Category: Politique

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  • Slovénie : les recettes d’une réussite industrielle, par Alban Magro

    Slovénie : les recettes d’une réussite industrielle, par Alban Magro

    Il y a toujours un intérêt à aborder un ensemble dans le détail. Cette phrase prend tout son sens lorsque, face à une carte d’Europe, on observe de près un pays aussi discret que la Slovénie. Souvent réduite à une ancienne République de l’Est ou à une destination touristique autour du lac de Bled, cette petite nation de deux millions d’habitants constitue en réalité l’un des systèmes industriels les plus préservés d’Europe.

    Avant son indépendance, la Slovénie pouvait apparaître comme un simple wagon du train yougoslave, comptant pour seulement 10 % de sa population. En réalité, elle en était déjà la locomotive économique, représentant à la fin des années 1980 près d’un cinquième du PIB fédéral et environ un tiers des exportations. Cette tradition industrielle ne s’est pas dissipée après 1991 : elle s’est au contraire amplifiée.

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    Fait largement méconnu, la Slovénie figure parmi les économies les plus industrialisées de l’Union européenne. Le secteur manufacturier représente environ 19 % du PIB, contre 14 % dans l’Union européenne et à peine 10 % en France. Il dépasse même les champions allemands et polonais, qui enregistrent respectivement 18 % et 16 %. Plus révélateur encore, près d’un tiers des actifs travaille dans l’industrie, soit plus du double de la France. Pour un pays qui s’interroge sur sa réindustrialisation, la Slovénie constitue ainsi un cas d’étude instructif, non parce qu’elle serait un modèle parfait, mais parce qu’elle permet d’identifier quelques mécanismes simples qui expliquent la solidité industrielle d’une économie, particulièrement dans un contexte de mise en danger du secteur en Europe. Autant de recettes qui dépassent la simple compétitivité du coût de la main-d’œuvre ou de la fiscalité, qui d’ailleurs sont loin d’être les plus attractifs de l’UE.

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  • EN DIRECT, guerre en Ukraine : une attaque aérienne russe massive a fait quatre morts

    EN DIRECT, guerre en Ukraine : une attaque aérienne russe massive a fait quatre morts

    La Hongrie accusée d’informer la Russie ; Bruxelles exige des clarifications

    Ces informations ont suscité de vives réactions à Bruxelles, où de nombreux responsables restent très remontés, après un sommet jeudi lors duquel la Hongrie a bloqué un prêt de 90 milliards d’euros à l’Ukraine, envahie par la Russie depuis le début de 2022.

    La Commission attend du gouvernement hongrois « qu’il apporte des clarifications nécessaires », a déclaré une porte-parole de l’exécutif européen, Anitta Hipper. « Une relation de confiance entre les Etats membres ainsi qu’entre eux et les institutions est fondamentale pour le bon fonctionnement de l’UE », a-t-elle insisté, lundi. Les allégations contre la Hongrie ont également été qualifiées de « très graves » par l’Allemagne.

    En campagne pour les législatives du 12 avril, le premier ministre hongrois, Viktor Orban, a dénoncé une « attaque grave » contre la Hongrie, évoquant, sans preuves, une mise sur écoute de son chef de la diplomatie, Peter Szijjarto.

    Le premier ministre polonais, Donald Tusk, a jugé que l’article du Washington Post « ne devrait surprendre personne. Nous le soupçonnons depuis longtemps ». C’est « l’une des raisons pour lesquelles je prends la parole uniquement lorsque c’est strictement nécessaire et que je ne dis que le strict nécessaire », a-t-il affirmé sur son compte X. Selon Politico, l’UE a décidé de restreindre l’accès de la Hongrie aux informations sensibles et privilégie des réunions en format réduit.

    Politico ajoute que l’accès du parti allemand d’extrême droite AfD à des documents confidentiels de l’UE suscite des inquiétudes quant à de possibles fuites vers la Russie. « Le problème, c’est que nous avons un parti, l’AfD, pour lequel il existe des soupçons fondés de fuites d’informations vers la Chine ou la Russie », a résumé le député écologiste Anton Hofreiter, président de la commission des affaires européennes du Bundestag, cité par la publication.

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  • Des négociations entre l’Iran et les Etats-Unis ? Donald Trump crée la confusion

    Des négociations entre l’Iran et les Etats-Unis ? Donald Trump crée la confusion

    Les choses ne sont pas toujours claires avec Donald Trump, il en a fait une marque de fabrique depuis son retour à la Maison-Blanche. Mais sur ses négociations avec l’Iran, elles sont même complètement floues, au point qu’il est difficile de démêler le vrai du faux. Après avoir menacé de détruire le réseau électrique du pays, le président américain a finalement fait marche arrière, lundi 23 mars, sur les réseaux sociaux, affirmant que des négociations avaient été engagées avec les autorités iraniennes, et faisant état d’”échanges très positifs et fructueux”.

    C’était sans compter sur le démenti de Téhéran, par la voix du président du Parlement iranien Mohammad-Bagher Ghalibaf sur X, qui a affirmé qu’”aucune négociation n’a eu lieu avec les États-Unis, et de fausses informations sont utilisées pour manipuler les marchés financiers et pétroliers et sortir du bourbier dans lequel les États-Unis et Israël sont piégés”.

    Sauf que selon une enquête du New York Times, publiée lundi 23 mars, des négociations ont bien été entamées en coulisse. Les ministres des Affaires étrangères d’Égypte, de Turquie, d’Arabie saoudite et du Pakistan se sont réunis jeudi dernier à Riyad pour trouver une issue diplomatique à la crise en Iran. Selon le quotidien américain, les responsables du renseignement égyptien ont réussi à ouvrir un canal de discussion avec les Gardiens de la révolution et leur ont proposé d’arrêter les hostilités pendant cinq jours pour renforcer la confiance entre les parties.

    LIRE AUSSI : “Donald Trump a vu trop grand face à l’Iran” : l’analyse implacable du spécialiste Robert A. Pape

    Et selon Donald Trump, son gendre Jared Kushner et son envoyé spécial Steve Witkoff échangeraient directement avec un dirigeant iranien, dont il s’est gardé de dévoiler l’identité. Selon le New York Times, des responsables américains et iraniens ont confirmé que Steve Witkoff avait échangé avec le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi.

    “Des points d’accord majeurs”, vraiment ?

    Côté iranien, les choses sont bien moins claires. Si les Iraniens ont, officiellement, nié l’existence de négociations, quatre responsables iraniens ont affirmé au New York Times que les échanges avec les Américains étaient essentiellement des sondages sur la manière de désamorcer le conflit et d’éviter une escalade. La volte-face de Donald Trump, lundi, serait intimement liée à ces négociations à huis clos qui auraient donné des motifs d’espoir aux Américains sur une résolution rapide. D’autant que le président américain et plusieurs de ses proches poussent désormais pour mettre fin au conflit, alors que le pays en subit les premières conséquences. Mais en assurant que Washington et Téhéran étaient parvenus à “des points d’accord majeurs”, comme il l’a fait lundi, Donald Trump surestime visiblement ces premiers contacts.

    Pour le moment, les deux parties avancent petit à petit leurs pions et leurs exigences pour stopper les hostilités. Les Iraniens demandent que les États-Unis et Israël s’engagent à ne plus lancer de nouvelles attaques et poussent pour être indemnisés des dommages subis pendant la guerre. Côté américain, Donald Trump souhaite que l’Iran suspende son programme nucléaire et renonce à son stock d’uranium enrichi.

    LIRE AUSSI : Des Marines pour débloquer le détroit d’Ormuz ? L’analyse percutante du vice-amiral John W. Miller

    La question du détroit d’Ormuz est également dans les esprits. Alors que sa fermeture provoque des retombées économiques sur le prix du pétrole et du gaz, les déclarations de Donald Trump ont déjà eu un impact sur les cours. Les pays arabes, qui sont les premiers touchés par ce conflit, ont demandé que le détroit d’Ormuz soit supervisé par un comité neutre, tandis que l’Iran demande à percevoir un droit de passage. Interrogé sur la situation du détroit, le président américain a affirmé qu’il sera ouvert “très bientôt” et sera “contrôlé conjointement”. Interrogé sur l’identité de ceux qui le contrôleraient, il n’a pas hésité : “Moi et l’ayatollah, quel que soit l’ayatollah”.

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  • Nicolas Di Felice quitte Courrèges

    Nicolas Di Felice quitte Courrèges

    Les jours qui suivent la fin d’une fashion week sont le moment favori des marques de luxe pour annoncer leur rupture avec leur directeur artistique. Depuis que les défilés de la saison automne-hiver 2026-2027 se sont terminés le 10 mars à Paris, trois maisons ont perpétué cette tradition : Harris Reed a quitté Nina Ricci le 11 mars, Marco De Vincenzo est parti de chez Etro le 12 mars. Et ce 24 mars, c’est au tour de Nicolas Di Felice de tourner la page Courrèges.

    Les deux premières annonces n’ont pas beaucoup surpris, car Harris Reed comme Marco De Vincenzo n’ont jamais vraiment réussi à relancer leurs labels respectifs. En revanche, Nicolas Di Felice jouissait chez Courrèges d’un prestige toujours intact depuis son arrivée dans la maison en septembre 2020. Son dernier show à la fashion week de Paris, présenté le 4 mars, démontrait sa capacité à proposer une garde-robe sophistiquée et portable, toujours riche en références aux archives d’André Courrèges, notamment dans l’usage des formes géométriques et du blanc.

    « On traverse une période où il y a tellement de maisons qui se relancent et veulent attirer l’attention sur elles, parler de leur patrimoine. Nous, on a des archives incroyables et je ne veux pas les résumer à la robe trapèze », expliquait le Belge de 42 ans en coulisses après le show, alors que ses équipes apportaient un gâteau géant pour fêter ses cinq années au sein de la maison.

    Une dose de sensualité

    Sa réussite, c’est d’avoir fait de Courrèges une marque dans l’air du temps en puisant dans le passé de la maison phare des années 1960. A son arrivée, Nicolas Di Felice a remis en place le logo originel qui avait été modifié par ses prédécesseurs. Il a réédité une série de modèles emblématiques, tels que les combinaisons seconde peau, les tee-shirts en maille côtelée ou les célèbres vêtements en vinyle, désormais taillés dans des matériaux écoresponsables (coton et polyuréthane bio).

    Il est aussi resté fidèle à l’obsession d’André Courrèges pour le corps féminin libéré – à la fois non entravé dans ses mouvements, mais aussi libre de ne pas se couvrir. Inspiré par l’univers du clubbing, Nicolas Di Felice a insufflé au vestiaire une dose de sensualité, jouant avec les découpes et les fentes pour dévoiler le corps sans renoncer à la pureté des formes ni au graphisme de la silhouette.

    « Les actionnaires m’ont laissé vraiment très libre, c’est une chance que j’ai eue et c’est, je crois, l’une des clés de cette réussite », expliquait-il au Monde en septembre 2024. Depuis 2018, Courrèges appartient à Artémis, la holding de la famille Pinault. « Je souhaite exprimer toute ma gratitude au groupe et tout particulièrement à François Pinault et François-Henri Pinault pour leur confiance, ainsi qu’aux équipes et amis, dont le talent et l’engagement ont rendu cette aventure humaine et créative si précieuse », a fait savoir le designer dans le communiqué de presse annonçant son départ.

    Il y est aussi précisé que Courrèges annoncera l’arrivée d’un nouveau directeur artistique le 31 mars. Et que Nicolas Di Felice quitte ses fonctions « afin de se consacrer à d’autres projets personnels ». Sur le marché de la mode, outre Nina Ricci et Etro, Alaïa n’a pas encore annoncé de nouveau designer.

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  • Susceptibles, têtus… Ces profils qui font vivre l’enfer aux managers

    Susceptibles, têtus… Ces profils qui font vivre l’enfer aux managers

    Dix fois on refuse, onze fois la proposition revient. Souvent, le collaborateur têtu tourne en rond. Parfois poli – “tu sais, on devrait…” – souvent directif – “il faut…” -, il pousse à outrance son idée. Champion de l’innovation par ses arguments renouvelés, il est aussi médaille d’or du recyclage avec ses mantras rabâchés. A la longue, il épuise son manager dont la feuille de route est déjà fixée et qui a rappelé que le brainstorming n’était pas à l’ordre du jour. Usant.

    Le collaborateur susceptible l’est tout autant lorsqu’on lui demande des comptes : “Tu crois vraiment que je faisais la fête ce matin dans les transports ?”. Glacial, il va exploser de colère et désorganiser un peu plus la réunion qui s’annonçait déjà mal, si on ose évoquer son retard. Parfois, au contraire, il se referme, se fige, boude. Le manager ne connaît même pas le fait déclencheur de cette attitude, se questionne et se repasse la scène en boucle : “qu’est-ce que j’ai bien pu dire ou faire ?”. Le collectif peut en prendre un coup, l’équipe peut se désagréger : comment manager de telles personnalités ?

    Les deux faces d’un même mécanisme

    “Derrière ces comportements se cachent des causes, des besoins sous-jacents non satisfaits, mais le travail du manager est de les comprendre, pas de les changer”, répond David Eyraud, auteur de Manager les 20 personnalités difficiles (Gereso, 2025). Avant de déplorer le comportement bloquant d’une personne entêtée, il convient de reconnaître l’investissement de cette dernière, qui se bat pour défendre une idée dans un environnement où l’on dénonce souvent la passivité et le désengagement des salariés. On peut aussi lui créditer une certaine ténacité – celle d’aller au bout de ses convictions – ainsi qu’une forme d’inventivité pour tenter de convaincre son entourage. Reste que cet acharnement est plutôt contre-productif dans le feu de l’action, car le manager voit ce collègue comme obstiné, défavorable à tout compromis, défensif et parfois même hostile à l’autorité. Bref, buté.

    Comment ne pas le prendre en grippe ? Il protège quelque chose : “Cette attitude cache parfois plusieurs failles, comme la peur du rejet chez le têtu en mode actif, ou celle du réservé en mode passif, le psycho-rigide qui bloque tout dans le silence”, analyse David Eyraud, qui dirige la société E2CF, spécialisée dans le conseil et la formation des managers, notamment sur les dynamiques de conflit et la gestion des personnalités difficiles.

    “L’entêtement peut aussi révéler un manipulateur qui craint de perdre la main, qui est agressif, avec des enjeux de contrôle et de méfiance”, ajoute-t-il. Qui n’a jamais eu affaire au définitif “ça ne marchera jamais” ? Quel supérieur, excédé, ne l’a jamais balayé d’un revers de main par : “comme d’habitude, tu bloques” ? Pourtant, l’objectif est de comprendre ce que cette personne a réellement à défendre : cela suppose de prendre le temps de l’écouter — “qu’est-ce que tu proposes ?” — de préférence en tête-à-tête, à froid, une fois la tension, la colère, voire la tristesse retombées. Travailler sur un feedback factuel. L’impératif pour le manager est aussi de clarifier le cadre et dire ce qui est non négociable.

    Le poids de la perception

    Le raisonnement et les solutions sont presque les mêmes pour le manager confronté à un susceptible, à deux différences près : contrairement à l’entêtement, qui peut traduire une forme d’engagement, la susceptibilité n’est pas une qualité et elle nous concerne tous, dès lors qu’une remarque ou une attitude est mal interprétée. On retrouve deux types de réactions : “L’attitude active de celui qui réagit au quart de tour, parfois avec arrogance, et l’attitude passive de celui qui se vexe, se ferme, se prend pour un martyr”, explique David Eyraud. Deux faces d’un même mécanisme.

    Ces réactions peuvent révéler un manque de confiance en soi, une blessure passée ou le sentiment d’humiliation, de manque de respect. Au travail, le langage (l’impératif) ou le langage corporel (un mauvais regard, un doigt levé) sont sujets à interprétation. Chez une personne susceptible, la bonne foi peut être perçue comme maladroite : c’est l’illustration du duo bidirectionnel “émetteur/récepteur” avec les quatre autres facteurs de la communication (message, canal de transmission, code et contexte), tels que les décrivait le linguiste Roman Jakobson. Une même phrase ne produit pas les mêmes effets selon la manière dont elle est formulée et perçue. Jakobson l’illustrait déjà en 1963 (“Linguistique et poétique”, dans Essais de linguistique générale) : “Pourquoi dites-vous toujours Jeanne et Marguerite, et jamais Marguerite et Jeanne ? Préférez-vous Jeanne à sa sœur jumelle ?” – “Pas du tout, mais ça sonne mieux ainsi”. Alors, qui ne s’est jamais senti exclu, un instant, à la place de Marguerite ?

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  • Vidéo. Colombie : au moins 66 morts dans l’accident d’un avion militaire près de la frontière avec l’Equateur

    Vidéo. Colombie : au moins 66 morts dans l’accident d’un avion militaire près de la frontière avec l’Equateur

    Un appareil de l’armée de l’air ​colombienne s’est écrasé ‌juste après avoir décollé de Puerto Leguizamo (Sud), dans la région de Putumayo, ont rapporté ⁠les autorités, lundi 23 mars. La chute de l’appareil, un Hercules C-130, est survenue vers 10 heures, heure locale (15 heures à Paris), près de la frontière avec l’Equateur. Une zone qui depuis plusieurs semaines est le théâtre d’une intense activité militaire, les armées colombienne et équatorienne tentant d’affaiblir des groupes impliqués dans le trafic de drogue.

    Selon un dernier bilan, lundi, Les autorités colombiennes ont annoncé la mort de 66 personnes. Des dizaines de personnes ont également été blessées. Au total, l’appareil avait à son bord 125 personnes. La cause de l’accident n’est pas encore connue.

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  • Italie : Giorgia Meloni sous pression après son premier revers

    Italie : Giorgia Meloni sous pression après son premier revers

    Son statut d’invincibilité s’est brisé dans les urnes. Lundi 23 mars, la Première ministre italienne Giorgia Meloni a connu sa première défaite lors du référendum sur la justice, que 53,7 % des votants ont rejeté. Cette victoire du “No” est un revers inédit pour la dirigeante d’extrême droite qui avait fait de cette réforme l’un des points majeurs de son programme lors de son arrivée au pouvoir en 2022. Pire, ce changement constitutionnel, qui prévoyait une séparation de la carrière des juges et des procureurs et la modification du fonctionnement de l’organe qui les supervise, le Conseil supérieur de la magistrature, était l’une des propositions phares de la droite italienne depuis trois décennies, soutenue notamment par Silvio Berlusconi. Un moyen de dépolitiser la justice italienne pour Giorgia Meloni, une manière de l’affaiblir et de réduire son indépendance pour ses opposants.

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    Giorgia Meloni n’a pas vu venir ce faux pas et pour cause. Alors que les sondeurs avaient du mal à prédire l’issue du vote, peu de monde avait anticipé qu’un référendum sur la justice attirerait autant d’électeurs, avec 59 % de participation au niveau national. Jusqu’à 65 % de participation dans plusieurs grandes villes comme Milan, et même 70 % à Florence et à Bologne. Une participation record, portée par le vote des jeunes qui se sont déplacés dans les bureaux de vote en masse, révélatrice de ce que ce vote était devenu ces dernières semaines : un référendum pour ou contre le gouvernement Meloni. Face à la hausse des prix et à la baisse de la productivité, la popularité de la Première ministre a commencé à se craqueler sérieusement.

    “Le gouvernement est les mains vides”

    Face à la défaite, la présidente du Conseil a tenté de garder la face et a reconnu le revers, dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, lundi, deux heures après la fermeture des bureaux de vote. “La souveraineté appartient au peuple et les Italiens se sont exprimés clairement aujourd’hui, a-t-elle calmement reconnu, posée en extérieur devant une haie. Le gouvernement a fait ce qu’il avait promis : porter une réforme de la justice qui figurait dans notre programme électoral. Nous l’avons soutenue jusqu’au bout, puis nous avons remis le choix aux citoyens, et les citoyens ont décidé.” Mais la présidente du parti d’extrême droite Fratelli d’Italia a fermé la porte à toute démission : “Il reste bien sûr le regret d’une occasion manquée de moderniser l’Italie, mais cela ne change pas notre engagement à continuer à travailler avec sérieux et détermination pour le bien de la nation et pour honorer le mandat qui nous a été confié.”

    LIRE AUSSI : Giorgia Meloni et l’Europe : les dessous d’une influence grandissante

    Pourtant, l’opposition voit bien dans cette “première vraie défaite”, comme le titrait lundi le quotidien italien La Repubblica, l’occasion de pousser la dirigeante italienne vers la sortie. “Après quatre ans et quatre lois de Budget, le gouvernement est les mains vides, a lancé Antonio Conte, ancien président du Conseil, dans une interview accordée au Corriere della Sera, appelant à l’organisation d’élections anticipées. Ils n’ont fait qu’une seule réforme, qui a été rejetée par les citoyens.”

    Tester sa majorité

    Si un retour aux urnes reste pour le moment hypothétique, Giorgia Meloni va être obligée de sortir de cette impasse politique. Au-delà de sa personne, son gouvernement a pris un coup pendant cette campagne référendaire, notamment son ministre de la Justice, Carlo Nordio. En février dernier, celui-ci avait qualifié le Conseil supérieur de la magistrature de “paramafieux”, forçant le président italien Sergio Mattarella à défendre l’institution. Ironie du sort, le numéro deux de son ministère, Andrea Delmastro Delle Vedove, a été pris dans une polémique mafieuse, quelques jours avant le vote. Selon le Corriere della Sera, le sous-secrétaire à la justice a eu des parts au sein de la société de restauration Cinque Forchette, dont l’administratrice unique n’était autre que Miriam Caroccia, 18 ans, fille de Mauro Caroccia, tout juste condamné à quatre ans de prison par la Cour de cassation pour des activités mafieuses. Une photo des deux hommes, tout sourire, prise en 2023, a d’ailleurs été révélée, enfonçant encore plus la dirigeante de Fratelli d’Italia.

    LIRE AUSSI : Réforme électorale : Giorgia Meloni redessine les règles à son avantage

    Désormais, Giorgia Meloni souhaite “aller de l’avant” et se concentrer notamment sur la loi électorale, qui a commencé son chemin parlementaire lundi. Cette réforme, qui vise notamment à instaurer une prime majoritaire au nom de la stabilité et ainsi éviter une absence de majorité, est nécessaire pour la dirigeante si elle souhaite optimiser ses chances en vue de sa réélection l’année prochaine, alors que les législatives sont prévues au plus tard en décembre 2027. Mais elle va surtout donner l’occasion à la coalition menée par Giorgia Meloni de tester sa majorité et tenter, coûte que coûte, de se rassurer.

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  • EN DIRECT, municipales 2026 : les dernières informations et nos réponses à vos questions

    EN DIRECT, municipales 2026 : les dernières informations et nos réponses à vos questions

    A Liévin (Pas-de-Calais), le basculement d’un bastion socialiste au RN entre « ras-le-bol » et résignation

    A Liévin, bastion historique du socialisme dans le Pas-de-Calais tombé dimanche dans l’escarcelle du Rassemblement national, des habitants évoquent un vote pour « le changement », sur fond de « ras-le-bol » et de sentiment d’abandon dans cet ancien bassin minier.

    Le candidat d’extrême droite Dany Paiva, 30 ans, a remporté l’élection avec 53,5 % des voix face au sénateur socialiste Jérôme Darras, 68 ans, candidat d’union PS-PCF-LFI, parti en campagne au pied levé en janvier après le départ du maire sortant socialiste Laurent Duporge.

    Devant l’imposant hôtel de ville de cette commune de 30 000 habitants, marquée par son héritage minier, le nouvel édile, élu sur un programme centré sur la sécurité, entend pour sa première mesure « accompagner la police municipale dans sa mission » afin de mieux comprendre « ce à quoi ils sont confrontés », explique-t-il à l’Agence France-Presse (AFP). Il estime que sa victoire s’explique par « un ras-le-bol général », pointant aussi les différentes alliances de la gauche ces dernières années, brouillant les cartes : « Ils ont payé le prix. »

    Dans cette ville marquée par la catastrophe minière de 1974, la plus meurtrière de l’après-guerre en France, le vote RN s’inscrit souvent dans une volonté de rupture. « Le socialisme, il y en a plein les bottes », tranche Philippe Allart, 57 ans, au chômage. Pour Chantal, femme de ménage de 58 ans, « il y avait un ras-le-bol ».

    « On n’est pas trop surpris, ça a monté tous les ans », observe Claude Chedin, électeur socialiste et ancien salarié. « On va prendre ce qui vient, on n’a pas le choix… C’est moche, mais voilà. » « C’est bien dommage d’en arriver là », abonde Dominique Limousin, 73 ans, « mais il aurait fallu s’en inquiéter avant, au PS ».

    Bastion socialiste depuis la fin de la seconde guerre mondiale, Liévin avait déjà basculé vers l’extrême droite lors des scrutins nationaux. En 2022, Marine Le Pen y avait récolté plus de 45 % dès le premier tour de la présidentielle. En 2024, 58 % des électeurs avaient voté pour le député RN Bruno Bilde, réélu au premier tour.

    Pour le politologue Pierre Mathiot, le RN bénéficie de « l’essoufflement » de municipalités de gauche installées de longue date et d’une stratégie d’implantation reposant sur des candidats « jeunes » et « présents sur le terrain ».

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  • EN DIRECT. Guerre en Iran : Téhéran lance de nouveaux missiles vers Israël

    EN DIRECT. Guerre en Iran : Téhéran lance de nouveaux missiles vers Israël

    Les Etats-Unis et l’Iran sont-ils oui ou non en train de négocier ? Donald Trump a affirmé lundi 23 mars que “des points d’accord majeurs” avaient été dégagés au cours de discussions avec Téhéran, qui l’ont conduit à reporter sa menace de frapper les centrales électriques iraniennes. Mais la République islamique a démenti de son côté toute communication directe ou indirecte avec Washington, son ministère des Affaires étrangères accusant le locataire de la Maison-Blanche de vouloir “gagner du temps” face à la fébrilité des marchés financiers.

    Sur le terrain, les frappes se poursuivent de part et d’autre. Israël a de nouveau été visé par des salves de missiles iraniens cette nuit. L’Etat hébreu poursuit par ailleurs ses opérations militaires aériennes et terrestres au Liban, disant lutter contre le Hezbollah aligné sur l’Iran, avec une incursion dans le sud du pays qui a ravivé le spectre d’une nouvelle occupation.

    Les infos à retenir

    ⇒ L’Iran nie négocier avec les Etats-Unis

    ⇒ De nouveaux missiles iraniens lancés vers Israël

    ⇒ Au moins deux morts au sud de Beyrouth dans des frappes israéliennes

    07h30

    La pause sur les frappes annoncée par Donald Trump ne concerne que les sites énergétiques, selon Semafor

    Les États-Unis poursuivront leurs frappes contre l’Iran, la pause ne concernant que les attaques contre les sites énergétiques de Téhéran, a rapporté le média Semafor cette nuit, citant un responsable américain. “Les initiatives initiales de l’opération Fureur épique se poursuivront”, a déclaré celui-ci.

    Reuters n’a pas pu vérifier immédiatement l’information. La Maison-Blanche, le département d’État américain et le Pentagone n’ont pas répondu immédiatement à une demande de commentaires de l’agence.

    07h08

    Liban : au moins deux morts à Bechamoun, au sud de Beyrouth

    Deux personnes ont été tuées et cinq autres ont été blessées cette nuit au cours de bombardements israéliens dans la commune de Bechamoun, au sud de Beyrouth, selon un premier bilan du ministère libanais de la Santé, rapporté par l’agence de presse officielle NNA.

    Celle-ci avait rapporté plus tôt qu’Israël avait mené dans la nuit sept raids aériens contre la banlieue sud de la capitale, quelques heures après que Benyamin Netanyahou a déclaré, lundi soir, que l’Etat hébreu continuait ses frappes en Iran et au Liban pour protéger ses “intérêts vitaux en toutes circonstances”.

    LIRE AUSSI : Emmanuel Macron, sa stratégie au Liban : “Il faut harceler Benyamin Netanyahou”

    06h50

    En Irak, des miliciens soutenus par l’Iran visés par une frappe

    Au moins dix combattants des Forces de mobilisation populaire (FMP) ont été tués et une trentaine d’autres blessés dans la province d’Anbar, dans l’ouest de l’Irak, dans des frappes aériennes contre un site du groupe composé de milices irakiennes chiites soutenues par l’Iran, a appris Reuters de sources sécuritaires et des services de santé.

    Le commandant des opérations du FMP à Anbar a été tué dans ces frappes, ont précisé ces sources, avant qu’un communiqué publié par le FMP ne confirme la mort de ce commandant, Saad al Baïji. Le groupe de miliciens accuse les Etats-Unis d’avoir effectué l’attaque.

    06h45

    De nouveaux missiles iraniens lancés vers Israël

    L’armée israélienne a dit cette nuit avoir identifié des vagues de missiles lancés depuis l’Iran en direction de l’Etat hébreu. Les sirènes d’alerte ont été déclenchées dans des parties d’Israël, dont à Tel Aviv où ont été entendues des explosions résultant des interceptions des missiles.

    L’armée israélienne a fait état d’au moins un impact dans le nord du pays. Aucune victime n’a été signalée.

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  • A Paris, Emmanuel Grégoire ou la stratégie du coureur de fond

    A Paris, Emmanuel Grégoire ou la stratégie du coureur de fond

    Emmanuel Grégoire n’aime pas qu’on dise de lui qu’il est « terne ». Enfin, le nouveau maire élu de Paris ne le dira jamais comme ça car les formulations tranchées et les phrases courtes ne font pas partie de son champ lexical. L’édile du Parti socialiste (PS) préfère expliquer que c’est « une image qu’on [lui] renvoie qui est très éloignée de ce [qu’il est] intimement ». Quand on lui pose une question sur n’importe quel sujet, il démarre quasiment toujours sa réponse de la même manière : « Alors, d’abord… », avant de dérouler son propos, comme s’il avait besoin de contextualiser, de placer une introduction avant la thèse et la conclusion, en bon ancien élève de Science Po Bordeaux qu’il est.

    A 48 ans, l’ancien adjoint à la maire sortante, Anne Hidalgo (PS), de 2014 à 2024, a cette image qui lui colle à la peau : celle d’un homme de dossiers, travailleur, rigoureux et sérieux, parfois trop, ce en quoi il ne se reconnaît pas complètement non plus, même si ça le « flatte ». « Je suis quelqu’un d’hyper joyeux, d’hyper rigolard, d’hyper simple », assurait-il dans une longue discussion au micro de l’influenceur Sam Zirah, fin février 2026.

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