Les marchés alimentaires mondiaux restent sous tension. L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a annoncé vendredi que son indice des prix alimentaires avait enregistré une hausse de 2,4 % sur un mois, et de 1 % sur un an, confirmant une tendance inflationniste amorcée depuis le début du conflit au Moyen-Orient. Cette flambée est liée aux coûts élevés de l’énergie, notamment le pétrole et le gaz, qui impactent directement le prix des engrais. « Les hausses de prix depuis le début du conflit ont été modestes, tirées principalement par des prix du pétrole accrus mais amorties par une offre mondiale de céréales abondante », résume Maximo Torero, chef économiste de la FAO, cité dans un communiqué.
A LIRE AUSSI
Engrais, cadmium, stockage, volatilité des marchés… Les difficultés s’amoncellent pour les céréaliers
Le spécialiste souligne cependant que la situation pourrait se compliquer si le conflit perdure. « Mais si le conflit s’étire au-delà de 40 jours, avec des coûts d’intrants élevés et les faibles marges actuelles des agriculteurs, ceux-ci devront choisir : cultiver la même chose avec moins d’intrants, planter moins, ou passer à des cultures moins demandeuses d’engrais. Ces choix affecteront les rendements et détermineront l’offre alimentaire et les prix des matières agricoles sur le reste de cette année et toute l’année suivante », avertit-il.
Vulnérabilité des marchés agricoles
Le renchérissement des engrais est particulièrement préoccupant. Environ 30 % de ces produits transitaient par le détroit d’Ormuz, un passage stratégique perturbé par le conflit, et leur coût reste sensible au prix du gaz nécessaire à leur production. Dans le détail, l’indice FAO des céréales a progressé de 1,5 % en mars, porté par un blé en hausse de 4,3 %, conséquence de récoltes américaines menacées par la sécheresse et de semis australiens potentiellement réduits par le coût des engrais. Le maïs s’est légèrement redressé, soutenu par la demande pour les biocarburants mais limité par une offre mondiale abondante, tandis que le riz a reculé de 3 % en raison d’une demande moindre.
A LIRE AUSSI
Ormuz, Bab el-Mandeb… Comment les géants du commerce maritime s’adaptent face aux blocages des détroits
Les huiles végétales ont enregistré une hausse de 5,1 %, reflétant l’impact de la flambée du pétrole sur la demande en biocarburants. Le sucre s’est apprécié de 7,2 %, porté par les anticipations d’une augmentation de la production d’éthanol au Brésil, premier exportateur mondial, même si les récoltes restent abondantes en Inde et en Thaïlande. L’indice de la viande a progressé de 1 %, avec un prix du porc soutenu par la demande dans l’Union européenne et une viande bovine dont l’offre se restreint, notamment au Brésil.
Cette dynamique souligne la vulnérabilité des marchés agricoles face aux tensions géopolitiques et à la dépendance aux intrants énergétiques. Pour l’heure, la disponibilité mondiale reste suffisante pour limiter des hausses spectaculaires, mais l’incertitude plane sur les mois à venir, en particulier si la guerre se prolonge et que les coûts de production demeurent élevés.
Climat & environnement
Chaque semaine, les enjeux clés de la transition écologique.

Leave a Reply