Category: Politique

Suivez l’actualité politique en France et à l’étranger : élections, débats et analyses sur News 24.

  • EN DIRECT, mort de Lionel Jospin : un hommage national sera rendu à Lionel Jospin jeudi

    EN DIRECT, mort de Lionel Jospin : un hommage national sera rendu à Lionel Jospin jeudi

    Quelques-unes des mesures progressistes du gouvernement de Lionel Jospin

    En cinq ans de gouvernement Jospin, de 1997 à 2002, 459 projets et propositions de loi ont été adoptés, ce qui a donné lieu, selon les statistiques de l’Assemblée nationale, à près de 4 614 heures de débats souvent passionnés entre élus de droite et de gauche – l’équivalent de 520 jours de séance.

    La réforme des 35 heures. Cette réforme, appelée loi Aubry, est une mesure de politique économique mise en place par le gouvernement de Lionel Jospin à partir de l’année 2000 et obligatoire pour toutes les entreprises à compter du 1er janvier 2002. Deux lois votées en 1998 et 2000 ont fixé la durée légale du temps de travail pour un salarié à temps plein à 35 heures par semaine, en moyenne annuelle, au lieu de 39 heures précédemment, en contrepartie d’une plus grande flexibilité des horaires.

    Le Pacte civil de solidarité (PACS). Proposé en 1990 sous le nom de contrat de partenariat civil, le Pacte civil de solidarité a été instauré en 1999 par l’article 515-1 du code civil. La bataille politique menant à son adoption, portée par le gouvernement de Lionel Jospin, aura été des plus âpres. Pendant plus d’un an, des propos ouvertement homophobes et des visions figées de la famille ont tendu le débat dans l’Hémicycle ainsi que dans l’espace public, lors de manifestations « anti-PACS ».

    La couverture maladie universelle (CMU). La loi du 27 juillet 1999, qui crée la CMU dite « de base » et la couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C), est entrée en vigueur le 1er janvier 2000. La CMU permet l’accès à l’assurance-maladie pour toute personne de nationalité française ou étrangère résidant en France depuis plus de trois mois de manière stable et régulière, avec ou sans domicile fixe et qui n’est pas déjà couverte par un régime de sécurité sociale. La CMU-C a été remplacée depuis 2019 par la complémentaire santé solidaire (C2S).

    La loi Kouchner sur les droits des malades. Reconnaître le malade comme acteur de sa santé, améliorer les relations entre médecins et patients…, telles sont quelques grandes réalisations de la loi votée – à la quasi-unanimité – le 4 mars 2002.

    L’allocation personnalisée d’autonomie (APA). L’APA est une mesure sociale en faveur des personnes âgées et dépendantes mise en place au début de 2002.

    La police de proximité. « La sécurité est un droit, l’insécurité est une inégalité sociale », estimait Lionel Jospin. Lionel Jospin avait défini trois priorités de son gouvernement : assurer une présence effective dans les quartiers et les lieux sensibles, améliorer l’efficacité de la réponse aux actes de délinquance, de l’infraction à l’exécution de la sanction, et préserver l’école de la violence et de la délinquance.

    La prime pour l’emploi. La prime pour l’emploi a été mise en place en 2001. C’était un complément de revenu versé aux personnes à faible salaire. En 2015, cette prime et le revenu de solidarité active (RSA) activité ont fusionné pour devenir la prime d’activité.

    Les emplois-jeunes. Sous le gouvernement Jospin, Martine Aubry crée le contrat de travail emploi-jeune : un contrat à durée déterminée de cinq ans, réservé aux moins de 26 ans. Bien qu’il concerne alors 380 000 jeunes, ce CDD est supprimé en 2002 par François Fillon, alors ministre des affaires sociales.

    La loi du 17 janvier 2002 de modernisation sociale. Cette loi est promulguée par le gouvernement Jospin concernant le droit du travail, la santé, le logement.

    Source link

  • Général de Courrèges : “Une nation sans souveraineté n’est plus invitée à la table”

    Général de Courrèges : “Une nation sans souveraineté n’est plus invitée à la table”

    La France aussi a son forum sur la défense et la géostratégie. Moins installé que la Conférence de Munich, et pour cause, il n’en est qu’à sa troisième édition, contre 62 pour son homologue allemand, le Paris Defence and Strategy Forum (PDSF), organisé en partenariat avec L’Express, est le rendez-vous qui monte de ceux qui s’intéressent à la géopolitique, aux questions militaires et à la stratégie.

    Du mardi 24 à ce jeudi 26 mars, de nombreux dirigeants internationaux se croiseront dans les amphithéâtres de l’Ecole militaire : on y attend la ministre des Armées, Catherine Vautrin, Fabien Mandon, le chef d’état-major des armées, plusieurs ministres européens, une partie de l’état-major danois, de hauts responsables allemands, l’amiral Dragone, président du comité militaire de l’Otan, Oleksandr Kamyshin, conseiller du président ukrainien Volodymyr Zelensky, et nombre de gradés du Vieux Continent.

    LIRE AUSSI : Détroit d’Ormuz : l’Iran a-t-il vraiment piégé la mer ? Les coulisses de la “guerre des mines”

    Dans cette perspective de remue-méninges européen, l’Académie de défense de l’École militaire (Academ) a souhaité mettre à l’honneur le Danemark, au cœur des convoitises de Donald Trump il y a quelques mois, et le concept de souveraineté. Le général Hervé de Courrèges, président de l’Academ et directeur de l’Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN) nous détaille sa vision de la souveraineté et sa nécessaire évolution pour répondre aux défis d’un monde où les guerres de haute intensité se multiplient.

    .

    Source link

  • Au Blanc-Mesnil, la victoire surprise de Demba Traoré face à « l’extrême droite » de Thierry Meignen

    Au Blanc-Mesnil, la victoire surprise de Demba Traoré face à « l’extrême droite » de Thierry Meignen

    Au Blanc-Mesnil, les klaxons et La Marseillaise ont rempli les rues dimanche 22 mars. Cette ville de 60 000 habitants de la Seine-Saint-Denis a administré un spectaculaire revers au pouvoir en place, porté par une coalition majoritairement citoyenne. Vers 21 h 30, une foule se dirige vers la mairie allumée dans la nuit, bien gardée par des policiers municipaux, en scandant « Demba ! Demba ! ». Du haut de l’hôtel de ville, le nouveau maire, Demba Traoré, 40 ans, salue la foule. Il est entouré de ses deux colistiers, le communiste et ancien maire Didier Mignot et l’entrepreneur centriste Mohamed Chérif. Un attelage inédit formé par trois listes fusionnées pour battre Thierry Meignen, sénateur Les Républicains proche de Sarah Knafo, ancien maire de la ville (2014-2021), resté alors aux commandes malgré son mandat parlementaire et sa vie partagée entre sa chambre du Blanc-Mesnil et son appartement du 16e arrondissement de Paris.

    Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Résultats des élections municipales 2026 au Blanc-Mesnil

    Demba Traoré, « un bon garçon », dixit Meignen, marié, né dans le quartier populaire des Tilleuls d’un père ouvrier et d’une mère au foyer venus du Sénégal, est ancien capitaine de l’équipe de football et acteur associatif de la ville, jusqu’alors manageur spécialiste de lutte contre le blanchiment chez BNP Paribas. Il a été propulsé, en deux petits mois, chef de file d’une liste citoyenne de centre gauche, sans parti, a supplanté l’opposition communiste au premier tour, puis s’est imposé comme le leader de la coalition avant de remporter l’élection avec 51,49 % des voix.

    A l'hôtel de ville, des habitants venus célébrer la victoire de Demba Traoré.
    Thierry Meignen, candidat battu, annonce les résultats et la victoire de Demba Traoré à l'hôtel de ville. Il déclare qu’il déposera un recours, puis disparaît très rapidement de la salle principale.
    A l'hôtel de ville, à l’annonce de la victoire de Demba Traoré.

    Vers 22 h 40, Thierry Meignen énonce les résultats sous l’œil de centaines de smartphones, ajoute qu’il formera un recours pour « irrégularités majeures » et quitte les lieux sous les huées, escorté par la police. « Au revoir ! », « Thierry prends tes affaires et rentre chez toi », entend-on dans l’assemblée. « Les “racailles” ont été propres, fair-play et ont gagné, se réjouit Demba Tall, 37 ans. Quand on ramène l’extrême droite d’Eric Zemmour au Blanc-Mesnil, on unit nos forces pour ne pas laisser ça à nos enfants et à nos parents. »

    Il vous reste 75.94% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

    Source link

  • Rodolphe Saadé : de Marseille à Paris, son empire très stratégique dans l’IA

    Rodolphe Saadé : de Marseille à Paris, son empire très stratégique dans l’IA

    Une vague géante. Trois fois plus haute que les autres. Depuis des siècles, ces “monstres” aquatiques peuplent les récits des marins. “On a longtemps cru à des légendes. Mais les technologies modernes prouvent que ce phénomène, appelé ‘vague scélérate’, existe bel et bien”, explique le commandant Emmanuel Delran, le directeur du centre de gestion de la flotte de CMA CGM. Scrutant un écran de la taille du mur, lui et ses collègues voient tout. Les 738 bateaux opérés par le groupe. Les phénomènes météo. Les alertes en temps réel. Une vigie high-tech qui guide les équipages de la compagnie. Ici, l’alerte Octopus signale non pas la présence d’un kraken mais celle d’un phénomène aussi dangereux : le roulis paramétrique. Il survient quand les vagues entrent en résonance avec le mouvement naturel d’un navire, chaque oscillation devenant plus violente que la précédente jusqu’à menacer sa stabilité. “Notre système permet de le détecter précocement et d’alerter l’équipage, qui effectue alors des manœuvres spécifiques afin de stopper ce cycle”, poursuit le commandant.

    Grâce à l’essor des constellations Internet basse orbite telles qu’Eutelsat ou Starlink, les bateaux reçoivent de plus en plus d’informations. Mais ils ne peuvent en traiter autant que des infrastructures terrestres. Le “Fleet Center” est perché au sommet de l’immense tour CMA CGM. Elle est légèrement moins haute que la Bonne Mère. Impensable de faire de l’ombre à Notre-Dame de la Garde, cette basilique marseillaise révérée par les marins. Devant les ordinateurs, la Méditerranée luit sous le soleil. A l’arrière, des serveurs croisent et analysent les flux de données. La mission principale du centre est d’établir un trajet qui protège l’équipage, le navire et les marchandises. Un cyclone menace de croiser la route du bateau ? Celle-ci est aussitôt recalculée. Puis optimisée, afin de réduire les émissions carbone. Le système analyse les courant porteurs. Et scanne les plannings des ports. Car un navire qui arrive trop tôt et ne trouve pas de place doit s’arrêter puis redémarrer, générant bien plus de CO2 qu’en modérant simplement sa vitesse.

    Après Bab-el-Mandeb, le détroit d’Ormuz

    Cette tour de contrôle constitue l’un des maillons d’un vaste écosystème technologique que le patron de CMA CGM, Rodolphe Saadé, bâtit patiemment. Et qui n’a rien d’une tocade. L’innovation métamorphose les marchés où l’armateur réalise 54,4 milliards de dollars de chiffre d’affaires annuel. La Chine l’a déjà compris. “À Shanghai, premier port mondial en volume, les terminaux sont désormais robotisés. Grues autonomes, véhicules sans conducteur et systèmes de chargement automatisés fonctionnent 24 heures sur 24”, souligne Adrien Thiébault, associé au cabinet Wavestone. Avec 10,6 % des parts de flotte mondiale, le chinois Cosco reste derrière le français CMA CGM (12,7 %), le danois Maersk (14,3 %) et le numéro un italo-suisse MSC (20,2 %). Mais le rival asiatique a plongé tête baissée dans le grand bain de l’IA. En 2025, il a dévoilé un grand modèle de langage (LLM) entraîné sur ses données internes.

    .

    Source link

  • La mort d’Umberto Bossi, « le Sénateur » à l’origine de la Ligue du Nord et pilier de l’alliance des droites italiennes

    La mort d’Umberto Bossi, « le Sénateur » à l’origine de la Ligue du Nord et pilier de l’alliance des droites italiennes

    C’est un rituel qu’il a suivi pendant des années, été comme hiver, tant que sa santé le lui a permis. Deux à trois fois par semaine, vers 20 heures, dans le centre de Rome, Umberto Bossi venait s’asseoir seul à la terrasse d’un café de la place Navone, face à la splendide fontaine des Quatre-Fleuves, bâtie par Bernin. Là il commandait un Coca-Cola, allumait un cigarillo – un toscan – et goûtait un moment de tranquillité, au milieu des touristes. Le risque d’être dérangé était négligeable : ici, personne ou presque n’était italien, alors qui pouvait bien le reconnaître ?

    Cette petite habitude aurait quelque chose de dérisoire si elle n’était, en même temps, comme le résumé de toute une vie. Entré en politique pour combattre l’influence corruptrice de « Roma ladrona » (« Rome la voleuse ») et conquérir l’autonomie du nord du pays, cette Padanie mythifiée qui n’avait, selon lui, rien de méridional, le vieil homme avait fini par se rendre, conquis imperceptiblement, au fil du temps, par la douceur de la vie romaine et la profondeur infinie de ses beautés.

    Fondateur de la Ligue du Nord, parlementaire pendant plus de trois décennies et plusieurs fois ministre, Umberto Bossi était un pilier de la « deuxième république » italienne, ce système politique né dans les années 1990 sur les décombres de la démocratie chrétienne. Il est mort, jeudi 19 mars, à l’hôpital de Varèse (Lombardie), à l’âge de 84 ans. Affaibli par plusieurs attaques et discrédité par les affaires, il n’exerçait plus, depuis son départ de la direction de la Ligue du Nord, en 2012, qu’un vague magistère symbolique sur le parti désormais dirigé par Matteo Salvini et rebaptisé la Ligue.

    Il vous reste 76.86% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

    Source link

  • Municipales : la percée de LFI était une perçounette, par Anne Rosencher

    Municipales : la percée de LFI était une perçounette, par Anne Rosencher

    D’emblée : je plaide coupable. Vraiment. Sans coquetterie. Dimanche 15 mars, au soir du premier tour des municipales, j’ai écrit que si la stratégie délétère de Jean-Luc Mélenchon n’avait aucun destin national – ça, je le maintiens –, elle avait néanmoins été payante dans cette campagne, puisque LFI y avait fait une “percée”. Voilà. J’ai écrit trop vite. Les chiffres consolidés, publiés plus tard au compte-gouttes, dessinaient une réalité moins flatteuse, que le second tour a achevé de démontrer : la percée était une perçounette.

    Bien sûr, il ne pouvait y avoir qu’une hausse mécanique d’élus LFI par rapport aux municipales de 2020, durant lesquelles le mouvement de Jean-Luc Mélenchon n’avait présenté que très – très – peu de listes. Bien sûr, aussi, des conquêtes symboliques donnaient une impression de dynamique, comme l’accession des insoumis dès le premier tour à la mairie de Saint-Denis-Pierrefitte (Bally Bagayoko, élu avec 13 506 voix) ou l’arrivée en tête de David Guiraud à Roubaix (8 500 voix au premier tour). Mais dans toute la France, LFI n’a totalisé au premier tour que 650 000 voix : c’est-à-dire 2,7 % du poids électoral à l’échelle nationale, et 12,5 % en moyenne dans les villes investies par les insoumis, comme l’a calculé l’Institut Jean-Jaurès dans les jours qui ont suivi. Et le think tank de poursuivre dans sa note : “Finalement, LFI n’a obtenu qu’un maire au premier tour, contre 24 au RN et ses alliés, et environ 350 au PS et ses alliés.” Si bien que la victoire de Jean-Luc Mélenchon fut essentiellement de faire croire à sa victoire.

    LIRE AUSSI : Municipales : pourquoi il faut se méfier des leçons trop rapides pour la présidentielle

    Au cours de la semaine, j’ai repensé à un entretien qu’avait donné l’intellectuel et éditorialiste à L’Express Raymond Aron à France Culture, en 1971 : “Il m’est arrivé dans ma vie au moins deux ou trois fois de faire des commentaires à chaud sur un événement que je ne pouvais pas interpréter, disait-il : eh bien, j’ai dit des bêtises comme tout le monde ; mais j’en ai eu un sentiment d’humiliation beaucoup plus fort que la plupart des autres journalistes. Aujourd’hui, à la faveur de l’âge, je me refuse, tout simplement, à commenter un événement à propos duquel je ne possède pas le contexte suffisant.” Il faudrait toujours écouter Raymond Aron.

    .

    Source link

  • EN DIRECT, mort de Lionel Jospin : suivez les réactions à gauche et à droite après la disparition de l’ancien premier ministre

    EN DIRECT, mort de Lionel Jospin : suivez les réactions à gauche et à droite après la disparition de l’ancien premier ministre

    « J’assume pleinement la responsabilité de cet échec et j’en tire les conclusions en me retirant de la vie politique », annonçait Lionel Jospin le 21 avril 2002

    Dimanche 21 avril 2002. Lionel Jospin, livide, s’exprime devant une France tout aussi hébétée que lui. Tout juste éliminé dès le premier tour de l’élection présidentielle au profit de Jean-Marie Le Pen, il se retire de la vie politique et devient le visage de la désillusion de la gauche.

    Depuis des semaines, les sondages testent son futur duel avec le président de droite sortant Jacques Chirac. Le premier ministre socialiste parviendra-t-il à le déloger de l’Elysée ? Cette question n’est pas tranchée, mais sa présence au second tour est acquise aux yeux de tous.

    Quelques jours avant le 21 avril, Lionel Jospin est questionné par un journaliste de télévision qui lui demande, juste comme ça, d’imaginer « une minute » qu’il ne passe pas au deuxième tour : pour qui voterait-il alors ? Le socialiste est pris d’un grand éclat de rire. « J’ai une imagination normale, mais tempérée par la raison quand même », dit-il, « ça me paraît assez peu vraisemblable hein, donc on peut passer à la question suivante ».

    Les dernières enquêtes d’opinion rapportent certes une montée de Jean-Marie Le Pen, le patron du Front national. Des médias soulignent que l’outsider commence à rêver du second tour, fort de la « banalisation » de l’extrême droite. Mais la marche paraît très haute. Depuis 1969, la gauche participe toujours au second tour de l’élection présidentielle.

    A moins d’une heure de l’annonce des résultats, les premières estimations donnent le Front national deuxième. A la télévision, des présentateurs fébriles conseillent aux téléspectateurs de se préparer à une « surprise ». A 20 heures, l’annonce des résultats sonne la France. Jacques Chirac affrontera Jean-Marie Le Pen.

    Il faut attendre 22 h 30 pour que le candidat malheureux prenne la parole. « Le résultat du premier tour de l’élection présidentielle, qui vient de tomber, est comme un coup de tonnerre », dit Lionel Jospin, estimant que l’extrême droite au second tour « est un signe très inquiétant pour la France et pour notre démocratie ». « Au-delà de la démagogie de la droite et de la dispersion de la gauche, qui ont rendu possible cette situation, j’assume pleinement la responsabilité de cet échec et j’en tire les conclusions en me retirant de la vie politique », annonce le candidat, visiblement ému.

    Son discours met fin à trente ans d’une carrière tournée toute entière vers le pouvoir. Mais le séisme du 21 avril le dépasse largement. L’extrême droite au second tour est désormais une réelle possibilité, une leçon formatrice pour le Front national, qui deviendra plus tard Rassemblement national.

    Source link

  • Mort de Lionel Jospin : son vrai legs inattendu à la politique française

    Mort de Lionel Jospin : son vrai legs inattendu à la politique française

    Lionel Jospin, mort ce dimanche 22 mars à 88 ans, fut un vrai homme de gauche, il venait même de plus loin encore, trotskiste dans sa jeunesse. Le si courant procès de droitisation ne lui fut point intenté. Mais l’un de ses legs majeurs lui vaut aujourd’hui encore d’être critiqué par son camp. Est-ce ainsi que l’on s’élève, au-dessus des siens et au nom des institutions ?

    A cette époque, il est Premier ministre, arrivé au pouvoir après une dissolution abracadabrantesque de Jacques Chirac. Lionel Jospin se croit en position de force à l’approche de l’élection présidentielle de 2002. Il a réussi, contre la volonté initiale du président et avec la complicité de Valéry Giscard d’Estaing, à imposer le quinquennat. Un référendum a validé le projet. Ce mandat présidentiel de cinq ans peut être contesté, de fait il modifie les équilibres.

    LIRE AUSSI : Mort de Lionel Jospin, son premier portrait dans L’Express : “Un homme tendre qui ne sait pas sourire sur commande”

    Mais là n’est pas le legs qu’il laisse au pays au risque de heurter son propre camp. Le 26 novembre 2000, à Grenoble, le chef du gouvernement intervient devant ses troupes socialistes, lors d’un congrès du parti. “Ce qu’il nous faut souhaiter, c’est que le printemps 2002, celui des grands rendez-vous démocratiques dans lesquels le peuple s’exprime et tranche, ne soit pas un printemps de la confusion et des choix de convenance, mais un printemps de la clarté. La portée de chaque élection dans notre vie nationale doit être respectée et le déroulement des deux doit pouvoir se faire de façon ordonnée et digne. C’est pourquoi le débat qui s’engage est légitime et doit conduire les uns et les autres, y compris nous-mêmes, à se déterminer le moment venu. Par cette attitude de vérité, nous contribuons, je l’espère, à la réhabilitation du politique.”

    .

    Source link

  • Start-up : EU Inc, le 28e régime qui en cache vingt-sept ?

    Start-up : EU Inc, le 28e régime qui en cache vingt-sept ?

    Va-t-il mettre fin à l’hémorragie ? Depuis quelques années, l’Europe planche sur un “28e régime”. Un statut continental qui permettrait à ses entreprises d’attaquer le marché unique plus facilement. Primo, pour éviter que les meilleures pépites filent vers les Etats-Unis. Deuzio, afin qu’elles s’épargnent des millions d’euros de frais de conformité pour naviguer d’un des 27 pays vers les autres. Dégradant, une fois de plus, leur compétitivité face à leurs rivales américaines ou chinoises.

    Dopé par les alertes de Mario Draghi ou d’Enrico Letta, ce serpent de mer a enfin trouvé la surface : EU Inc est né la semaine dernière. Il obtient le nom de ses principaux promoteurs : un vaste mouvement rassemblant des start-ups comme Lovable, Stripe, Revolut, DeepL ou en France Blablacar, ainsi que leurs lobbys nationaux. Il récupère, aussi, une partie de leurs aspirations : création rapide (48 heures) pour une centaine d’euros maximum, en ligne, sans capital minimum, avec une procédure d’insolvabilité simplifiée ou encore des stock-options taxées uniquement à la vente.

    LIRE AUSSI : Un statut européen pour les entreprises : cette mini-révolution qui vient

    Mais pas toutes. Le mouvement à l’origine de EU Inc s’en est ému avant même l’opération de communication de la Commission européenne, en milieu de semaine dernière. La proposition “échoue à atteindre son objectif principal : créer une véritable norme unique à travers l’Europe qui garantisse une sécurité juridique à nos start-up”, commentait-il. Le maillon faible : l’inexistence d’une cour de justice permettant de traiter les litiges survenus avec une EU Inc. C’est le point fort de la société la plus connue au monde, celle du petit Etat du Delaware, aux Etats-Unis. EU Inc n’est toujours pas un vrai 28e régime. Il s’appuie encore sur 27 systèmes nationaux, 27 cultures juridiques et, dans la pratique, 27 versions possibles”, a critiqué jeudi Lucien Burm, président d’une association de start-up néerlandaises, sur le réseau social LinkedIn.

    Le spectre du flop de 2004

    Cet argument n’est pas à prendre à la légère : une meilleure harmonisation juridique a tendance à rassurer les capitaux-risqueurs, qui placent alors plus d’argent sur la table. Il s’agit d’une des limites du développement des start-up en Europe, notamment quand elles touchent aux innovations gourmandes en capital, comme l’intelligence artificielle, les semi-conducteurs et le matériel (hardware) de manière générale. D’ailleurs, au-delà du 28e régime réglementaire, les patrons de start-up régulièrement interrogés par L’Express rêvent d’un marché de capitaux unifié, ou d’une commande publique européenne plus dynamique. Le nerf de la guerre.

    LIRE AUSSI : Mario Draghi, l’homme que nous devrions écouter : dans la fabrique d’un “super pompier” européen

    EU Inc avance malgré tout dans le bon sens, et pourrait être peaufiné, la proposition étant transmise au Parlement pour une adoption définitive espérée en fin d’année. L’économiste espagnol Luis Garicano, professeur à la London School of Economics, plaide pour un meilleur ciblage des jeunes entreprises indépendantes, non cotées, à vocation transfrontalière. D’une part car EU Inc pourrait alors être plus ambitieux : “Création d’un vrai registre européen, de documents standardisés pour le capital-risque, des classes d’actions uniformes et un guichet unique pour la TVA…” liste-t-il dans sa newsletter Silicon Continent. Pourquoi pas plus encore. L’objectif : éviter l’effet coquille vide ou “boîte aux lettres” donnant lieu à de l’évasion fiscale ou du dumping social. Des craintes actuellement dénoncées par les syndicats de travailleurs, et qui est un casse-tête pour Bruxelles. “Un 28e régime ouvert à toutes les entreprises est la certitude que chaque Etat membre craindra la cannibalisation de son propre ordre juridique et social et s’efforcera de tuer les éléments importants du texte”, remarque Garicano. Le spectre du flop, à l’instar de la Société européenne (Societas Europaea), lancée en 2004, est l’autre scénario redouté. Car l’Europe, dans le contexte actuel, ne peut plus se le permettre.

    Source link

  • Bugs, pannes, données détruites : le grand flou pour s’assurer contre les erreurs de l’IA

    Bugs, pannes, données détruites : le grand flou pour s’assurer contre les erreurs de l’IA

    En décembre 2025, des ingénieurs d’Amazon confient à Kiro, leur assistant de code maison lancé quelques mois plus tôt, une mission banale de correction de bug mineur dans AWS Cost Explorer. Kiro dispose des mêmes droits d’accès qu’un développeur humain de niveau opérateur. Il prend une décision que nul humain n’aurait prise : supprimer l’environnement de production entier et le reconstruire à partir de zéro. Treize heures de panne s’ensuivent en Asie. La réponse officielle d’Amazon à la presse est sans ambiguïté : l’erreur provient d’un utilisateur du fait d’une mauvaise configuration des droits d’accès, ce n’est pas la faute de l’IA. Cette position reflète la doctrine que les fournisseurs d’agents autonomes inscrivent dans leurs contrats.

    Le cas Amazon n’est pas isolé. Jason Lemkin, fondateur de la conférence SaaStr, a documenté comment son assistant de code Replit a supprimé sa base de données de production en juillet 2025, malgré des instructions explicites de ne pas y toucher. L’agent a ensuite reconnu une erreur de jugement catastrophique. La profusion de ces incidents dessine un schéma appelé à se reproduire. Un agent doté de permissions larges et d’un objectif mal cadré produit des dégâts que personne n’avait autorisés.

    La question du “Qui paie ?” est tranchée contractuellement avant même que le dommage survienne, et elle l’est systématiquement en défaveur de l’entreprise qui a déployé l’outil. Les conditions d’utilisation d’OpenAI plafonnent la responsabilité du fournisseur au montant payé au cours des douze mois précédant l’incident ou à 100 dollars pour un usage individuel. Anthropic pousse cette logique encore plus loin : le client s’engage à l’indemniser pour toute réclamation liée à ses services, sans plafond sur cette obligation. Une étude récente de la Stanford Law School portant sur les contrats des principaux fournisseurs d’IA établit que 88 % d’entre eux minorent leur propre responsabilité, contre 81 % pour les fournisseurs de logiciels. La patate chaude descend en cascade du fournisseur de modèle fondamental jusqu’à l’utilisateur final.

    .

    Source link