Category: Politique

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  • L’abstention de la France à l’ONU lors du vote d’une résolution sur l’esclavage indigne des élus d’outre-mer

    L’abstention de la France à l’ONU lors du vote d’une résolution sur l’esclavage indigne des élus d’outre-mer

    Plusieurs parlementaires de Guadeloupe, Martinique et Guyane ont critiqué, vendredi 27 mars, l’abstention de la France lors du vote aux Nations unies (ONU) d’une résolution reconnaissant l’esclavage et la traite transatlantique comme « le plus grave crime contre l’humanité ».

    Lire aussi | Article réservé à nos abonnés « Rempart contre l’oubli » ou « hiérarchie entre les atrocités » : l’ONU proclame l’esclavage « plus grave crime contre l’humanité »

    La France a envoyé « un signal profondément incompréhensible » en contradiction avec « son histoire législative », a dénoncé, dans un communiqué, Béatrice Bellay, députée (Parti socialiste) de Martinique, rappelant que la France avait été pourtant « le premier » pays à faire un pas vers cette reconnaissance, avec la loi Taubira du 21 mai 2001.

    Le texte adopté mercredi ne crée pas d’obligation juridique contraignante mais constitue « un acte politique et mémoriel majeur » qui permettra d’« ouvrir un dialogue international sur [les] conséquences durables » de l’esclavage, a de son côté estimé le député apparenté socialiste guadeloupéen Christian Baptiste, qualifiant de « recul » la position française.

    La France « a encore affaibli sa crédibilité auprès des peuples des dits outre-mer », a pour sa part fustigé son homologue martiniquais Marcellin Nadeau (GDR), dénonçant « un nouveau refus de reconnaissance pleine et entière » à l’égard des ultramarins.

    Dans une lettre ouverte à Emmanuel Macron jeudi, le sénateur guadeloupéen et ex-ministre des outre-mer Victorin Lurel avait déploré « une faute morale, historique, diplomatique et politique » contribuant à « ternir un peu plus » l’image de la France et à « fragiliser » les efforts de réconciliation mémorielle entre les pays occidentaux et leurs anciennes colonies.

    Lire aussi | Article réservé à nos abonnés John Dramani Mahama, président du Ghana : « La reconnaissance pleine et entière de l’histoire de l’esclavage est essentielle, pour l’humanité tout entière »

    Une résolution présentée par le Ghana

    Le Mouvement de décolonisation et d’émancipation sociale de Guyane, auquel appartient le député Jean-Victor Castor, a lui aussi dénoncé l’abstention de la France, ajoutant que « l’esclavage n’est pas seulement un crime du passé » car « ses conséquences structurent encore les inégalités actuelles ». Le parti a par ailleurs appelé l’ONU à « permettre à la Guyane de réintégrer la liste des territoires non autonomes et forcer la puissance administrante à accepter un plan de décolonisation ».

    Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Le Ghana veut que la traite des esclaves soit reconnue comme « le crime le plus grave de l’histoire de l’humanité » par l’ONU

    La résolution, soutenue par l’Union africaine et présentée par le Ghana, a été adoptée, mercredi, par 123 voix pour, 3 contre (Etats-Unis, Israël, Argentine) et 52 abstentions (dont le Royaume-Uni et les Etats membres de l’Union européenne). Elle déclare « la traite des Africains réduits en esclavage et l’esclavage racialisé des Africains » comme « les plus graves crimes contre l’humanité », condamnant cette « injustice la plus inhumaine et la plus persistante commise contre l’humanité ».

    Les opposants au texte l’accusent de mettre les crimes en « compétition ». Celui-ci « risque de mettre en concurrence des tragédies historiques qu’il n’y a pas lieu de comparer, sauf à le faire au détriment de la mémoire des victimes », a, par exemple, expliqué Sylvain Fournel, membre de la représentation française à l’ONU, tout en plaidant pour refuser « l’oubli et l’effacement ».

    Lire aussi | Article réservé à nos abonnés « L’esclavage a produit le système économique, politique et social de domination le plus absolu »

    Le Monde avec AFP

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  • Aux Etats-Unis, le shutdown du département de la sécurité intérieure se poursuit, menaçant les vacances de printemps des Américains

    Aux Etats-Unis, le shutdown du département de la sécurité intérieure se poursuit, menaçant les vacances de printemps des Américains

    Les images des interminables files dans les aéroports et l’imminence du sacro-saint spring break, les vacances de printemps aux Etats-Unis, n’auront pas réussi à amadouer les querelles partisanes au Congrès. Les élus ont échoué à trouver un terrain d’entente, vendredi 27 mars, pour mettre fin au shutdown – la mise à l’arrêt du département de la sécurité intérieure (Department of Homeland Security, DHS) faute de financement – en cours depuis le 13 février. Au désaccord habituel entre la majorité et l’opposition, s’est ajoutée une scission plus inattendue entre les républicains du Sénat et ceux de la Chambre des représentants.

    Le différend porte, à l’origine, sur les fonds alloués à l’ICE (Immigration and Customs Enforcement, la police de l’immigration et des douanes) et à la Border Patrol (la police aux frontières, une autre agence fédérale de l’immigration). Depuis la débâcle de l’opération anti-immigration cet hiver à Minneapolis (Minnesota), qui a conduit à la mort de deux citoyens américains, Renee Good et Alex Pretti, les démocrates refusent de voter le budget de l’ensemble du ministère de tutelle de ces agences, le DHS, tant que des mesures fortes ne sont pas prises pour contrôler le comportement des agents.

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  • Antisémitisme : l’université Paris-VIII appelée à plus de vigilance

    Antisémitisme : l’université Paris-VIII appelée à plus de vigilance

    Un ensemble de « neuf recommandations » devront être mises en œuvre « dans les plus brefs délais » par la direction de l’université Paris-VIII, a annoncé le ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche lors d’un déplacement dans l’établissement, à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), vendredi 27 mars. Saisie le 23 octobre 2025, l’inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche (IGESR) devait initialement rendre ses conclusions dans un délai de trois semaines. Il aura finalement fallu cinq mois avant que Philippe Baptiste s’en fasse l’écho, de façon assez elliptique.

    Une « commission des suites », composée des inspecteurs généraux qui ont conduit l’enquête, est désormais attachée à l’université, afin de garantir la mise en œuvre des recommandations. « Elle pourra pour cela mobiliser les services de l’Etat chaque fois qu’elle le jugera nécessaire et rendra compte directement au ministre de l’évolution de la situation », a précisé Philippe Baptiste, tout en soulignant que c’est la première fois qu’une telle instance est mise en place.

    Meeting anti-impérialiste

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  • EN DIRECT, guerre en Iran : nouvelles frappes israéliennes sur Téhéran ; un mort en Israël après des tirs de missiles depuis l’Iran

    EN DIRECT, guerre en Iran : nouvelles frappes israéliennes sur Téhéran ; un mort en Israël après des tirs de missiles depuis l’Iran

    Davantage de vols sont assurés au Moyen-Orient par rapport aux premiers jours de la guerre, mais moins de vols sont désormais programmés

    Le taux d’annulation des vols au Moyen-Orient a fortement décru depuis les premiers jours de la guerre, mais le nombre de trajets aériens prévus a baissé en parallèle, selon les données d’une société spécialisée, Cirium, publiées jeudi.

    Près de quatre semaines après l’attaque israélo-américaine contre l’Iran et les représailles de la République islamique contre les monarchies du Golfe, qui ont forcé ces dernières à fermer tout ou partie de leurs espaces aériens, 13 % des vols programmés vendredi ont été annulés au départ de la région, a précisé Cirium dans un communiqué.

    Ce taux d’annulation, qui avait dépassé 65 % aux premiers jours du conflit, a oscillé entre 17 % et 19 % depuis mardi, selon la même source. En revanche, les compagnies aériennes de la région ont dans le même temps réduit leurs programmes de vols. Alors qu’entre 3 500 et 3 800 décollages étaient prévus lors de la première semaine de la guerre, ils n’étaient plus que 2 500 en moyenne cette semaine.

    Depuis le début des hostilités, Gulf Air, la compagnie nationale de Bahreïn, et Kuwait Airways (Koweït) ont été les plus touchées, ayant dû annuler plus de 97 % de leurs vols. Parmi les grands transporteurs du Golfe, Qatar Airways a renoncé à 87 % de son programme, Etihad (Abou Dhabi) à 63 % et Emirates (Dubaï) à 40 %, toujours selon Cirium, experte des données du transport aérien.

    Les plateformes du Golfe ont bâti leur modèle économique sur les passagers en correspondance par long-courriers, bénéficiant de leur position au carrefour des liaisons vers et depuis les Amériques, l’Europe, l’Asie et l’Océanie. Avant la guerre, Dubaï était le deuxième aéroport mondial en nombre de passagers, tandis que Doha rivalisait en fréquentation avec Hongkong et Francfort.

    Sans visibilité sur un retour à la normale, certaines compagnies ont mis des avions à l’abri, comme Qatar Airways. L’aéroport de Teruel, dans l’est de l’Espagne, a révélé lundi avoir accueilli une vingtaine d’aéronefs issus du Moyen-Orient.

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  • Le Canada investit dans l’Arctique, devenu stratégique

    Le Canada investit dans l’Arctique, devenu stratégique

    A Cambridge Bay, hameau isolé de 1 900 âmes posé sur la côte sud de l’île Victoria, au Nunavut, un calme trompeur règne quelques jours après le départ, le 19 mars, d’une soixantaine de soldats canadiens engagés ces dernières semaines dans des exercices militaires : l’intérêt grandissant du Canada et du monde pour cette région historiquement délaissée divise les habitants.

    Comme chaque année, plusieurs centaines de membres des forces armées canadiennes participent à l’opération « Nanook » – « ours polaire », en inuktitut, la principale langue parlée par les Inuits du Canada –, une série d’exercices qui se poursuit jusqu’au 15 avril et vise à montrer leur aptitude à protéger l’Arctique canadien, une région grande comme sept fois la France, où vivent seulement 150 000 habitants.

    « On ne peut pas dire que nous accueillions avec enthousiasme la militarisation du Haut-Arctique. En même temps, nous sommes canadiens, et notre gouvernement doit protéger le territoire », estime James Eetoolook, 79 ans, président de la Kitikmeot Inuit Association (KIA), qui représente les Inuits de la région de Kitikmeot, à Cambridge Bay. Dans cette communauté, que seule une voie glacée permet, l’hiver, de relier à certaines localités voisines, et où l’approvisionnement dépend de la mer et des airs, les questions de souveraineté deviennent centrales, assure le septuagénaire.

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  • Une affaire de « deepfakes » pornographiques concernant l’acteur Christian Ulmen et son ex-femme secoue l’Allemagne

    Une affaire de « deepfakes » pornographiques concernant l’acteur Christian Ulmen et son ex-femme secoue l’Allemagne

    L’affaire chamboule l’Allemagne depuis près d’une semaine. Le parquet allemand a annoncé, vendredi 27 mars, avoir ouvert une enquête contre l’acteur et animateur de télévision Christian Ulmen, ex-mari de l’actrice Collien Fernandes. Cette dernière l’accuse d’avoir créé et diffusé des fausses vidéos pornographiques d’elle.

    L’hebdomadaire « Der Spiegel » avait dédié sa Une, samedi dernier, à Collien Fernandes, 44 ans. Elle y annonce avoir déposé plainte contre son ex-mari, qu’elle juge responsable du harcèlement en ligne qu’elle subit depuis plusieurs années et l’accuse de violences physiques.

    Cette annonce a relancé outre-rhin le débat sur la diffusion de vidéos générées par intelligence artificielle (ou deepfakes) à caractère sexuel et le harcèlement subi par les femmes sur les réseaux sociaux. Selon les médias allemands, ce dossier est le pendant numérique en Allemagne de l’affaire Gisèle Pélicot, devenue une figure mondiale de la lutte contre les violences sexuelles.

    Lire aussi | Article réservé à nos abonnés ​« Le policier a lâché un chiffre. Cinquante-trois hommes seraient venus chez nous pour me violer » : les extraits du livre de Gisèle Pelicot

    Des manifestations de soutien dans tout le pays

    Dans un communiqué, le parquet d’Itzehoe (nord) dit retenir un « soupçon initial » contre Christian Ulmen, 50 ans, à la lumière des éléments apportés par son ex-femme dans l’article du Spiegel. L’instance a rouvert l’enquête, classée en juin après la plainte de Mme Fernandes contre X déposée en 2024, faute d’indices permettant d’identifier l’auteur, selon le parquet. L’enquête sera désormais dirigée contre le mari.

    Le parquet a retenu l’accusation de harcèlement et étudie si d’autres infractions pourraient entrer en ligne de compte, ajoute le communiqué. Au terme de l’enquête, le parquet pourra soit classer l’affaire sans suite soit demander l’ouverture d’un procès au pénal.

    Depuis une semaine, des manifestations de soutien ont eu lieu dans toute l’Allemagne, notamment à Hambourg, jeudi, où l’actrice a prononcé un discours devant près de 20 000 personnes, selon les organisateurs. L’actrice a déposé plainte en Espagne, l’ancien lieu de résidence du couple de stars où la législation sur les violences faites aux femmes est particulièrement avancée.

    Lire aussi | Article réservé à nos abonnés « L’intelligence artificielle réinvente la domination masculine »

    Criminaliser la diffusion de deepfakes sexuels

    L’Allemagne espère combler ses « lacunes juridiques » avec une loi contre les violences numériques concertée cette semaine par le gouvernement, a assuré la ministre de la justice, Stefanie Hubig. Berlin veut criminaliser la création et la diffusion de deepfakes sexuels et contraindre les plateformes à supprimer les contenus et poursuivre les auteurs, en pleine offensive européenne sur la question.

    Le Parlement européen a approuvé, jeudi 26 mars, l’interdiction dans l’Union européenne (UE) des services d’intelligence artificielle (IA) permettant de « dénuder » des personnes sans leur consentement. Cela fait suite notamment à l’introduction il y a quelques mois d’une fonctionnalité dans Grok, l’assistant d’IA de l’homme d’affaires américain Elon Musk, qui permet aux utilisateurs de créer des montages hyperréalistes de femmes et d’enfants dénudés à partir de photos réelles. Cette affaire a soulevé un tollé dans de nombreux pays et entraîné l’ouverture d’une enquête de l’UE.

    Lire aussi | Article réservé à nos abonnés L’IA Grok propose désormais de payer pour dénuder les utilisateurs sur X, avec ou sans consentement

    Le Monde avec AFP

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  • Tiger Woods arrêté pour « conduite sous influence » après un accident de la route en Floride

    Tiger Woods arrêté pour « conduite sous influence » après un accident de la route en Floride

    La superstar du golf Tiger Woods, qui avait été gravement blessé dans un accident de voiture en 2021, a été arrêté à la suite d’un nouvel accident de la circulation, vendredi 27 mars, en Floride, selon les forces de l’ordre locales. Le golfeur de 50 ans n’a pas été blessé dans cet accident survenu à Jupiter Island, à environ 150 kilomètres au nord de Miami, pas plus que le conducteur de l’autre véhicule impliqué dans l’accident.

    « M. Woods présentait des signes d’altération de ses facultés » lorsque les officiers des services du shérif sont arrivés sur place, a déclaré le shérif du comté de Martin, John M. Budensiek, lors d’une conférence de presse. « Ils lui ont fait passer plusieurs tests. Il a expliqué les blessures et les interventions chirurgicales qu’il avait subies – nous en avons tenu compte –, mais ils ont tout de même procédé à des tests approfondis sur le bord de la route ; une fois le constat établi, il a été placé en état d’arrestation et conduit à la prison du comté de Martin », a-t-il ajouté.

    La chaîne locale WPTV, affiliée à NBC, a diffusé des images du lieu de l’accident montrant un véhicule SUV renversé sur le flanc. Selon M. Budensiek, l’accident a eu lieu alors que le golfeur tentait de doubler un camion à grande vitesse sur une route étroite.

    Coupable de conduite imprudente en 2017

    Le golfeur américain est en train d’essayer de revenir à la compétition après une rupture d’un tendon d’Achille en mars 2025 et une opération du dos en octobre. Ainsi, il n’excluait pas de disputer le Masters en avril. Ancien numéro 1 mondial, Tiger Woods n’a plus disputé de compétitions depuis juillet 2024.

    Le golfeur aux 15 victoires dans des tournois du Grand Chelem avait été sérieusement blessé à la jambe droite dans un accident de voiture en 2021 en Californie.

    Tiger Woods avait également été impliqué dans un accident de la route en 2017, dans lequel il avait été soupçonné de conduite en état d’ivresse. Il avait par la suite plaidé coupable de conduite imprudente et s’était vu infliger une amende de 250 dollars. Il avait également suivi un stage de sensibilisation.

    Le Monde avec AFP

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  • Emmanuel Grégoire à vélo : le pouvoir contre lui-même, par Julia de Funès

    Emmanuel Grégoire à vélo : le pouvoir contre lui-même, par Julia de Funès

    Le nouveau maire de Paris a inauguré son mandat par un tour de la capitale à vélo. Le geste fut immédiatement lisible : simplicité, proximité, sobriété. Certes, le pouvoir vertical et autoritaire n’est — heureusement — plus à l’ordre du jour. Mais que nous dit le vélo du pouvoir contemporain ? Car le vélo ne vaut pas ici pour lui-même : il vaut comme signe. Et tout l’enjeu est de comprendre ce que ce signe exprime — et surtout en l’espèce ce qu’il contredit pour tout homme politique.

    Le vélo incarne d’abord une forme d’égalité. Il donne à voir un élu ramené au niveau commun : pas de chauffeur, pas de voiture officielle, pas de signes distinctifs. Il suggère que gouverner consiste à être comme tout le monde, un individu parmi d’autres. Il installe une impression de normalité : un élu comparable à ceux qu’il gouverne. C’est louable et sympathique. Mais faux et démagogique, car le pouvoir ne peut être normal. Gouverner suppose une dissymétrie. L’homme de pouvoir à une responsabilité que les autres n’ont pas, celle de décider pour eux. L’égalitarisme que met en scène le vélo entre donc en contradiction — ou tente de compenser — la verticalité structurelle propre à tout pouvoir qui doit arbitrer puis trancher pour le plus grand nombre. Le paradoxe est frappant : le responsable politique à vélo veut apparaître comme tout le monde … précisément au moment où il ne l’est plus en devenant l’élu !

    LIRE AUSSI : “Les villes américaines se porteraient mieux avec Hidalgo ou Grégoire” : l’étonnant constat de l’urbaniste Richard Florida

    Le vélo suggère aussi la sobriété. La sobriété que met en scène le vélo ne dit pas seulement une manière de vivre plus écologique, elle suggère aussi une manière de vouloir moins. Elle installe l’idée qu’il faudrait réduire ses ambitions autant que ses moyens. Mais le pouvoir ne peut être le désir d’un homme qui veut moins. On n’accède pas au pouvoir en réduisant ses ambitions mais au contraire en les déployant au maximum, dans une volonté de puissance, de conquête et de grandeur. La sobriété des ambitions que met en scène le vélo entre là aussi en tension avec ce que requiert nécessairement tout désir de pouvoir : une ambition qui s’affirme, une énergie qui se déploie, une volonté qui s’impose. Le paradoxe est une fois encore manifeste : le politique à vélo affiche une sobriété et une apparente absence d’ambition, au moment même où il a poursuivi — et atteint — l’une des ambitions les plus puissantes qui soient, celle d’accéder au pouvoir.

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  • EN DIRECT, guerre en Ukraine : Washington évoque un redéploiement d’armes au Moyen-Orient, mais dément conditionner des garanties de sécurité à un retrait ukrainien du Donbass

    EN DIRECT, guerre en Ukraine : Washington évoque un redéploiement d’armes au Moyen-Orient, mais dément conditionner des garanties de sécurité à un retrait ukrainien du Donbass

    Jean-Noël Barrot regrette que Sergueï Lavrov ait « pu dérouler tranquillement sa propagande » sur France 2

    A l’issue d’une réunion du G7 près de Paris, le ministre des affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a commenté, vendredi, l’interview de Sergueï Lavrov diffusée au journal télévisé de France 2 :

    « Puisque M. Lavrov a pu dérouler tranquillement sa propagande hier soir sur une chaîne de télévision française, permettez-moi de lui porter la contradiction. Non, la Russie ne défend pas le droit international. Ni en Iran, ni en Ukraine, ni ailleurs. M. Lavrov, on ne défend pas le droit international en lançant une guerre d’agression. On ne défend pas le droit international en envahissant un pays voisin. On ne défend pas le droit international en niant la souveraineté d’une nation. Et le recours débridé à la force, en dehors de tout cadre juridique, n’est rien d’autre qu’une expression bestiale de brutalité.

    Non, la Russie n’épargne pas les civils. Et j’en veux pour preuve les charniers de Boutcha, les horreurs de Marioupol, les bombardements d’hôpitaux, de maternités ou d’écoles ukrainiennes. M. Lavrov, les enfants d’Ukraine que la Russie déporte dans des camps de redressement pour essayer d’effacer leur histoire et leur identité sont eux aussi des civils. Les faits sont là. Il s’agit de crimes de guerre documentés.

    Non, les Européens ne ferment pas les yeux quand cela les arrange. Notre positionnement est très clair. Partout où elles adviennent, la France dénonce et se mobilise contre les violations du droit international et du droit international humanitaire : en Ukraine, par la Russie ; en Israël, par le Hamas ; à Gaza, par Israël ; au Liban, par Israël ; en Israël, par le Hezbollah ; au Soudan, par les forces armées ; en Syrie et en Irak, par les bourreaux des yézidis ; en Iran, par le régime des mollahs. M. Lavrov, si vous cherchez des preuves d’hypocrisie, n’allez pas loin, elles se trouvent dans votre propre camp.

    Non, la France ne muselle pas les journalistes. M. Lavrov, en Europe, on compte 20 000 médias d’information. Si seulement il y en avait autant en Russie. Chez vous, les rédactions indépendantes comme Novaïa Gazeta, Echo of Moscow ou Dojd TV ont été systématiquement fermées ou contraintes à l’exil. Et toute information allant contre la ligne officielle du Kremlin est tout simplement interdite. Les journalistes font face à des violences, des menaces et des intimidations. Je pense au sort réservé à la journaliste Anna Politkovskaïa et aux nombreux journalistes tués ou poursuivis, y compris notre compatriote Antoni Lallican, pris pour cible par un drone russe sur le front ukrainien. Voilà la réalité, M. Lavrov. Quatrième mensonge. La liste est encore longue, je pourrais continuer longtemps. Comme j’ai été nominativement pris à partie par mon homologue russe, il me paraissait important de faire cette mise au point. Car répéter des mensonges à une heure de grande écoute n’en fait pas des vérités. » 

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  • “La soumission de l’Europe a un coût !” : le cri de colère du spécialiste de l’énergie Guillaume Niarfeix

    “La soumission de l’Europe a un coût !” : le cri de colère du spécialiste de l’énergie Guillaume Niarfeix

    Expert de l’énergie et président de la Chambre de commerce et d’industrie franco-nigériane, Guillaume Niarfeix ne cache pas son exaspération. Le jour même de la sortie de son livre Electrochoc (Ed. Le Cherche midi) qui dénonce le manque de souveraineté de l’Europe en matière énergétique, le Parlement européen ploie devant les Etats-Unis en avalisant – moyennant l’instauration de garde-fous – l’accord commercial signé quelques mois plutôt entre Donald Trump et Ursula von der Leyen. L’occasion de se dégager de ce mauvais pas existait pourtant : l’Europe aurait pu jouer la carte de l’invalidation par la Cour suprême américaine des droits de douane décidés par Trump. Au lieu de cela, elle se laisse dominer.

    L’Express : Votre livre insiste sur la nécessité de bâtir une Europe souveraine sur le plan énergétique. Que pensez-vous de ce vote au Parlement européen qui valide l’accord commercial conclu l’été dernier avec les Etats-Unis, et qui comporte notamment de grosses importations de GNL américain ?

    G.N. C’est agaçant. Les Etats-Unis appliquent à la lettre leur stratégie de domination par l’énergie. Et nous Européens, nous nous laissons faire. A l’échelle de l’Union, cette soumission a un coût. Une année de dépendance aux énergies fossiles représente 390 milliards d’euros. Cela équivaut à 2,5 % du PIB – plus de deux fois le budget annuel de l’Union -, ou encore 870 euros par habitant. C’est énorme. Si nous réorientions cet ordre de grandeur vers notre propre système énergétique, nous pourrions par exemple financer plusieurs centaines de réacteurs nucléaires modulaires (SMR) de 300 mégawatts (MW) répartis sur le continent. Une base électrique stable, capable d’assurer des décennies de production.

    LIRE AUSSI : “Une fâcheuse tendance à se tromper” : sur l’énergie, l’Europe apprendra-t-elle enfin de ses erreurs ?

    Si nous n’avions pas perdu de temps, nous disposerions aujourd’hui de réacteurs nucléaires de sixième génération capables de consommer les déchets des installations précédentes, éliminant ainsi un point bloquant régulièrement mis en avant par les opposants à l’atome. Avec 390 milliards par an, nous aurions pu développer les énergies renouvelables (EnR), et le stockage d’électricité qui va avec, tout en modernisant du réseau. Au lieu de cela, nous entretenons notre dépendance. Nous privilégions les solutions de court terme sans planifier l’avenir.

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