Category: Politique

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  • Donald Trump prépare le désengagement américain au Moyen-Orient et met la pression sur l’Otan

    Donald Trump prépare le désengagement américain au Moyen-Orient et met la pression sur l’Otan

    Durant les premiers jours de la guerre, Donald Trump s’est bien gardé de mentionner l’Otan, préférant vanter la puissance de frappe autonome des Etats-Unis. Trois semaines plus tard, le ton du président américain a changé, raconte le Washington Post. Devant la hausse des prix du pétrole, il fait désormais pression sur ses alliés. Avec un but principal : leur déléguer la délicate sécurisation du détroit d’Ormuz.

    Réticences des Européens

    Seulement, après plus d’un an passé à critiquer ses alliés, accusés de ne pas suffisamment contribuer au financement de l’alliance transatlantique, et à menacer directement l’un d’entre eux – le Groenland, et par extension le Danemark -, la partie est loin d’être gagnée pour Donald Trump. Les dirigeants européens n’ont pas non plus oublié les droits de douane massifs infligés par le président américain, qui ont rendu leurs opinions publiques plus sceptiques que jamais vis-à-vis des Etats-Unis.

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    Bien qu’inquiets de la hausse des prix de l’énergie, la majorité des alliés restent ainsi prudents à l’idée de s’impliquer dans un conflit, dont la légalité reste encore à prouver. De quoi hérisser le président américain, dont la position s’est durcie cette semaine face au refus européen, allant jusqu’à qualifier l’Otan de “lâche”. “Je pense que l’Otan fait une très grave erreur, a-t-il d’abord déclaré mardi. Je me demande depuis longtemps si l’Otan serait vraiment là pour nous.”

    Pression sur les alliés de l’Otan

    Vendredi, Donald Trump a finalement laissé entendre que le conflit au Moyen-Orient pourrait bientôt devenir la responsabilité de ses alliés seuls. Il a fait savoir que les Etats-Unis envisageaient de “réduire” leurs efforts militaires en Iran, et n’a pas fait mystère de sa volonté de transférer les efforts vers ses alliés. “Le détroit d’Ormuz devra être surveillé et contrôlé, si nécessaire, par les autres nations qui l’utilisent — pas par les États-Unis !”, a-t-il écrit sur Truth Social. “Ce sera une opération militaire facile pour eux”, a-t-il affirmé.

    Ce revirement n’est pas surprenant. Depuis le début de la guerre, Donald Trump fait face à une résistance interne, accentuée par certaines conséquences du conflit qui affectent directement l’électorat américain : alors que Téhéran a presque complètement bloqué le détroit d’Ormuz, les prix de l’essence ont augmenté de 33 % au cours du dernier mois aux Etats-Unis, accroissant les divisions au sein même de son parti et faisant craindre une défaite des républicains à l’approche des élections de mi-mandat.

    Flou sur un déploiement de troupes

    Washington continue d’envoyer des signaux contradictoires. Si les Etats-Unis semblent vouloir préparer la fin de la guerre, comme le laissent à penser les derniers propos de Donald Trump, le Pentagone a élaboré plusieurs plans d’actions, dont l’un impliquant notamment le déploiement de plusieurs milliers de parachutistes de la 82e division aéroportée dans des zones clés en Iran, selon deux responsables informés du dossier cités par le Washington Post.

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    La Maison-Blanche minimise pour l’instant la possibilité d’un engagement direct de troupes au sol, mais ne l’exclut pas totalement. “Le rôle du Pentagone est de préparer différentes options pour le commandant en chef, a déclaré la porte-parole Karoline Leavitt. Cela ne signifie pas qu’une décision a été prise.” La semaine dernière, le Pentagone a également redirigé plusieurs milliers de Marines depuis le Pacifique vers le Moyen-Orient afin de “renforcer les forces disponibles”.

    Les pays du Golfe revoient leur stratégie sécuritaire

    Dans ce contexte flou, Washington a tenu à rassurer ses alliés arabes, visés par des représailles iraniennes depuis le début du conflit, en les assurant de travailler de pied ferme à garantir leur sécurité. Mais à en croire plusieurs experts, cités par le New York Times, cette guerre pourrait conduire les pays du Golfe à revoir leur stratégie sécuritaire, afin d’être moins dépendants des Etats-Unis.

    Forcée de constater limites de la protection américaine ces dernières semaines, l’Arabie saoudite s’est d’ailleurs déjà tournée vers l’Ukraine, tandis que les Émirats arabes unis ont sollicité l’aide de la France et de l’Australie. Plusieurs gouvernements du Golfe ont également demandé à l’Italie de fournir des systèmes de défense antidrones et antiaériens. Un précédent qui pourrait redéfinir durablement les jeux d’alliance jusqu’alors à l’œuvre dans la région.

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  • EN DIRECT. Municipales : à Paris, la participation est de 14,6 % à midi, soit près du double qu’en 2020

    EN DIRECT. Municipales : à Paris, la participation est de 14,6 % à midi, soit près du double qu’en 2020

    Les bureaux de vote ont ouvert pour le second tour.

    12h

    A Paris, la participation est de 14,6 % à midi, soit près du double qu’en 2020 (8 % et quelques) et plus qu’en 2014 (11 % et quelques.

    A Paris, la participation est de 14,6 % à midi, soit près du double qu’en 2020 (8 % et quelques) et plus qu’en 2014 (11 % et quelques, selon le ministère de l’Intérieur.

    8h40

    A Marseille, un duel déguisé en triangulaire

    Le Rassemblement national est aux portes de la deuxième ville de France. Face à lui, le maire sortant Benoît Payan, légèrement devant le candidat RN Franck Allisio, revendique une stratégie d’indépendance totale vis-à-vis de LFI. Le candidat insoumis Sébastien Delogu s’est retiré pour éviter une victoire du RN, malgré de fortes tensions avec Benoît Payan.

    >>> Retrouvez notre récit de cette folle semaine d’entre-deux tours marseillais.

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    8h35

    A Paris, le retrait calculé de Sarah Knafo

    La candidate d’extrême droite a renoncé à déposer une liste pour le second tour pour consolider son avenir politique avec la droite.

    >>> Retrouvez notre analyse du scrutin parisien.

    8h30

    Les maires français sous-payés ? Voici combien gagnent leurs homologues en Europe

    Recrudescence des incivilités, perte de sens, démissions en cascade… La fonction de maire est de plus en plus complexe à exercer en France, où les salaires sont aussi bien plus bas que dans le reste de l’Europe.

    >>> Retrouvez notre comparateur.

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  • “Saison Méditerranée 2026” à Marseille : un laboratoire culturel sur les rives de la grande bleue

    “Saison Méditerranée 2026” à Marseille : un laboratoire culturel sur les rives de la grande bleue

    Au croisement de la culture et de la diplomatie, la Saison Méditerranée 2026 s’annonce inédite par son ampleur. Son lancement, annoncé il y a bientôt trois ans par Emmanuel Macron, est imminent. Du 15 au 24 mai, la cité phocéenne va devenir le point de départ d’une manifestation qui réunira artistes, intellectuels et acteurs de la société civile, issus des deux rives du bassin, avant de se déployer, cinq mois durant, à travers une soixantaine de villes en France autour d’une ambition : renforcer les liens entre les peuples. La saison se clôturera d’ailleurs au-delà des frontières tricolores avec des événements programmés, l’automne prochain, au Maroc, en Tunisie, en Egypte ou encore au Liban. Expositions, spectacles vivants, concerts, débats, rencontres littéraires… Au total, plusieurs centaines de rendez-vous sont attendus, tous coordonnés par l’Institut français, sous le commissariat général de la directrice artistique et metteuse en scène Julie Kretzschmar.

    Au-delà d’une simple vitrine culturelle à grande échelle, le projet se veut un laboratoire d’idées dans une région souvent marquée par les tensions politiques et les défis environnementaux. Julie Kretzschmar l’a ainsi construit comme un espace de dialogue et de coopération, avec des tables rondes et des forums publics autour de thématiques qui dépassent largement le champ artistique, comme les migrations, la transition écologique, l’urbanisme, la jeunesse méditerranéenne. En associant des chercheurs, des universitaires ou des acteurs économiques aux créateurs, la commissaire entend “penser la Méditerranée depuis une multitude de réalités et d’imaginaires singuliers”.

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    Multiplier les partenariats entre les institutions culturelles françaises et celles d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient, c’est aussi s’inscrire dans une stratégie hautement diplomatique pour renforcer les échanges existants et voir émerger des projets partagés sur le long terme. A Marseille, l’enjeu est aussi celui du rayonnement. Après avoir été Capitale européenne de la culture en 2013, la ville entend confirmer son statut de métropole culturelle ouverte sur la mer. Parmi les expositions qui marqueront le coup d’envoi de la saison, celle de la Friche Belle de mai va réunir des jeunes créateurs d’écoles d’art du pourtour méditerranéen pour signer l’aboutissement d’un programme de résidences et d’échanges internationaux. Et peut-être, au-delà des œuvres, esquisser un nouveau récit commun pour la Méditerranée.

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  • Wolf Haas, l’auteur de polars autrichien qui fait disjoncter

    Wolf Haas, l’auteur de polars autrichien qui fait disjoncter

    Franz Escher exerce le – rare – métier d’orateur funéraire, profession parmi laquelle il s’est fait nombre d’ennemis ayant commis un livre contant leurs magouilles. L’ouvrage fit un flop et, depuis sa publication, il peine à se faire recruter pour rédiger les oraisons de défunts, ses anciens collègues des pompes funèbres préférant le tenir à distance de leurs clients en cercueil. Désœuvré, le célibataire s’ennuie, regrettant d’avoir cessé de fumer dix-sept ans auparavant et refusant toute distraction amoureuse, quand bien même la candidate, une ancienne consœur de funérailles, apprécie comme lui d’assembler, à quatre pattes sur le tapis, les pièces d’un puzzle.

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    Passé ce morne prologue, l’intrigue de Court-circuit, nouveau récit de l’auteur autrichien Wolf Haas vrille furieusement, et le lecteur gagnera à être attentif aux premières lignes dont l’imbrication donne le tournis. Franz Escher a donc fait venir dans son appartement viennois un dépanneur pour réparer une prise défectueuse. Tandis que celui-ci farfouille dans le tableau électrique, il patiente au salon en lisant un livre sur Elio Russo, ancien mafioso devenu témoin protégé. Elio Russo attend en prison d’être exfiltré sous une nouvelle identité. Le juge d’instruction devrait dans quelques heures venir le chercher dans sa cellule et le conduire discrètement jusqu’à une gare, où il lui remettra un billet de train pour la Suisse et des faux papiers. Ensuite, le repenti se construira une vie nouvelle, en prenant garde de ne jamais laisser de traces, car ayant livré vingt-sept parrains de la mafia aux autorités judiciaires, il a de sérieuses raisons de redouter leur vengeance. D’autant qu’il ne les a pas uniquement tous balancés à la justice italienne, mais il a également réussi à mettre à l’abri leur magot. Et que cette dernière nuit avant son exfiltration est longue. Comme Russo est convaincu que Sven, le détenu junkie avec lequel il partage une cellule, pourrait être payé pour l’éliminer, il s’empêche de fermer l’œil et se met lui aussi à lire sur sa couchette. A lire un livre racontant l’histoire… de Franz Escher, orateur funéraire demeurant à Vienne en Autriche, célibataire maniaque et fou de puzzles, qui attend qu’un électricien dépanne son disjoncteur général.

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    Entremêlées dans un dédale jouissif, voici les deux histoires, apparemment sans lien, rebondissant au service d’une intrigue maîtrisée de bout en bout. Construction époustouflante, et auteur joueur car Wolf Haas a glissé dans le récit la source de son inspiration : la lithographie Mains dessinant, réalisée en 1948 par l’artiste néerlandais Maurits Cornelis Escher, célèbre pour ses illusions optiques, et ses combinaisons de motifs en trois dimensions. Son tableau représente une feuille de papier sur laquelle chaque main dessine l’autre main selon un cercle infini. La construction de Court-circuit réplique le procédé illustré ; chaque personnage lit la vie de l’autre personnage et réciproquement. Afin que le lecteur ne manque pas l’hommage à ce drôle de dessin, l’auteur a donné le nom de l’illustrateur néerlandais à l’orateur funéraire fou de puzzles et attendant que sa prise électrique soit réparée. Comme la main dessine l’autre, Franz Escher lit l’histoire d’Elio Russo qui lit l’histoire de Franz Escher, jeu de miroirs et feu d’artifice jusqu’au court-circuit final.

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  • L’Iran affirme que le détroit d’Ormuz est ouvert à tous les navires, à l’exception de ceux liés à l’ennemi

    L’Iran affirme que le détroit d’Ormuz est ouvert à tous les navires, à l’exception de ceux liés à l’ennemi

    Le président Donald Trump a encore durci son discours à l’égard de l’Iran samedi soir, menaçant de cibler les infrastructures électriques du pays si Téhéran refusait de rouvrir le détroit d’Ormuz. Dans le même temps, les autorités iraniennes ont affiché leur détermination à ne pas céder et ont poursuivi leurs offensives en lançant une nouvelle vague d’attaques contre Israël.

    LIRE AUSSI : Des Marines pour débloquer le détroit d’Ormuz ? L’analyse percutante du vice-amiral John W. Miller

    Samedi soir, des missiles iraniens ont réussi à percer le système de défense aérienne israélien, pourtant réputé très performant, atteignant Dimona ainsi que la ville proche d’Arad. Les frappes ont causé des destructions matérielles et fait des dizaines de blessés, illustrant la capacité persistante de Téhéran à infliger des dommages malgré trois semaines de bombardements intensifs menés par les États-Unis et Israël

    7h50

    L’Iran affirme que le détroit d’Ormuz est ouvert à tous les navires, à l’exception de ceux liés à l’ennemi

    Le détroit d’Ormuz reste ouvert à toute navigation, à l’exception des navires liés aux “ennemis de l’Iran”, a déclaré dimanche le représentant iranien auprès de l’agence maritime de l’ONU, après que le président américain Donald Trump a menacé de cibler les centrales électriques iraniennes si la voie navigable n’était pas “pleinement ouverte” dans les 48 heures.

    La menace d’attaques iraniennes pendant la guerre israélo-américaine contre l’Iran a empêché la plupart des navires de traverser l’étroit détroit, voie de passage pour environ un cinquième des approvisionnements mondiaux en pétrole et en gaz naturel liquéfié, menaçant de provoquer un choc énergétique mondial.

    LIRE AUSSI : Pétrole : “Chaque escalade au Moyen-Orient enrichit Moscou”

    Ali Mousavi a déclaré que Téhéran était prêt à coopérer avec l’Organisation maritime internationale pour améliorer la sécurité maritime et protéger les marins dans le Golfe, ajoutant que les navires non liés aux « ennemis de l’Iran » pourraient franchir le détroit en coordonnant les dispositifs de sécurité avec Téhéran.

    “La diplomatie demeure la priorité de l’Iran. Toutefois, une cessation complète de l’agression ainsi que la confiance mutuelle sont plus importantes”, a déclaré Mousavi, ajoutant que les attaques israéliennes et américaines contre l’Iran étaient à l’origine de la situation actuelle dans le détroit d’Ormuz.

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  • Pétrole : “Chaque escalade au Moyen-Orient enrichit Moscou”

    Pétrole : “Chaque escalade au Moyen-Orient enrichit Moscou”

    La guerre au Moyen-Orient conduira à des changements majeurs, à commencer sans doute par une accélération de la transition énergétique. Mais à plus court terme, le directeur de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) Fatih Barol alerte sur “la plus grande menace de l’histoire pour la sécurité énergétique mondiale”, suite aux frappes militaires de part et d’autre du détroit d’Ormuz. “La remise en état pour le pétrole et le gaz prendra beaucoup de temps. Il faudra six mois pour que certains sites soient opérationnels, et beaucoup plus longtemps pour d’autres”, prévient-il. De quoi alimenter les tensions sur le prix des hydrocarbures jusqu’à la fin de l’année ? A ce stade, toute prévision – même à trois mois – sur leur évolution semble vaine. Cependant, nous entrons durablement dans une période où la fourchette de prix du brut sera plus élevée, prévient l’économiste Michel Santi. Une bénédiction pour la Russie qui ne demande qu’à se refaire une santé.

    L’Express : La situation s’emballe au Moyen-Orient. Jusqu’où les cours du pétrole peuvent-ils grimper ?

    M.S. À court terme, nul ne le sait. Le baril de Brent a atteint 119 dollars cette semaine avant de retomber vers 109 au gré d’un communiqué israélien sur la réouverture d’Ormuz. Dix dollars de variation en quelques heures. Compte tenu des incertitudes liées au comportement des belligérants, prédire le baril à trois mois relève de l’astrologie. En revanche, nous avons sans doute changé de système de manière durable. L’ancienne fourchette de prix – 60 à 100 dollars – n’est plus adaptée. Elle correspondait à un monde ancien où deux mécanismes de régulation fonctionnaient : quand les prix montaient, l’offre suivait et la demande diminuait. Ces deux mécanismes sont désarmés simultanément.

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  • Victor D. Cha : “La Chine est beaucoup plus dépendante du commerce international qu’on ne le croit”

    Victor D. Cha : “La Chine est beaucoup plus dépendante du commerce international qu’on ne le croit”

    La guerre commerciale lancée par Donald Trump a monopolisé, ces derniers mois, l’attention du débat public, reléguant au second plan un autre acteur aux pratiques commerciales bien plus agressives : la Chine, comme le montrent Victor D. Cha, Ellen Kim et Andy Lim dans le passionnant China’s Weaponization of Trade, Resistance Through Collective Resilience (Columbia University Press, non traduit). Le trio de chercheurs s’est appuyé sur un ensemble de données inédites qui illustrent comment Pékin n’a eu de cesse d’instrumentaliser le commerce international à des fins politiques, entre 1997 et 2025.

    Et pourtant, “la Chine est beaucoup plus dépendante de ses partenaires commerciaux qu’on ne le croit”, assure Victor D. Cha. Ce professeur à l’université de Georgetown y voit une opportunité pour les pays attachés à l’ordre libéral international : mettre en place une stratégie de “résilience collective” afin de dissuader Pékin de recourir à de futurs comportements prédateurs. Entretien.

    L’Express : Dans votre livre, vous montrez comment la Chine utilise le commerce à des fins politiques. Vous qualifiez ces méthodes de “coercition économique”. Qu’entendez-vous par là ?

    Victor D. Cha : Pour la majorité des économistes, les échanges commerciaux entre pays sont perçus comme étant mutuellement bénéfiques. C’est un jeu à somme positive où tout le monde gagne, mais où chacun devient dépendant de l’autre. Ces cinquante dernières années, cette interdépendance était vue comme une manière positive d’organiser les relations entre les États. Mais sous l’impulsion de la Chine, nous sommes entrés dans une ère où les pays ont de plus en plus tendance à instrumentaliser le commerce à des fins politiques. Cette utilisation du commerce comme une arme se différencie du protectionnisme classique, qui consiste à imposer des droits de douane pour protéger des producteurs nationaux, et qui est une pratique ancienne encadrée par l’Organisation mondiale du commerce (OMC). La coercition économique relève d’une tout autre logique. Elle consiste, pour un pays, à utiliser des droits de douane, des barrières non tarifaires ou n’importe quel autre levier pour sanctionner un partenaire et infléchir ses choix politiques. L’objectif n’est pas de protéger son marché intérieur, mais de peser sur les décisions souveraines d’un autre État. Et la Chine a particulièrement recours à ce genre de pratique.

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  • Emily Shuckburgh : “Nous voulons faire du Royaume-Uni une superpuissance en énergie propre”

    Emily Shuckburgh : “Nous voulons faire du Royaume-Uni une superpuissance en énergie propre”

    Emily Shuckburgh est une climatologue de renommée mondiale. L’une de ces scientifiques qui avertissent inlassablement, depuis des décennies, des dangers d’une planète qui se réchauffe. Après avoir passé dix ans au British Antarctic Survey, où elle s’est consacrée à la recherche sur les océans polaires, et co-écrit The Ladybird Book on Climate Change avec le Roi Charles III et l’ornithologue Tony Juniper, elle dirige depuis 2019 Cambridge Zero, la grande initiative de l’université éponyme en matière de changement climatique.

    En octobre dernier, Emily Shuckburgh a été nommée conseillère scientifique en chef au sein du ministère de la Sécurité énergétique britannique. Une mission d’importance, alors que tous les pays cherchent la solution pour diminuer leur vulnérabilité face aux chocs géopolitiques – la guerre au Moyen-Orient étant le dernier en date. De passage à Paris, elle a reçu L’Express et réaffirmé l’ambition du Royaume-Uni “de devenir une superpuissance en énergie propre”. Elle a aussi souligné les grandes opportunités de coopération entre Londres et Paris : “En quelques centaines de kilomètres, nous voyons émerger un véritable écosystème d’innovations dans les technologies climatiques.”

    L’Express : Comment les tensions actuelles au Moyen-Orient redéfinissent-elles les priorités en matière de sécurité énergétique ?

    Emily Shuckburgh : Elles ne font que renforcer le besoin de considérer notre sécurité énergétique comme une composante essentielle de notre agenda politique. L’importance de la transition vers le Net Zero en est confortée, avec la recherche d’une énergie produite localement grâce aux renouvelables et, dans une certaine mesure, au nucléaire.

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  • Langue française : les moines copistes utilisaient déjà les SMS !

    Langue française : les moines copistes utilisaient déjà les SMS !

    Bjr pour “bonjour”, tkt pour “t’inquiète”, a2m1 pour “à demain”… Dans les textos comme sur les réseaux sociaux, les abréviations fleurissent à qui mieux mieux, et certains le déplorent. Force est pourtant de le constater : ce procédé n’a rien de nouveau. Les moines copistes y recouraient déjà au Moyen Age !

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    Eh oui. A l’époque, mlt signifiait “moult” et chlr, “chevalier”, comme le rappelle Gabriella Parussa dans Ecrire le français (Actes Sud). Les religieux n’hésitaient pas non plus à réduire un terme à sa prononciation la plus élémentaire (l pour “elle”) ni à utiliser des chiffres (mat1 pour “matin” ou 2 au lieu de “d’eux”). Plus subtil : le 9 symbolisait en latin médiéval la syllabe cum (avec) car, graphiquement, le c suivi d’un m ressemblait à ce chiffre. De là “9me” pour “comme” ou “9ris” pour commentatoris.

    Et c’est logique. Imaginez que vous ayez à reproduire un long texte sur un matériau rare et coûteux, a fortiori dans un monastère humide et mal chauffé (la CGT était assez mal implantée dans les abbayes). Je vous fiche ma plume d’oie que vous chercheriez immanquablement à gagner du temps et de la place !

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    Conclusion ? Gabriella Parussa est formelle. Il ne faut pas voir dans nos divers raccourcis et émojis contemporains une quelconque déformation de la langue, mais un code inventif qui n’est au fond rien d’autre qu’un retour à la tradition médiévale. Car je n’irais pas jusqu’à dire que les moines copistes écrivaient des textos, mais c’est tout 9.

    L’amoureux du français et des langues de France prend sa retraite et vous dit au revoir, adishatz, kenavo, agur ! Il continue toutefois son infolettre “Sur le bout des langues”.

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  • Un week-end à Marseille : les (bonnes) mères s’exposent au Mucem

    Un week-end à Marseille : les (bonnes) mères s’exposent au Mucem

    Quel sens prend la maternité quand elle se vit sous les auspices de Notre-Dame-de-la-Garde, cette Bonne Mère qui aimante les pèlerins depuis le XIIIe siècle, et plus largement dans le bassin méditerranéen ? A Marseille, le Mucem explore un sujet aussi intime qu’universel, qui trouve dans ces territoires ouverts sur la mer une expression plus prégnante qu’ailleurs : “En Méditerranée, la mère occupe une place centrale dans la vie quotidienne, mais cette ‘reine mère de la sphère domestique’ a paradoxalement peu de voix sur la place publique. Les artistes du Sud invoquent par ailleurs la maternité comme une matrice de création, quand elle est au contraire parfois vue comme un empêchement plus au Nord”, avance Caroline Chenu, chargée de recherche au musée et co-commissaire de l’exposition Bonnes mères avec Anne-Cécile Mailfert, présidente de la Fondation des Femmes. Ici, il s’agit donc moins de célébrer la figure maternelle que d’interroger, sur quatre millénaires, les visions plurielles d’un statut souvent idéalisé dans les sociétés méditerranéennes, entre mythes, enjeux sociaux et sujet artistique.

    Pour nourrir un propos à la fois dense et complexe, près de 400 pièces, issues des réserves du Mucem ou de collections internationales, jalonnent un parcours immersif qui s’ouvre sur les représentations mythiques et symboliques de la maternité, des déesses mères de l’Antiquité à l’iconographie religieuse, en passant par les icônes politiques, patriotiques ou artistiques. Une madone à la grenade provenant de l’atelier de Boticelli, une sculpture aux formes généreuses de Louise Bourgeois ou une Vierge à l’enfant de Pierre et Gilles datée de 2009 s’y côtoient, repensant les images d’une “mère fantasmée” pour révéler la diversité des archétypes maternels qui ont façonné les imaginaires collectifs.

    Pierre et Gilles, “La Vierge à l’enfant, Hafsia Herzi et Loric”, 2009.

    / © Pierre et Gilles

    Les commissaires entrent ensuite de plain-pied dans les réalités du bouleversement induit par la maternité, “qu’elle soit vécue, empêchée ou refusée”, en évoquant ce qui est souvent invisible ou tu : les corps, les luttes, les tabous, les expériences qui accompagnent la vie des femmes et que l’iconographie méditerranéenne n’aborde qu’avec pudeur. Grossesse, allaitement, deuil périnatal, avortement, folie, infanticide ou PMA sont ainsi abordés – jusqu’à frôler l’inventaire -, parfois sous l’angle des rituels propres à la Méditerranée comme le bain dans l’espace public. Plus surprenantes, des broderies réalisées par une ancienne gynécologue marseillaise s’exposent dans un cabinet de curiosités dédié aux menstruations.

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