Ses salariés n’étaient plus payés depuis février. L’association Asalée, qui emploie environ 2.000 infirmières en France, a été mise en redressement judiciaire par le tribunal des affaires économiques de Paris, à l’issue d’une audience ce vendredi 27 mars.
Le tribunal a par ailleurs décidé “la mise à l’écart” de la direction de l’association, la gestion étant confiée “aux deux administratrices judiciaires qui ont été nommées, Me Hélène Bourbouloux et Me Alexandra Blanch”, a précisé Me Thomas Hollande.
“L’enjeu principal est désormais d’obtenir très rapidement le paiement des salaires de mars”, a-t-il ajouté.
La direction de l’association a été sollicitée par l’AFP, mais n’était pas immédiatement joignable.
Créée en 2004, l’association Asalée emploie des infirmières qui travaillent aux côtés de médecins libéraux pour suivre leurs patients atteints de pathologies chroniques, notamment le diabète.
L’association est depuis des mois en conflit ouvert avec les pouvoirs publics et la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam), son unique financeur à hauteur de 100 millions d’euros par an.
Le redressement judiciaire de l’association était attendu, après la cessation de paiement annoncée le 6 mars.
Les salaires en retard vont bientôt être versés
Dans un communiqué, la CFDT Santé-Sociaux s’est félicitée de la décision du tribunal des affaires économiques.
“Les salarié·es devraient rapidement bénéficier de la garantie sur les salaires (AGS) et ainsi recouvrer dans des délais réduits les sommes dues par leur employeur”, a indiqué le syndicat.
En juillet, le gouvernement avait demandé “instamment” à l’association de “remettre en ordre sa gestion et son organisation”, après un rapport particulièrement sévère de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas).
L’Assurance maladie avait repris son financement, mais les relations se sont à nouveau dégradées et elle n’a rien versé depuis décembre.
“Plus de six mois après la remise du rapport de l’Igas, nous ne pouvons que constater que l’association n’est pas à jour du paiement de ses cotisations sociales, ne s’est pas mise en situation de respecter les règles élémentaires de la commande publique comme celles liées à la prévention des conflits d’intérêts”, avait indiqué à l’époque le directeur général de la Cnam, Thomas Fatôme.










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