C’est un symbole de la toute-puissance de Vladimir Poutine. Qui doit donc être protégé. Ce 12 avril, le Kyiv Post a révélé que la Russie a installé en mars 2026 sept nouvelles tours dotées de systèmes de défense aérienne autour de la résidence secondaire du dirigeant, située à Valdaï. D’après des images satellites fournies par Planet.com, les travaux ont débuté en même temps, certaines tours étant déjà équipées de missiles sol-air.
Le dispositif défensif s’organise désormais en deux cercles concentriques – un large et un plus restreint – autour de la propriété, portant à 27 le nombre total de systèmes de défense aérienne dans la zone immédiate. Il faut dire que le domaine de Valdaï est particulièrement important : grand de 250 hectares, le terrain se structure comme une sorte de ville à taille miniature, avec sa piscine, son solarium, son bowling, son cinéma et même son cabinet dentaire. D’un point de vue stratégique, il abrite une réplique du bureau de la résidence principale de Vladimir Poutine, près de Moscou, pour pouvoir camoufler les déplacements du président russe hors de la capitale dans ses communications publiques.
D’autres sites stratégiques
En décembre 2025, la Russie avait accusé l’Ukraine d’avoir ciblé la demeure lors d’une attaque interceptée de 91 drones, une allégation démentie par Kiev, qui y voyait un prétexte pour remettre en question les négociations menées par Washington pour mettre fin à la guerre. Il n’empêche : ce renforcement de la sécurité par Moscou ne vise pas qu’à protéger son président, mais s’inscrit dans une tendance observée sur d’autres sites stratégiques. A l’image de ces plus de 20 tours équipées de mitrailleuses lourdes et de systèmes Pantsir repérés dans la zone économique spéciale d’”Alabuga”, au Tatarstan, où sont fabriqués les drones Geran dérivés des drones iraniens Shahed.
Le 4 novembre, Vladimir Poutine avait aussi promulgué une loi autorisant le recours à des réservistes, en échange d’une compensation financière, pour protéger les raffineries de pétrole et autres infrastructures énergétiques en Russie, sur fond de frappes ukrainiennes contre de telles installations quasiment chaque semaine. Ces attaques provoquent en effet des dégâts dans des usines des secteurs pétrolier et gazier et sur des conduites destinées au transport des hydrocarbures, conduisant à une hausse des prix du carburant.
Une popularité en chute libre
Malgré ces mesures préventives, la popularité intérieure du dirigeant russe semble reculer. Le 10 avril, l’institut public VtsIOM indiquait que son taux d’approbation officiel était tombé à 67,8 %, soit son plus bas niveau depuis février 2022. Des estimations indépendantes évoquent une chute plus marquée encore, avec un niveau de confiance mesuré par “question ouverte” descendant à 29,5 %.
Des analystes estiment que cet isolement croissant – à la fois physique et politique – reflète une fatigue grandissante liée à la guerre, ainsi que l’intensification des frappes de drones ukrainiens, désormais capables de “pénétrer plus profondément au cœur de la Russie européenne”, selon le sociologue Konstantin Gaaze, cité par le Kyiv Post. Malgré la trêve de Pâques orthodoxe actuellement en vigueur, la rapidité de ces constructions laisse penser que le Kremlin se prépare à une montée durable des menaces aériennes visant ses sites les plus sensibles.

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