opérations “défensives” contre l’Iran, visant notamment ses capacités de frappe. Une décision qui a immédiatement suscité la colère de Téhéran : le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a accusé le Premier ministre Keir Starmer de mettre “des vies britanniques en danger”, affirmant que l’Iran exercerait “son droit à la légitime défense”.

    Une distance qui inquiète

    Mais plus que l’épisode lui-même, c’est la distance parcourue par les missiles qui suscite l’attention… et l’inquiétude. La base visée se situe à près de 4 000 kilomètres des frontières iraniennes, soit bien au-delà de la portée officiellement reconnue par Téhéran, fixée à 2 000 kilomètres. Selon Iran Watch, une plateforme basée à Washington qui surveille et analyse les programmes nucléaires, balistiques et d’armes de destruction massive de l’Iran, le pays possède déjà des missiles capables d’atteindre 4 000 kilomètres, tandis que le centre israélien Alma estime leur portée maximale à 3 000 kilomètres, avec des projets d’armes plus longues encore.

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    Cette frappe relance ainsi les interrogations autour du missile Khorramshahr-4, fer de lance de l’arsenal balistique iranien. Officiellement capable de parcourir entre 2 000 et 3 000 kilomètres, ce missile pourrait en réalité aller bien au-delà. “S’il est confirmé que l’Iran a tiré 2 missiles capables d’atteindre Diego Garcia dans l’océan indien (4 000 kilomètres), cela confirme que Paris est à portée de tir depuis l’Iran”, a commenté sur X Jean-Dominique Merchet, auteur du blog Secret Défense et journaliste à L’Express. Le Royaume-Uni, de son côté, discute actuellement d’un transfert de souveraineté de Diego Garcia et des Chagos à l’île Maurice, tout en maintenant un bail à long terme pour la base. Mais cette perspective se heurte à l’opposition du président Donald Trump et de certains élus républicains, renforçant l’importance géopolitique de l’île.

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  • “Une fâcheuse tendance à se tromper” : sur l’énergie, l’Europe apprendra-t-elle enfin de ses erreurs ?

    “Une fâcheuse tendance à se tromper” : sur l’énergie, l’Europe apprendra-t-elle enfin de ses erreurs ?

    Mieux vaut tard que jamais. En reconnaissant, sans ambiguïté, que l’Europe n’aurait pas dû se détourner de l’énergie nucléaire, Ursula von der Leyen a dit tout haut ce que de nombreux experts pensaient tout bas depuis des lustres. Ce mea-culpa tardif laisse toutefois un goût amer : combien d’années perdues pour l’Europe ?

    Dans une chronique récente pour L’Express, Cécile Maisonneuve, présidente de Decysive, remettait l’église au milieu du village : en 1995, le Vieux Continent tirait 33 % de son électricité du nucléaire et importait 44 % de son énergie. Aujourd’hui, les rapports se sont inversés : les importations représentent 54 %, tandis que la part du nucléaire dans la production électrique est retombée à 23 %. Quelle Europe aurions-nous aujourd’hui si nous avions choisi d’associer nucléarisation et décarbonation, au lieu de les opposer ? Dans ce scénario contrefactuel, la dépendance aux marchés gaziers serait moins prononcée et l’industrie européenne mieux protégée des secousses géopolitiques.

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    L’Allemagne, qui assiste aujourd’hui à la fin de son règne dans l’automobile, afficherait ainsi un autre visage. Mieux, si Berlin avait choisi de fermer d’abord ses centrales à charbon plutôt que son parc nucléaire, jusqu’à 1 100 millions de tonnes de CO2 auraient pu être évitées d’ici 2035 -, l’équivalent de près de trois années d’émissions françaises. Le coût économique et sanitaire imputable à cette trajectoire avoisine les 12 milliards de dollars par an. Autant de chiffres qui rappellent que les décisions énergétiques ont un impact durable — et que les occasions perdues se paient au prix fort.

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  • États-Unis : Donald Trump revoit sa stratégie migratoire et s’attire les critiques de son camp

    États-Unis : Donald Trump revoit sa stratégie migratoire et s’attire les critiques de son camp

    C’est une évolution qui est loin de faire consensus au sein de sa base. Selon les informations du Wall Street Journal, le président américain Donald Trump a demandé à ses conseillers de revoir la manière dont sa promesse phare de “déportation massive” des migrants en situation irrégulière est mise en œuvre et présentée. Estimant que cette expression a été mal perçue par certains de ses électeurs, le dirigeant souhaiterait désormais mettre davantage l’accent sur l’arrestation de criminels plutôt que sur des opérations spectaculaires générant du désordre dans les villes, à l’image de celle de Minneapolis.

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    Cette volonté de réajuster la politique migratoire est en partie portée par sa cheffe de cabinet, Susie Wiles, qui juge que la gestion actuelle de l’immigration a transformé un thème fort de la présidence en un sujet politiquement délicat à l’approche des élections de mi-mandat. Le “tsar” des frontières, Tom Homan, a également remplacé le chef du Bureau des douanes et de la protection des frontières des États-Unis (CBP), Greg Bovino, à Minneapolis. Considéré comme une voix relativement modérée sur ces sujets, ce dernier privilégie depuis son arrivée en poste des interventions plus classiques, ciblant en priorité des individus ayant commis des infractions, notamment ceux transférés par les prisons locales. Résultat : le rythme des arrestations a légèrement diminué, passant à environ 1 200 par jour, contre plus de 1 500 lors des opérations intensives menées précédemment dans le Minnesota.

    Une coalition pro-déportation

    “Il n’y a aucun changement dans la politique de fond en matière d’immigration. La priorité du président Trump reste l’expulsion des étrangers en situation irrégulière qui représentent un danger pour les Américains”, a néanmoins soutenu la porte-parole de la Maison-Blanche, Abigail Jackson. Car les alliés les plus proches du président Donald Trump critiquent vertement ce qu’ils estiment être une volte-face. Une nouvelle coalition “pro-déportation”, regroupant des figures pro-Trump, des organisations et des experts favorables à une politique migratoire stricte, s’est ainsi constituée, ayant pour objectif de pousser l’exécutif à reprendre une politique d’expulsions massives visant tous les migrants expulsables.

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    Afin d’appuyer cette stratégie, le groupe s’appuie sur un sondage réalisé par McLaughlin & Associates, un institut proche de Trump, selon lequel une majorité d’électeurs soutient ce type de mesures et y verrait un levier électoral pour les républicains. Les résultats avancés indiquent qu’environ deux tiers des électeurs potentiels approuvent l’expulsion de toute personne entrée illégalement sur le territoire, et qu’une majorité soutient l’idée d’élargir les expulsions au-delà des seuls criminels, rapporte Politico. Dans cette perspective, cibler uniquement les criminels violents constitue pour cette coalition une erreur stratégique déjà tentée sous d’autres administrations, notamment celles de Barack Obama, et jugée inefficace. “Pour mobiliser leur électorat, les républicains doivent continuer à mettre en avant les promesses de Donald Trump, notamment celle des déportations massives”, a notamment déclaré Rosemary Jenks, cofondatrice d’un groupe conservateur spécialisé sur l’immigration, cité par le Wall Street Journal.

    Une politique trop sévère

    A l’inverse, d’autres sondages, sur lesquels s’appuient les partisans de la nouvelle stratégie, dessinent un tableau plus nuancé de l’opinion publique. Une enquête Washington Post/ABC News a notamment révélé que 58 % des personnes interrogées estiment désormais que Donald Trump va trop loin, contre 48 % quelques mois auparavant. Une part importante des Américains juge aussi les politiques actuelles trop sévères, et certains élus républicains, notamment parmi les Hispaniques, craignent que cette fermeté n’éloigne des électeurs qui avaient soutenu Donald Trump. Le président de la Chambre, Mike Johnson, a lui-même reconnu des “tensions” et évoqué un ajustement en cours.

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    Du côté des démocrates et des défenseurs des immigrés, le scepticisme demeure tout de même. Eux doutent d’un véritable changement tant que certaines figures clés restent influentes, comme Stephen Miller, l’un des architectes principaux de la ligne dure de l’administration Trump sur l’immigration.

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  • Xavier Giannoli, réalisateur des « Rayons et des ombres » : « Quand je sens que c’est dangereux, j’ai envie d’y aller »

    Xavier Giannoli, réalisateur des « Rayons et des ombres » : « Quand je sens que c’est dangereux, j’ai envie d’y aller »

    Après le succès d’Illusions perdues (991 000 entrées, sept Césars) en 2021, Xavier Giannoli revient avec un film encore plus ambitieux, une fresque historique de plus de trois heures dans les eaux méphitiques de la collaboration. Les Rayons et les ombres orchestre ainsi la sarabande grinçante de trois personnages réels, dégringolant vers l’indignité : l’actrice débutante Corinne Luchaire (Nastya Golubeva), son père, patron de presse, Jean Luchaire (Jean Dujardin), ayant tous deux audience auprès d’Otto Abetz (August Diehl), ambassadeur du IIIe Reich à Paris. Or, dans ce film tourbillonnant, tout est double et réversible : père et fille, corruption et innocence, conscience et aveuglement, information et cinéma… Si bien qu’on a tenu à éclaircir quelques points avec le réalisateur, rejoint à quelques encablures du rond-point des Champs-Elysées, dans les locaux de sa société de production, Curiosa Films.

    Lire le récit : Article réservé à nos abonnés Corinne Luchaire, l’étoile déchue de l’Occupation

    Comment avez-vous rencontré le destin de Corinne Luchaire ?

    Grâce à Jacques Fieschi [scénariste de ses trois derniers films, depuis L’Apparition, en 2018]. Un jour, nous parlons de Corinne Luchaire [1921-1950] et quelque chose s’accroche. Il y avait ce visage. Une photo, presque un choc amoureux. Et puis je découvre le vertige de cette histoire : la collaboration, son père, Jean Luchaire [1901-1946], tout un monde. Je n’avais pas envie d’investir ce sujet comme un historien – j’en serais incapable – mais comme un cinéaste. J’avais l’impression d’ouvrir la boîte noire d’une certaine France. Et en même temps, il y avait la peur. C’est souvent comme ça pour moi : quand je sens que c’est dangereux, que je ne sais pas comment faire, j’ai envie d’y aller.

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