Category: Économie

Les dernières nouvelles économiques, la bourse, les entreprises et les finances décryptées par News 24.

  • Transport, pêche, agriculture… Le plan du gouvernement pour aider les professionnels à surmonter la crise énergétique

    Transport, pêche, agriculture… Le plan du gouvernement pour aider les professionnels à surmonter la crise énergétique

    Cela suffira-t-il ? Un mois après le début du conflit en Iran, le gouvernement a présenté, vendredi 27 mars, un plan de soutien à l’activité des secteurs économiques les plus touchés par la crise énergétique. Une réponse « graduée, ciblée, sectorielle et limitée au mois d’avril », a averti immédiatement le ministre de l’Économie Roland Lescure. Et qui est concentrée sur trois secteurs particulièrement en difficulté — le transport routier, la pêche et l’agriculture — pour un coût total de quelque 70 millions d’euros pour les finances publiques en avril.

    Concernant le transport routier, le secteur va bénéficier d’une aide forfaitaire exceptionnelle de 50 millions d’euros. Elle s’adresse aux « TPE/PME du transport public routier de marchandise et du transport public routier de voyageurs, justifiant des difficultés de trésorerie majeures liées à la crise », détaille l’exécutif. Le ministre des Transports, Philippe Tabarot, a rappelé que le carburant représente environ « 25 % des coûts d’exploitation » pour les entreprises du secteur. C’est pourquoi, une aide équivalente à 20 centimes d’euros par litre de carburant va être mise en place. La date d’ouverture du guichet ainsi que les modalités n’ont pas encore été précisées.

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  • Taxes, subventions, charbon, télétravail, normes… Tour du monde des initiatives pour absorber le choc pétrolier

    Taxes, subventions, charbon, télétravail, normes… Tour du monde des initiatives pour absorber le choc pétrolier

    Inde : le jeu des taxes

    L’Inde a annoncé vendredi une réduction des taxes sur l’essence et le diesel destinés à la consommation intérieure de 10 roupies par litre, soit moins de dix centimes de dollar. Le pays a parallèlement décidé de mettre en place des taxes sur le diesel et le kérosène destinés à l’exportation « pour assurer une meilleure disponibilité de ces produits pour la consommation intérieure ». L’objectif est de protéger le marché domestique face à la volatilité des cours internationaux.

    Pologne : une TVA réduite

    Varsovie a choisi de combiner plusieurs mesures : la réduction de la TVA sur les carburants et l’instauration d’un prix maximum pour limiter l’effet direct de la hausse des cours sur les consommateurs.

    Grèce : des subventions ciblées

    Athènes met en place quatre subventions « ciblées » d’un montant total de 300 millions d’euros. Elles concernent le carburant automobile et maritime, le gazole et les engrais, couvrant jusqu’à 15 % des factures des bénéficiaires. Les aides seront versées en avril et en mai.

    Espagne et Chypre : des plans de soutien

    Le parlement espagnol a approuvé jeudi 80 mesures pour un total de 5 milliards d’euros, incluant une TVA réduite à 10 % sur le gaz et les carburants, contre 21 % auparavant. À Chypre, les autorités ont dévoilé un plan de soutien aux ménages et entreprises de 200 millions d’euros.

    Japon : place au charbon

    Pour sécuriser son approvisionnement énergétique, le Japon s’apprête à assouplir temporairement ses restrictions sur les centrales à charbon. Jusqu’ici, les fournisseurs d’électricité étaient incités à maintenir le taux de fonctionnement des centrales thermiques au charbon à 50 % ou moins ; le gouvernement prévoit désormais d’autoriser l’exploitation à pleine capacité de centrales plus anciennes et moins efficaces, selon le projet présenté.

    Royaume-Uni : du bioéthanol

    À Wilton, dans le nord-est de l’Angleterre, le gouvernement britannique relance temporairement une usine de bioéthanol dont le CO₂ – utilisé pour la santé, l’alimentation et le nucléaire civil – est un sous-produit. Cette opération est soutenue par l’État à hauteur d’environ 100 millions de livres pour « maintenir un approvisionnement critique malgré les perturbations liées à la guerre en Iran ».

    Singapour et États-Unis : ajustements réglementaires

    Singapour a décidé de repousser de plusieurs mois la mise en place d’une taxe visant à accompagner l’intégration progressive de carburants d’aviation d’origine non fossile (SAF). Aux États-Unis, une dérogation temporaire permet la vente d’essence E15 durant l’été, habituellement restreinte en raison de son impact sur le niveau d’ozone et la pollution de l’air.

    Sri Lanka et Thaïlande : appel aux citoyens

    Certains pays ont choisi de réduire la consommation d’énergie par des gestes quotidiens et des changements d’organisation du travail. Au Sri Lanka, les autorités ont décrété la semaine de travail de quatre jours dans la fonction publique et l’extinction de l’éclairage public nocturne, après avoir augmenté les prix des carburants et rationné leur distribution. En Thaïlande, la climatisation des bâtiments publics est désormais limitée à 26°C. Plusieurs États encouragent également le télétravail, conformément aux recommandations de l’Agence internationale de l’énergie (AIE).

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  • Pâte à papier : Fibre Excellence lance un recours contre l’État

    Pâte à papier : Fibre Excellence lance un recours contre l’État

    Le bras de fer entre Fibre Excellence et l’État s’intensifie. Alors que les deux usines du groupe (installées à Saint-Gaudens en Haute-Garonne et à Tarascon dans les Bouches-du-Rhône) qui figurent parmi les dernières en France à maîtriser la fabrication de pâte à papier, sont menacées de fermeture, Fibre Excellence annonce un recours administratif contre l’État. Le fabricant entend par ce biais obtenir « une réponse écrite de l’État à ses demandes, et notamment la révision du tarif dans le cadre de ses contrats d’électricité biomasse ».

    Course contre la montre d’ici à la mi-avril

    S’il n’obtient pas gain de cause, le groupe pourrait engager une procédure devant le tribunal administratif. Un coup de pression de l’industriel dans la dernière ligne droite de la procédure de conciliation ouverte devant le Comité interministériel de restructuration industrielle (Ciri) qui se termine le 15 avril.

    Fibre Excellence emploie 670 salariés et génère plus de 10 000 emplois indirects dans la filière forêt-bois-papier et la logistique. Ils produisent environ 550 000 tonnes par an de pâte à papier, utilisée pour la fabrication de nombreux produits du quotidien (papier, produits sanitaires, emballages). Les excédents de vapeur générés par le travail de la biomasse permettent également de produire de l’électricité revendue à l’État.

    Mais en début d’année, le patron du groupe en France a sonné l’alerte : les deux usines pourraient fermer au printemps. En cause : la hausse des prix du bois en France et les modalités de rachat par EDF qui ne couvrent plus les coûts réels de production d’électricité.

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  • IA : cette avancée de Google qui fait trembler les fabricants de puces sur les marchés

    IA : cette avancée de Google qui fait trembler les fabricants de puces sur les marchés

    Une avancée de Google fait trembler les géants des puces et de mémoires informatiques en Bourse. Mardi 24 mars, l’entreprise américaine a publié un billet de blog sur Turboquant, un ensemble d’algorithmes permettant une compression massive pour les grands modèles de langage (LLM). En d’autres termes, Google propose une solution pour réduire les besoins en mémoire vive (RAM), nécessaire aux LLM comme ChatGPT ou Gemini pour fonctionner.

    Il n’en fallait pas plus pour que les marchés s’inquiètent des fabricants de puces, semi-conducteurs et autres solutions de stockage. Micron Technology, le plus grand fabricant américain de puces mémoire, a vu son titre chuter à partir du lendemain : il a clôturé en baisse de 3,4 % jeudi. SK Hynix a chuté de 6 % et Samsung Electronics de 4 %.

    L’intelligence artificielle a accentué la pénurie de mémoire vive. Ce qui a fait grimper les prix des entreprises du secteur, la demande étant supérieure à l’offre disponible. Or, la solution de Google pourrait réduire la pression sur le marché de la RAM.

    « Pour les marchés, le raisonnement est immédiat : si chaque unité d’IA consomme moins de mémoire, alors la croissance structurelle de la demande en DRAM et NAND pourrait ralentir, ce qui remet en question une partie du narratif [récit] ultra-positif intégré dans les valorisations du secteur », explique, dans une note, John Plassard, économiste chez Cité gestion.

    Mieux comprendre TurboQuant

    « TurboQuant est une méthode de compression qui permet une réduction importante de la taille du modèle sans perte de précision, ce qui la rend idéale pour la compression de caches clé-valeur (KV) et la recherche vectorielle », précise Google dans son article de blog. Et tout ceci, sans perdre la performance des IA.

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  • OPINION. « Banques européennes : l’angle mort du risque au Moyen-Orient »

    OPINION. « Banques européennes : l’angle mort du risque au Moyen-Orient »

    Par Michel Santi, économiste (*)

    Le sujet n’est ni l’ampleur du chiffre, ni sa bénignité. C’est l’impossibilité, pour quiconque — citoyen, parlementaire, analyste — d’accéder à une image fidèle du risque au moment précis où cette image devient nécessaire. Et dans cette opacité, le danger n’est même pas là où le débat le cherche.

    Ce que disent les chiffres

    L’Autorité bancaire européenne a publié son Risk Dashboard Q4 2025. L’exposition directe des banques de l’UE au Moyen-Orient s’établit à 132 milliards d’euros, dont 60,8 milliards pour la France (46 %). Rapporté aux 29 100 milliards d’actifs du secteur, c’est moins de 0,5 %. Le CET1 atteint 16,3 %, les créances douteuses 1,8 %, et les grandes banques françaises ont dégagé 35 milliards de bénéfices en 2025.

    Pris isolément, ces indicateurs sont rassurants. Et ceux qui dénoncent le sensationnalisme ont raison sur un point essentiel : une exposition n’est pas un risque. Le système bancaire européen pourrait absorber des pertes bien supérieures sans compromettre sa solvabilité.

    Mais le chiffre net ne dit pas grand-chose non plus.

    Le netting suppose un monde qui n’existe pas

    L’EBA publie des expositions brutes. Les banques publient des chiffres nets, après compensation par les collatéraux — titres souverains, garanties, dérivés. La méthode est légitime, conforme aux normes IFRS. Les écarts sont considérables : pour BNP Paribas, on passe de 55 milliards en brut à environ 6 milliards en net.

    Le problème n’est pas la méthode. Il est dans ses hypothèses.

    Ce qui manque, ce ne sont pas les données : ce sont les hypothèses. Le netting suppose que les marchés fonctionnent normalement. Que les collatéraux restent liquides. Que les flux ne se figent pas. Que le détroit d’Ormuz ne ferme pas.

    En situation de stress, la valeur des garanties n’est plus un prix de marché : c’est une conjecture.

    Le netting protège du risque de crédit. Pas du risque de liquidité.

    Or c’est la liquidité qui tue — vite, sans préavis.

    Le seul chiffre qui compte en temps de crise — l’exposition nette après stress sur les collatéraux — n’est publié par personne.

    Même illusion côté géographie. Une notation souveraine mesure une capacité de remboursement en temps calme. Elle ne modélise ni une rupture logistique, ni des sanctions croisées, ni un choc énergétique régional. Cela ne signifie pas que les banques ignorent ces risques. Mais que le public n’a aucun moyen d’en juger.

    Le vrai scandale

    Le problème n’est pas le niveau d’exposition. C’est l’absence de synthèse.

    L’EBA publie du brut, avec retard.

    Les banques publient du net, selon leurs méthodes.

    L’écart peut atteindre un facteur dix.

    Le résultat est un angle mort organisé : chacun publie une partie du réel, personne ne le rend intelligible.

    Dans cet espace, les perceptions se fabriquent : les banques choisissent leur narration, le régulateur évite de trancher, les médias simplifient. Et le débat public oscille entre panique et déni.

    Lorsque François Villeroy de Galhau affirme que la stabilité financière n’est « pas en risque », il a probablement raison. Mais une affirmation non étayée par des données vérifiables ne produit plus de confiance. Depuis 2008, la solidité ne se proclame plus. Elle se démontre.

    Ce qui devrait exister

    Le superviseur fait face à un dilemme réel : trop de transparence peut amplifier une crise. Mais ce dilemme ne justifie pas l’opacité actuelle. Il impose au contraire une transparence agrégée, standardisée, intelligible.

    D’autres l’ont compris. La Réserve fédérale publie les résultats détaillés de ses stress tests. La Banque d’Angleterre expose régulièrement des scénarios extrêmes. Ces exercices ne sont pas en temps réel. Ils sont lisibles, comparables, discutables.

    L’Europe pourrait faire de même.

    Ce qu’il manque n’est pas un flux de données supplémentaire, mais une synthèse publique : un tableau de bord réconciliant expositions brutes, nettes et nettes stressées selon des scénarios explicites. Un document qu’un parlementaire peut lire, qu’un journaliste peut vérifier, qu’un citoyen peut comprendre.

    Le problème n’est pas une dissimulation active. Il est institutionnel : aucune instance n’a pour mandat de produire cette lisibilité.

    Le risque qui compte

    Pendant que le débat se focalise sur 132 milliards, le risque réel se déplace ailleurs. L’EBA le souligne : les effets de second tour sont la menace principale. Un baril durablement élevé, une croissance affaiblie, des marges comprimées — ce sont ces mécanismes diffus qui fragilisent les bilans.

    La prochaine tension bancaire, si elle survient, ne viendra pas d’un défaut souverain au Golfe. Elle émergera d’un tissu d’entreprises européennes fragilisées, progressivement incapables d’honorer leurs échéances.

    Les banques françaises sont solides. Les données le montrent.

    Mais tant que cette solidité reste partiellement opaque, chaque chiffre publié devient une source de confusion.

    Le problème n’est pas le risque.

    C’est qu’il demeure, structurellement, difficile à voir.

    (*) Michel Santi est macro-économiste, spécialiste des marchés financiers et des banques centrales, écrivain. Il publie aux Editions Favre « Une jeunesse levantine », Préface de Gilles Kepel. Son fil Twitter.

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  • Face au conflit au Moyen-Orient, le spectre de la récession s’intensifie

    Face au conflit au Moyen-Orient, le spectre de la récession s’intensifie

    L’économie mondiale apparaît, plus que jamais, au bord d’une zone majeure de turbulences. Le conflit en Iran, combiné à des indicateurs macroéconomiques de plus en plus fragiles, fait monter le spectre de la récession aux quatre coins de la planète, à commencer par les Etats-Unis. Selon Moody’s Analytics, la probabilité d’une récession outre-Atlantique dans les 12 prochains mois atteint désormais les 48,6 %, tandis que Goldman Sachs et EY-Parthenon estiment ce risque respectivement à 30 % et 40 %, contre une probabilité en février située entre 15 et 20 %.

    Les signaux avant-coureurs étaient déjà visibles avant l’attaque américano-israélienne contre l’Iran fin février : le rapport mensuel sur l’emploi de février aux Etats-Unis a montré une perte inattendue de 92 000 postes, alors que les économistes tablaient sur un gain de 60 000 emplois. Le chômage américain approche désormais 4,5 %, contre 3,4 % il y a trois ans, et la croissance des salaires, notamment pour les revenus modestes, reste faible.

    « A moins que les hostilités ne cessent maintenant… »

    « Même avant le conflit, je pensais que la récession et les risques étaient en hausse », a indiqué cette semaine sur CNBC Mark Zandi, économiste en chef de Moody’s. « Les risques de récession sont tdevenus rès élevés — et à moins que les hostilités ne cessent maintenant, que le président trouve un moyen de se retirer, de déclarer la victoire et de passer à autre chose, et que les Iraniens fassent de même, je pense que la récession est plus que probable d’ici la seconde moitié de l’année. »

    Le pétrole constitue le principal catalyseur du risque. Le baril de Brent s’installe désormais dans la zone des 110 dollars. Et les simulations de Moody’s estiment qu’un prix moyen proche de 125 dollars au deuxième trimestre suffirait à plonger l’économie américaine dans la récession si les tensions persistent. La fermeture du détroit d’Ormuz perturbe également les exportations d’engrais, menaçant la production agricole et la hausse des prix alimentaires.

    Les scénarios noirs deviennent les scénarios réels

    En Europe, au fur et à mesure que le conflit s’enlise, la situation devient également davantage préoccupante. L’Italie illustre l’exposition européenne directe à la guerre au Moyen-Orient : le centre d’études de Confindustria estime que le pays a d’ores et déjà perdu 0,2 point de croissance et pourrait entrer en récession si le conflit se prolonge. « L’économie risque de stagner si la guerre continue au deuxième trimestre et le pays risque même d’entrer cette année en récession (-0,7 %) si le conflit se prolonge jusqu’à fin 2026 », avertit l’étude. Les exportations ralentiraient, la consommation et les investissements fléchiraient, et l’inflation pourrait atteindre 2,5 % sur l’année, contre 1,5 % en 2025. Les entreprises italiennes pourraient voir leur facture énergétique augmenter de 21 milliards d’euros.

    En France, le mot récession reste pour l’heure tabou, mais le coup de frein économique potentiel n’en paraît pas moins conséquent. Selon les prévisions de la Banque de France publiées cette semaine, le scénario actuel le plus sombre pourrait faire dégringoler la croissance annuelle à 0,3 %, contre 1 % espéré à l’origine. François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, a pris soin de préciser que « dans ces différents scénarios, il n’y a pas de récession, je le souligne ». Reste que ces projections deviennent progressivement, par défaut, les scénarios les plus optimistes, chaque jour supplémentaire allongeant la durée du conflit au Moyen-Orient, et par rebond la profondeur des impacts.

    « Deux crises pétrolières et une crise gazière »

    À l’échelle mondiale, la récession américaine pourrait provoquer un effet domino, affectant les économies européennes et les marchés émergents. Entre hausse des prix de l’énergie, perturbation des chaînes logistiques et ralentissement de la demande mondiale, la vigilance des banques centrales et des gouvernements sera donc déterminante pour éviter un scénario noir. Les prochaines semaines seront à ce titre cruciales : la fin du conflit au Moyen-Orient ou, à défaut, sa prolongation, pourrait sceller la trajectoire économique de 2026.

    En cas de prolongation, la tempête pourrait bien tourner au tsunami. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) alerte sur l’ampleur sans précédent de la crise énergétique. « Le monde perd actuellement 11 millions de barils par rapport à 5 milliards lors des crises de 1973 et 1979. Si vous voulez mettre cela en contexte, cette crise actuelle équivaut à deux crises pétrolières et une crise gazière mises ensemble », a détaillé cette semaine Fatih Birol, directeur exécutif de l’AIE. Avant d’ajouter, dans une logique de présage : « la profondeur du problème n’a pas été bien appréciée par les décideurs du monde entier ».

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  • Soupçons de spéculation et menace de pénuries : les acteurs de l’aérien s’alarment de l’explosion du prix du kérosène

    Soupçons de spéculation et menace de pénuries : les acteurs de l’aérien s’alarment de l’explosion du prix du kérosène

    « Qui profite de cette situation ? » Au sein de la Fédération nationale de l’aviation et de ses métiers (FNAM), qui représente 95 % du transport aérien français, on s’interroge. « L’écart de prix entre le pétrole brut et le kérosène pose question, affirme à la Tribune Laurent Timsit, le délégué général de la FNAM. Est-ce que des intermédiaires en profitent, est-ce qu’il y a de la spéculation sur le marché ? Lorsqu’on a évoqué ces hypothèses auprès des pouvoirs publics, on ne nous a pas ri au nez. »

    Au point que la FNAM a demandé que la transparence soit faite pour comprendre la flambée actuelle du prix du kérosène. Alors que le prix du baril de Brent a augmenté de 60,3 % par rapport à l’an dernier à la même époque, à 110,78 dollars, celui du kérosène a explosé de 118,8 %, selon les dernières données hebdomadaires fournies par l’Association du transport aérien international (IATA), soit la semaine du 16 au 20 mars. La tonne de kérosène s’élevait alors à 1 555,68 dollars.

    Une forte dépendance au Moyen-Orient

    Pour autant, ce n’est pas la première fois que le transport aérien constate une telle décorrélation entre les prix du brut et du kérosène. Elle s’explique, comme pour le diesel, par un manque de capacités de raffinage. « Il y a une forte dépendance en Europe au kérosène, qui est essentiellement raffiné au Moyen-Orient, rappelle Laurent Timsit. Mais l’écart de prix que l’on constate aujourd’hui est bien au-dessus de ce que l’on avait pu observer au début de la crise ukrainienne. »

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  • Les ports, ces zones sensibles où se joue la lutte contre le narcotrafic

    Les ports, ces zones sensibles où se joue la lutte contre le narcotrafic

    En 2025, plus de 108,81 tonnes de stupéfiants ont été saisies sur le territoire national, pour une valeur estimée à 2 197,170 millions d’euros. Le transport maritime, largement favorisé par les têtes des réseaux de narcotrafic, représentait 65% des saisies européennes en 2023. Il faut dire que les routes maritimes et les ports ont, de tout temps, été au centre de l’organisation des flux. « Dès la fin du XIXème siècle, les flux d’opium venant d’Indochine étaient directement organisés par l’Etat », rappelle Laurent Mucchielli, sociologue et directeur de recherches au CNRS. Une production et une vente planifiée qui faisait de la France un presque narco-Etat puisque les recettes alimentaient directement celle qui était alors une colonie française. L’or noir, jusqu’alors autorisé, a finalement été prohibé par une loi de 1916 et le marché qui était auparavant légal et encouragé, s’est finalement muhé en un marché noir dans une « hypocrisie politique », souligne le chercheur.

    Las ! Le mal était entré sur le territoire. Dans l’entre-deux-guerres, le narcobanditisme se développe alors que le marché de l’héroïne bat son plein à la période de la French Connection sur une route qui relie l’Asie aux Etats-Unis… en passant par Marseille. 

    Marseille, qui s’est alors imposée comme un point majeur des flux d’héroïne, puis de drogues d’Amérique du Sud telles la marijuana et le cannabis à partir des années 80. 

    « Les ports ont toujours été des lieux d’existence de la petite criminalité organisée », décrypte le sociologue qui dit comment les raisons géo-économico-politiques ont joué un rôle central dans la montée du narcobanditisme à Marseille jusqu’à en faire cette porte d’entrée du territoire européen. 

    Des trajets fragmentés 

    Car les ports, à la croisée entre mer et terre, ont la capacité de manier de grands volumes.  « Dans la grande majorité, les drogues passent par le flux conteneurisé car les conteneurs peuvent contenir jusqu’à 15 tonnes de marchandises, contre 5 ou 10 kilos sur un passager mule », explique Michaël Lachaux, directeur régional des douanes. En 2025, on dénombre 19 millions de rotations de conteneurs dans le monde, dont 1,5 million à Marseille seulement. Une ville portuaire qui doit à la fois conjuguer avec des opportunités économiques indéniables, mais aussi les risques et enjeux qui vont de pair. « Marseille est reliée à des lignes sensibles, notamment avec l’Amérique du Sud. Pour détourner l’attention des douanes, les organisations du narcotrafic cassent et fragmentent les voyages des conteneurs : plutôt que de faire Colombie-Marseille, ils font étape en Amérique Latine, puis dans un pays européen, puis à Marseille ».

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  • SFR racheté : +5% à +25% sur votre facture ? Ce qui pourrait vous arriver

    SFR racheté : +5% à +25% sur votre facture ? Ce qui pourrait vous arriver

    Les informations à retenir

    La hausse des prix, un vrai risque après la possible vente de SFR

    • Les précédentes fusions d’opérateurs télécoms en Europe montrent qu’un passage de quatre à trois opérateurs tend à augmenter les prix de +5 % à +25 %, malgré un encadrement réglementaire.

    • Les autorités de la concurrence joueront un rôle clé en imposant des conditions pour limiter les hausses, car les promesses des opérateurs ne peuvent suffire à garantir des prix bas.

    Janvier 2012. L’opérateur télécom Free fait une entrée fracassante sur le marché de la téléphonie mobile en cassant les prix. En 80 jours, il prend 2,6 millions de clients et près de 4 % de part de marché à ses concurrents, qui sont contraints de s’aligner. Un an après, les tarifs du marché ont baissé en moyenne de 11,4 %. Un vrai séisme. Le phénomène exactement inverse pourrait-il se produire avec un passage de quatre à trois opérateurs, dans le cas où la cession de SFR à Bouygues Telecom, Iliad (Free) et Orange venait à se concrétiser ? 

    Un acteur qui disparaît, c’est forcément moins de concurrence sur le marché grand public des télécoms. Il en résultera mécaniquement une incitation à rehausser les tarifs, car les clients auront moins de choix pour aller ailleurs. Mais les choses ne sont pas si simples.

    Des précédents d’augmentations en Europe

    « Dans une consolidation, l’enjeu ne se porte pas tellement sur le nombre d’acteurs car il n’y a pas de chiffre magique », nous indique Etienne Chantrel, expert en économie de la concurrence et associé au cabinet Eight Advisory. « Ce qui importe, c’est de savoir si la nouvelle structure de marché qui en découlera va poser problème. Et pour cela, il faut commencer par regarder les parts de marché de chacun, mais aussi se demander s’il y aura des risques accrus de collusion, des freins pour de nouveaux entrants, si les clients auront un pouvoir de négociation sur les prix, etc » .

    Il y a toutefois des précédents documentés. En 2018, le Berec (l’organisme des régulateurs européens des communications électroniques) a publié une étude sur trois exemples de passage de quatre à trois opérateurs télécom : en Autriche (2013), en Irlande (2014) et en Allemagne (2014). Avec pour conclusion que ces fusions ont eu tendance à réduire la concurrence par les prix au détriment du consommateur final. « Sur les quinze dernières années, les fusions télécoms ont été associées à des hausses de prix de l’ordre de +5 % à +25 %, selon les cas en Europe », confirme un économiste expert du marché.

    Toutefois, les effets observés sont à prendre avec précaution. « Le contrôle des concentrations est systématique en Europe pour des opérations de cette ampleur. Cela signifie que les cas problématiques ont normalement été interdits ou autorisées sous condition de “remèdes” pour minorer au maximum les effets anticoncurrentiels. En théorie, on ne devrait donc jamais observer d’opérations ayant conduit à des hausses de prix», fait observer Etienne Chantrel. On peut du coup se demander si les hausses n’auraient pas été encore plus élevées sans contrôle. 

    Les promesses des opérateurs ne suffiront pas

    En attendant, les opérateurs concernés assurent qu’ils veulent faire des gains de synergie et gagner davantage de clients sur leurs infrastructures. Mais pas augmenter les prix. « Nous tenons la promesse de maintenir nos prix bas depuis 25 ans et nous n’avons pas cessé d’enrichir nos forfaits aux mêmes tarifs depuis tout ce temps », nous assure le directeur général d’Iliad Thomas Reynaud. « C’est vrai sur le mobile mais pas sur le fixe. Cela ne veut pas dire qu’ils ne sont pas sincères au moment où ils le disent, mais c’est un engagement difficile à tenir car nul ne peut préjuger de l’avenir du marché », réplique un observateur du secteur. Voilà pourquoi les autorités de la concurrence ne se contenteront pas de belles promesses.

    Pour savoir quelles concessions imposer lors des fusions, comme céder une partie de la base clients, elles disposent d’un indicateur mesurant l’incitation d’une entité fusionnée à augmenter ses prix, en prenant en compte la proximité concurrentielle entre opérateurs et leurs marges. C’est ce qui a conduit Bruxelles à contraindre Orange et l’espagnol Masmovil à céder des fréquences au trublion roumain Digi. Et pour le moment, les tarifs ne sont pas repartis à la hausse sur un marché passé de cinq à quatre acteurs.

    Des mesures similaires pourraient être imposées au consortium français désireux de reprendre la plus grande part des actifs de SFR. Mais cela pourrait réduire l’intérêt pour lui de conclure l’affaire. C’est la raison qui va le pousser à argumenter des gains d’efficience (meilleure couverture, innovation, qualité de service) pour justifier une concentration. Mais ces bénéfices devront rester démontrables, quantifiables et profitables aux consommateurs.

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  • Collectivités locales : malgré des compensations financières, les inégalités restent « excessives », selon la Cour des comptes

    Collectivités locales : malgré des compensations financières, les inégalités restent « excessives », selon la Cour des comptes

    C’est un objectif inscrit dans la Constitution, mais largement méconnu des Français. Pour réduire les inégalités de ressources entre les collectivités territoriales — communes, intercommunalités, départements et régions —, il existe un système de compensations financières — appelé « péréquation » — entre l’Etat et les collectivités d’une part et au sein des collectivités d’autre part.

    Mais ce système s’avère complexe — en premier lieu pour les élus locaux —, daté et insuffisamment redistributeur, selon la Cour des comptes qui y consacre un chapitre au sein de son rapport annuel dévoilé mercredi 25 mars. Si bien que les magistrats financiers considèrent que malgré la péréquation, les inégalités entre collectivités restent aujourd’hui « excessives ».

    D’après la Cour, les collectivités territoriales ont reçu 14,4 milliards d’euros au titre de la péréquation en 2024. Un montant qui se décompose en deux canaux :  une redistribution « verticale » à hauteur de 10,2 milliards d’euros émanant de l’Etat vers les collectivités locales ; une redistribution « horizontale » de 4,2 milliards d’euros issue de transferts financiers des collectivités les plus riches vers les plus pauvres.

    Pour assurer la péréquation « verticale » — qui a augmenté de 790 millions d’euros entre 2022 et 2025, selon la réponse transmise par le ministère de l’Action et des Comptes publics à la rue Cambon — l’Etat effectue un prélèvement sur ses recettes via, principalement, la dotation globale de fonctionnement (DGF), créée à l’origine en 1979 pour compenser la suppression du versement représentatif de la taxe sur les salaires (VRST).

    Il s’avère que la DGF — d’un montant global de 27,4 milliards d’euros en 2026 fixé par la loi de finances et identique à celui de 2025 — se compose d’une part forfaitaire et d’une part destinée à la péréquation. Or, la majorité de la somme — 17,8 milliards d’euros en 2025 — continue à être répartie entre les collectivités « par la voie de dotations non péréquatrices [dotation forfaitaire des communes et des départements, dotation de compensation de recettes de taxe professionnelle des intercommunalités] en fonction de données historiques qui ne reflètent pas les besoins contemporains » des territoires.

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