Carburants : malgré l’envolée des prix, la consommation reste stable

INFOGRAPHIES. Le prix du litre de gazole a bondi de +36 % en France depuis le début du conflit au Moyen-Orient, quand celui de l’essence a pris +17 %. Des hausses, que connaissent aussi les autres pays d’Europe, qui n’ont pas freiné la consommation des automobilistes.

Alors que les prix des carburants se sont envolés depuis plus d’un mois et le début de l’opération militaire américano-israélienne en Iran fin février, les Français n’ont pas réduit leur consommation. « En mars 2026, on a consommé 1 % de plus (de carburants) qu’en mars 2025. Donc la consommation, comme souvent d’ailleurs, est relativement constante », a indiqué ce mardi Olivier Gantois, président de l’Union française des industries pétrolières (Ufip), sur RTL.

Une stabilité qui illustre la difficulté pour nombre de Français à se passer de leur voiture. Ce, alors que le gazole a bondi de +36 % par rapport à la fin février, passant de 1,72 euro à 2,34 euros le litre (soit +62 centimes), d’après les calculs de l’AFP arrêtés ce mardi. Si la hausse est moindre pour le SP95-E10, elle est aussi très élevée : +17 %, soit un litre à 2,02 euros contre 1,72 euros cinq semaines plus tôt (+30 centimes).

Des milliers de stations en rade

De nombreuses stations de France ont démarré cette semaine avec certaines de leurs pompes à sec. « Il y a environ 18 % des stations dans lesquelles il manque au moins un carburant », a affirmé ce mardi matin Maud Bregeon, à la double casquette de porte-parole du gouvernement et de ministre déléguée à l’Énergie, sur RMC/BFMTV. Un chiffre qui diverge de celui de l’Ufip, selon qui une station-service sur quatre (25 %) se trouvait ce mardi matin en « rupture de stock » d’au moins un carburant.

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Pas de quoi paniquer pour autant pour Olivier Gantois. « Les stations seront pour la plupart réapprovisionnées dès aujourd’hui (mardi) », a-t-il rassuré, évoquant « un problème purement logistique » et non de disponibilité de stocks. Ce, en raison du week-end de Pâques, avec des « déplacements importants » et des stations qui n’ont pu être réapprovisionnées puisque « la plupart des camions ne circulent pas ni les dimanches ni les jours fériés ».

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Surtout, la très grande majorité des stations où certaines cuves sont à sec font partie du réseau TotalEnergies. « 83 % des stations dans lesquelles il y a des difficultés » appartiennent au géant français, selon Maud Bregeon. Ces pompes sont prises d’assaut par les automobilistes car les prix y sont plafonnés. Le litre d’essence est figé à 1,99 euro quand celui du gazole l’est à 2,09 euros… mais plus pour longtemps.  TotalEnergies a fait savoir ce mardi que le plafond du litre de diesel serait remonté à 2,25 euros dès ce mercredi 8 avril – celui de l’essence reste inchangé à 1,99 euro.

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De nouvelles aides en préparation

Ces hausses pèsent sur le pouvoir d’achat des Français. Ce mardi matin, des blocages ont été recensés sur le périphérique de Nantes, en Loire-Atlantique, ou dans des ports de la Corse.

Pour tenter de calmer les tensions, le gouvernement a indiqué ce mardi plancher sur un nouveau dispositif d’aides. Il sera mis en place « dans les prochains jours pour les Français qui travaillent, qui font face à des difficultés », a indiqué sur RMC/BFMTV Maud Bregeon, sans plus de précisions.

Une chose est sûre : ce ne sera toujours pas une « aide universelle » car « nous ne pouvons pas nous le permettre », a coupé court Maud Bregeon. Tout comme elle a exclu un blocage des prix. « Ça amènerait dans un laps de temps très rapide à des problématiques de pénurie », a-t-elle estimé.

Les nouvelles mesures seront concentrées sur certaines professions les plus touchées. La ministre déléguée à l’Énergie a ainsi mentionné les « aides-soignantes », les « aides à domicile » et « certains agriculteurs qui font encore face à des difficultés particulières ».

Et ailleurs en Europe ?

Les automobilistes français ne sont pas les seuls à souffrir de la hausse des prix des carburants. Les stations françaises figurent néanmoins parmi celles où les tarifs sont les plus élevés parmi les membres de l’Union européenne, d’après les données du dernier bilan hebdomadaire de la Commission européenne, arrêtées au 2 avril.

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À cette date, le litre de SP95 s’affichait à 2,01 euros dans l’Hexagone et celui du gazole à 2,19 euros Au-dessus de la moyenne des Vingt-Sept, établie à 1,87 euros pour le SP95 et 2,08 euros pour le gazole.

La situation s’est nettement dégradée dans la plupart des pays de l’UE entre début mars et ce début avril. Alors que la barre des deux euros le litre n’avait été franchie pour le diesel que dans quatre pays le mois précédent – Danemark, Allemagne, Finlande et Pays-Bas –, ils sont désormais 18 concernés sur les 27.

Le litre de gazole ne se trouve désormais plus en dessous de 1,62 euros, hormis à Malte où il n’a pas bougé en un mois, à 1,21 euros. Alors qu’au 9 mars dernier, encore huit pays n’avaient pas dépassé ce seuil.

Dans ce contexte, les ministres de l’Économie de cinq pays de l’UE – Espagne, Autriche, Allemagne, Italie et Portugal – ont écrit en fin de semaine dernière au commissaire européen au Climat, Wopke Hoekstra. L’objectif du courrier est on ne peut plus clair : mettre en place une taxe sur les bénéfices exceptionnels des entreprises énergétiques.

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