Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, à Limoges (Haute-Vienne), le 12 mars 2026. UGO AMEZ POUR « LE MONDE »
La réunion était prévue depuis plusieurs semaines, bien avant les élections municipales. Autour de la table, lundi 23 mars,les ex-« insoumis » Raquel Garrido, Alexis Corbière, François Ruffin et Clémentine Autain, ainsi que le sénateur (écologiste) Thomas Dossus. Au menu, la fameuse primaire de la gauche, officiellement programmée le 11 octobre. Les socialistes, eux, se sont fait porter pâle, au grand dam de leurs alliés.
Retrouver le live | EN DIRECT, municipales 2026 : contesté lors du bureau national du PS, Olivier Faure dénonce « l’hypocrisie et le cynisme » de ses détracteurs
La veille, les élections municipales ont offert un résultat en demi-teinte à la gauche, donnant l’occasion aux opposants du premier secrétaire du Parti socialiste (PS), Olivier Faure, de critiquer durement les accords avec La France insoumise (LFI), et de remettre en scène l’idée d’une candidature sociale-démocrate pour 2027. Depuis, une certaine frilosité règne dans le camp d’Olivier Faure, où plus personne ne parle de « primaire », préférant un terme plus vague, celui de « processus ».
Proche du premier secrétaire, le président du conseil départemental de Haute-Garonne, Sébastien Vincini, ne cache plus y être ouvertement opposé. Une primaire lancerait, dit-il, « une compétition à ciel ouvert », « une course à la différenciation » qui serait « mortifère ». Lui imagine plutôt « un pacte de gouvernance » autour d’une « incarnation socialiste ». « Les municipales ont démontré qu’on était les mieux positionnés », assure-t-il, en référence aux 800 villes gouvernées par le PS. L’élu reprend à son compte, peu ou prou, le plan de Raphaël Glucksmann, même si ce dernier l’imagine autour de sa propre candidature à la présidentielle de 2027. Mais, petite nouveauté, l’idée ferait aussi son chemin dans l’entourage d’Olivier Faure.
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Cela fera bientôt deux siècles et demi qu’il paraît vain de mettre en garde contre la gabegie de l’État et l’envolée de ses dépenses, en témoignent les mésaventures que connut en son temps – bien avant Raymond Barre, ou François Bayrou – Anne Robert Jacques Turgot, auteur de la fameuse lettre au roi Louis XVI. La missive, écrite à l’encre marron et dont la graphie régulière stupéfie, propriété des Archives nationales, sera, à compter du 23 mars après-midi, exposée pour la première fois et durant quelques heures, au ministère de l’Économie et des Finances à Bercy, une facétieuse idée organisée par les admirateurs de l’économiste, qui, ce même jour, décerneront leur prix du meilleur livre économique et financier, sous la présidence de Jean-Claude Trichet, ancien président de la Banque centrale européenne et gouverneur honoraire de la Banque de France.
Turgot, mort en 1781, occupe une place singulière dans l’histoire intellectuelle et politique. Né à Paris en 1727, il se destine d’abord à l’Église avant d’opter pour une carrière dans l’administration royale. Il participe à L’Encyclopédie, se lie avec les philosophes, dont Voltaire. Intendant de la généralité de Limoges à partir de 1761, il y applique des réformes : cadastre, amélioration des routes, lutte contre la pauvreté, liberté du commerce des grains. Ses résultats font parler de lui à Versailles. En 1774, le jeune Louis XVI le nomme à son côté contrôleur général des Finances, au moment où la monarchie est lourdement endettée. Turgot n’a pas froid aux yeux ; le 24 août, juste après avoir accepté la charge, voici qu’il s’adresse au roi, et sans tourner autour du pot, lui propose un pacte avec une fermeté audacieuse pour l’époque.
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Ayant exprimé sa reconnaissance et son inquiétude devant “l’immensité du fardeau” que représente la situation financière du royaume, il expose un programme – devenu célèbre – en trois points : “Point de banqueroute, ni avouée, ni masquée par des réductions forcées” ; “point d’augmentation d’impôts”, en raison de la misère du peuple ; et “point d’emprunts”. “Pour remplir ces trois points, il n’y a qu’un moyen”, poursuit le baron, “c’est de réduire la dépense au-dessous de la recette”. Ce faisant, il prévient Louis XVI qu’il sera détesté des privilégiés, calomnié, – “on m’imputera tous les refus, on me peindra comme un homme dur parce que j’aurai représenté à Votre Majesté qu’elle ne doit pas enrichir même ceux qu’elle aime aux dépens de la subsistance de son peuple” – mais qu’il accepte ce sacrifice à condition que le roi le soutienne.
Bagdad accord « un droit de riposte et d’autodéfense » à ses unités
En Irak, les autorités ont accordé, mardi soir, un « droit de riposte et d’autodéfense » aux ex-paramilitaires du Hachd Al-Chaabi ainsi qu’aux forces de sécurité pour faire face aux « attaques militaires » menées contre leurs bases.
Avant l’aube, 15 combattants du Hachd avaient été tués dans une frappe attribuée aux Etats-Unis par cette coalition intégrée aux forces régulières, mais qui englobe des factions pro-iraniennes. Et, dans le Nord, la région du Kurdistan autonome a accusé l’Iran de tirs de missiles balistiques qui ont tué six soldats de ses forces armées, les Peshmergas. Ni Washington ni Téhéran n’ont réagi dans l’immédiat aux accusations.
Le ministère des affaires étrangères irakien avait annoncé, plus tôt mardi, convoquer le chargé d’affaires américain et l’ambassadeur iranien pour leur remettre une « note de protestation officielle » concernant ces deux attaques.
Mardi soir, Bagdad a monté le ton et accordé un droit de riposte et d’autodéfense pour « contrer par tous les moyens » les attaques menées par « des avions de combat ou des drones » qui ciblent « les positions et les unités étatiques du Hachd Al-Chaabi et des autres forces armées. »
Cette mesure concerne les unités des forces régulières qui obéissent aux ordres de l’Etat. Dans les faits, le Hachd a un statut ambigu : si cette coalition est intégrée aux forces régulières, certains des groupes qui la composent sont alliés à Téhéran et agissent aussi en leur nom propre, hors du cadre étatique.
Ces factions armées pro-iraniennes revendiquent quotidiennement des dizaines de tirs de roquettes et de drone contre des militaires et des intérêts américains, en Irak et au Moyen-Orient. Des attaques condamnées par le gouvernement irakien.
En représailles, ces groupes sont visés par des frappes imputées aux Etats-Unis ou à Israël. Le Pentagone a reconnu recourir à des hélicoptères de combat pour frapper des groupes armés pro-iraniens en Irak. Ces bombardements ont aussi visé des locaux étatiques du Hachd, ce que Bagdad a dénoncé.
Sur la pelouse parfaitement entretenue du complexe sportif de l’université de Saint Andrews, un maillot bleu ciel, aux couleurs de l’école, fend le terrain. Ballon ovale à la main, le jeune joueur évite ses adversaires de l’équipe rivale de New Castle, accélère, puis marque un essai parfait sous les applaudissements des spectateurs – presque tous acquis à sa cause. En ce mercredi nuageux de mars, le centre sportif de l’établissement écossais est en ébullition : Saint Andrews accueille les finales du British Universities and Colleges Sports (BUCS), batailles au sommet des meilleures équipes universitaires du pays. Plus de 500 étudiants se sont donné rendez-vous dans cette petite ville de la région de Fife, dans le nord de l’Ecosse, pour y disputer 21 matchs dans une dizaine de sports différents.
Pour l’université hôte, l’enjeu est de taille. “Contrairement à d’autres écoles, presque tout le monde ici fait partie d’une équipe sportive ou d’une association étudiante. Notre communauté est très soudée et extrêmement impliquée dans ce genre d’événements”, commente Tom, étudiant en économie et membre de l’équipe de rugby. Depuis les gradins, il suit la partie avec attention : en cas de victoire, ses camarades seront classés en deuxième position de la ligue, soit le meilleur classement jamais obtenu par l’équipe de Saint Andrews. Mais pour Tom, l’investissement n’est pas que sportif.
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En intégrant l’équipe, ce jeune Ecossais s’est lié d’amitié avec des élèves internationaux venus des Etats-Unis ou d’Afrique du Sud et avec ses “aînés” de 3e ou 4e année. “On sort ensemble le mercredi soir, on se suit sur les réseaux sociaux. C’est un bon moyen de se faire des contacts que l’on gardera longtemps… Et qui pourront servir notre future carrière”, estime-t-il, touchant du doigt l’un des atouts majeurs de Saint Andrews. Avec plus de 200 societies [associations étudiantes], une cinquantaine de clubs sportifs et une solide communauté d’alumni à travers le monde, l’école mise autant sur son excellence académique que sur le réseau de premier ordre que les étudiants pourront tisser durant leur scolarité.
« Miséricorde doit passer ». C’est ce qu’a déclaré le milliardaire français Vincent Bolloré, patron du groupe Canal+, dont fait partie CNews, au sujet de la volonté de la chaîne d’information en continu de maintenir Jean-Marc Morandini à l’antenne.
L’animateur de télévision de 60 ans a été condamné le 21 mars 2025 à deux ans de prison avec sursis et 20 000 euros d’amende, une décision rendue définitive par la Cour de cassation le 14 janvier 2026. Malgré cette condamnation, la chaîne avait maintenu Jean-Marc Morandini, qui avait démissionné de lui-même quelques jours plus tard.
Vincent Bolloré, le patron de la chaîne, a été auditionné devant la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public, présidée par Jérémie Patrier-Leitus (Horizons) et dont le député ciottiste de l’Hérault Charles Alloncle est rapporteur. Il a notamment été interrogé sur son rôle en tant qu’actionnaire de la société Banijay, la société de production de l’animateur et producteur Nagui.
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Rarement les manœuvres militaires chinoises n’ont semblé aussi proches de Taïwan qu’en ce 29 décembre 2025. Ce jour-là, l’île a été encerclée par 89 avions de guerre et 28 navires. Certains, qui s’étaient aventurés à une trentaine de kilomètres seulement des côtes, étaient visibles depuis la pointe la plus méridionale. Pour la seconde fois de l’année, la Chine s’entraînait à un blocus de ce territoire qu’elle considère comme l’une de ses provinces.Si elle était mise en place, une telle opération permettrait à Pékin, en étouffant la chaîne d’approvisionnement énergétique taïwanaise, de soumettre l’île “sans tirer un seul coup de feu”, selon le think tank américain Foundation for Defense of Democraties (FDD).
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L’été dernier, ce centre de réflexion basé à Washington a imaginé plusieurs scénarios de blocus. La conclusion est sans appel : sa dépendance énergétique est le talon d’Achille de Taïwan. Et pour cause, territoire exigu, sismique, et privé de ressources naturelles, l’île importe 96 % de son énergie : en majorité du gaz naturel liquéfié (GNL), source d’environ la moitié de sa production d’électricité. Cette vulnérabilité énergétique inquiète la communauté internationale : l’île produit en effet plus de la moitié des semi-conducteurs de la planète et détient un quasi-monopole sur les puces les plus avancées.Uneactivité de plus en plus énergivore, tant la demande mondiale explose.
Or, les menaces chinoises sur les infrastructures énergétiques taïwanaises se font de plus en plus précises. “L’année dernière, lors d’exercices militaires, la Chine a simulé des tirs de missiles longue portée sur des terminaux de réception de GNL”,observe Shen Ming-shih, spécialiste des questions de défense à l’INDSR (Institute for National Defense and Security Research) à Taipei.
Le premier ministre, Sébastien Lecornu, à l’Assemblée nationale, le 24 mars 2026. STEPHANE DE SAKUTIN/AFP
Les mots effrayants sont lâchés. « Choc énergétique », « choc pétrolier ». Sébastien Lecornu et son ministre de l’économie, Roland Lescure, n’ont pas hésité à utiliser ces formules marquantes, mardi 24 mars, devant les députés. Dans ce genre de cas, les gouvernants recourent souvent à des euphémismes pour ne pas réveiller chez les citoyens électeurs le souvenir traumatisant du double choc de 1973 et 1979, qui sonna le glas des « trente glorieuses ». Mardi, les deux hommes ont choisi la tactique inverse. « C’est un nouveau choc pétrolier »,a dit et répété Roland Lescure. « Malheureusement, ça va nous coûter »,a-t-il ajouté. Une sorte d’opération vérité, qui ne débouche cependant sur aucune mesure gouvernementale forte. A cela, une raison simple : les caisses sont vides.
Vingt-cinq jours après le début de la guerre américano-israélienne en Iran, qui a fait bondir les cours du pétrole de 60 % et ceux du gaz de 70 %, parler de simple flambée des prix devenait difficilement tenable. « L’hypothèse d’une crise passagère, dont les conséquences économiques s’effaceraient avec la fin des bombardements, n’est malheureusement désormais plus d’actualité »,a reconnu Roland Lescure devant la commission des finances.
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Les médecins stars seraient-ils en train de passer de mode ? Il y a dix ans, ils trônaient en tête des meilleures ventes d’essais. En 2016, alors présentateur vedette du Magazine de la santé sur France 5 (et également entendu sur les ondes d’Europe 1 et RTL), Michel Cymes écoulait 300 000 exemplaires de son livre Vivez mieux et plus longtemps (succès qui avait fait l’année de son éditeur, Stock). Hélas le chirurgien le plus populaire du PAF a ensuite vendu de moins en moins : 130 000 exemplaires pour Votre cerveau en 2017, 35 000 exemplaires pour Chers hypocondriaques… en 2018, 10 000 exemplaires pour Sur l’amour en 2020. Il est vrai que, à partir de l’automne 2017, ayant lancé son bimestriel Dr. Good !, il concurrençait lui-même ses propres livres… Son nouveau titre qui vient de paraître chez Albin Michel, Heureux comme des TDAH !, coécrit avec le pédopsychiatre Oliver Révol, marque-t-il son retour en forme ? En 3e position des essais, il vient de dépasser les 15 000 exemplaires.
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Son principal rival d’antan, le cardiologue Frédéric Saldmann, est en revanche absent de notre classement, ce qui paraît incroyable quand on se souvient de ses scores passés. Par ailleurs nutritionniste, Saldmann a mangé son pain blanc entre 2013 et 2015 : Le Meilleur médicament, c’est vous ! et Prenez votre santé en main ! avaient atteint les 300 000 exemplaires. Les titres injonctifs avec points d’exclamation en prime ne font pas tout, et le thuriféraire du tantrisme, qui a souvent expliqué que douze orgasmes par mois allongeraient de dix ans l’espérance de vie, a ensuite de plus en plus peiné à booster la libido de ses lecteurs. Votre santé sans risque s’était vendu à 200 000 exemplaires en 2017, Vital ! à 150 00 exemplaires en 2019, On n’est jamais mieux soigné que par soi-même à 100 000 exemplaires en 2020, La santé devant soi à 90 000 exemplaires en 2022 et Votre avenir sur ordonnance à 35 000 exemplaires en 2024. Avec Votre santé à petit prix (Fayard), paru fin janvier, Saldmann n’en est qu’à 7 000 exemplaires. Réputé pour ses avances mirobolantes (non prises en charge par la sécurité sociale), il va sans doute devoir songer à se réinventer…
Réalisé par Edistat, du 9 au 15 mars 2026, à partir de 800 points de vente, librairies, grandes surfaces spécialisées et sites Internet.
A quoi imputer le recul de Cymes et Saldmann ? On peut imaginer que leur public a fini par se lasser de lire les mêmes choses tous les deux ans. Internet et les gourous du développement personnel leur ont sans doute piqué des fans. Enfin une nouvelle génération a émergé. Le plus médiatique est le médecin généraliste Jimmy Mohamed, âgé de 38 ans (là où Saldmann en a 72 ans), qui a remplacé Cymes à la présentation du Magazine de la santé (rebaptisé Le Mag de la santé, pour faire jeune). La révélation de cette année 2026 est le psychiatre Pierre Alexis Geoffroy, 41 ans. Avec La Nuit vous appartient (Robert Laffont), où il nous invite à “dormir mieux pour vivre plus”, il est cette semaine 5e des essais.
La maison d’arrêt de Villepinte (Seine-Saint-Denis), 15 avril 2025. GONZALO FUENTES/REUTERS
L’évadé Ilyas Kherbouch, alias « Ganito », a été mis en examen, mardi 24 mars, à Paris, après treize jours de cavale, qu’il a décrits à son avocate comme « les dix plus beaux jours de sa vie ».
Ilyas Kherbouch a été mis en examen par des juges d’instruction de la Juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Paris et placé en détention provisoire à l’isolement, a appris mardi l’Agence France-Presse (AFP) de source proche du dossier.
Dans le détail, Ilyas Kherbouch a été mis en examen, entre autres, pour évasion en bande organisée, corruption de personne dépositaire de l’autorité publique, corruption active d’une personne chargée de mission de service public, faux et usage de faux dans un document administratif, faux et usage de faux en écriture publique, association de malfaiteurs délictuelle, selon la source proche du dossier.
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Ilyas Kherbouch, 21 ans, a comparu devant un juge des libertés et de la détention (JLD), une audience à laquelle l’AFP a pu assister avant le prononcé du huis clos. Dans le box, il est apparu visage fermé, ses longs cheveux noirs coupés courts, moustache et bouc soigneusement peignés. Quand il a aperçu les trois journalistes présents dans la salle, il s’est emporté : « Ils vont encore salir mon image. »
« Ilyas Kherbouch m’a dit de vous parler », a déclaré à l’AFP son avocate, May Sarah Vogelhut, en marge de l’audience. « On a parlé de lui en tant qu’une personne dangereuse mais il a prouvé qu’il ne l’était pas par la manière dont il est sorti de détention et par la façon dont il s’est laissé interpeller sans jamais aucune violence et dans la passivité la plus totale », a-t-elle estimé.
Une évasion minutieusement orchestrée
La compagne de M. Kherbouch, une ancienne surveillante pénitentiaire, était interrogée mardi soir par des magistrats instructeurs. A son égard, M. Kherbouch assure « qu’elle n’a rien à voir là-dedans » et « qu’il veut absolument la protéger », a relaté Mᵉ Vogelhut.
Le 7 mars, trois personnes se sont rendues à la maison d’arrêt de Villepinte (Seine-Saint-Denis), en plein après-midi. Deux s’étaient fait passer pour des policiers venus chercher un détenu, M. Kherbouch, pour l’extraire en garde à vue en présentant de faux documents judiciaires, selon le parquet de Paris.
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Le détenu était alors sorti de prison sans heurt. Le personnel pénitentiaire s’est inquiété de son absence seulement 48 heures après, la durée maximale d’une garde à vue. Il a finalement été interpellé, avec l’ancienne surveillante pénitentiaire, à Canet-en-Roussillon (Pyrénées-Orientales) vendredi soir.
Lire aussi |Article réservé à nos abonnés Le détenu qui s’était évadé de prison dans le sac de linge d’un homme remis en liberté a été arrêté près de Lyon
Sur ces treize jours de cavale, « M. Kherbouch m’a dit que c’était les dix plus beaux jours de sa vie », a relaté son avocate. « Ce n’est pas pour l’excuser, mais son explication, c’est qu’il a connu la liberté pendant un mois et demi depuis ses 14 ans. Je l’ai trouvé changé. Il a découvert le monde en tant qu’adulte et il avait quelque chose d’émerveillé ».
L’homme était, jusqu’à maintenant, connu de la justice pour de multiples home-jackings violents, des dossiers au retentissement médiatique. Il a été mis en examen en novembre 2025, soupçonné d’avoir commandité le cambriolage violent au domicile du gardien du PSG Gianluigi Donnarumma, explique une source proche du dossier. Il est aussi accusé d’avoir menacé une petite main mise en cause dans ce dossier, qui s’est suicidée en prison, d’après deux autres sources proches du dossier.
Quand on parle à ceux qui le connaissent, ils le décrivent aussi comme un jeune homme d’une « grande impulsivité ». Et « d’un sacré ego, qui a grandi derrière les barreaux ». « Avec cette évasion, il a voulu marquer l’histoire, entrer dans la légende », selon une personne de son entourage.
Il ne faut pas parler à Bruno de politique. Attablé au soleil sur la terrasse d’un bar du centre-ville de Vierzon, dans le Cher, ce retraité ne suit que “de loin” les élections municipales dans sa ville, sans se soucier “plus que ça” des résultats du scrutin et de leurs conséquences sur son quotidien. En revanche, l’homme connaît par cœur le prix du kilo de tomates, qui peut augmenter de “près d’un euro” en fonction des mois, et a bien conscience que la taille de son rôti chez le boucher a largement diminué “pour le même prix” sur les trois dernières années. La fermeture de nombreux commerces de la rue piétonne du Maréchal Joffre, au cœur de la ville, le désole tout autant – au même titre que le prix d’un repas au restaurant, “petit plaisir” qu’il ne s’offre plus depuis longtemps.
Malgré ces frustrations, Bruno rejette d’un revers de main l’idée de se rendre aux urnes ce dimanche 22 mars pour tenter de changer les choses. Comme plus de 47 % des Vierzonnais, il n’est pas allé voter lors du premier tour des élections, le 15 mars, et ne compte pas se déplacer davantage une semaine plus tard. “La politique, ça ne m’intéresse pas. Quoi qu’on vote, rien ne change”, souffle-t-il, méfiant. Pourtant, dans cette commune de 25 000 habitants située en plein cœur du Centre-Val de Loire, le résultat du second tour pourrait être une déflagration.
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Ancrée à gauche et majoritairement dirigée par des élus communistes depuis plus d’un demi-siècle, Vierzon pourrait bien basculer à l’extrême droite. Au premier tour, la liste de Yannick Le Roux, dite “d’union des droites” – notamment composée de huit candidats RN et soutenue par les partis d’Eric Zemmour, de Marion Maréchal Le Pen et de Nicolas Dupont-Aignan – est arrivée en tête, avec un score de 41 %. Celle de Maryvonne Roux, jusqu’alors adjointe à la Santé de la maire sortante et dont la liste rassemble plusieurs partis de gauche (hors LFI), a de son côté récolté 30 % des voix.
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