Il y a quelques années, quand ma fille était plus jeune, un soir d’élection, je l’avais emmenée au dépouillement, y voyant une leçon d’éducation civique en live. Là, à ma table, quelqu’un avait sorti d’une petite enveloppe bleue une photo de femme peu habillée, arrachée à un magazine, sur laquelle une bulle au marqueur avait été ajoutée disant « je vote pour mon cul ». Depuis, ma fille n’a quasiment jamais manqué le dépouillement d’une soirée électorale.
C’est arrivé près de chez nous
Lors du premier tour des municipales, le 15 mars, 2,61 % des électeurs ont déposé un bulletin nul dans l’urne (selon le ministère de l’intérieur). Deux à trois votes de ce type dans le flot des centaines d’enveloppes déposées sur les tables de dépouillement, c’est l’idéal : suffisamment pour créer de l’animation, mais pas trop pour ne pas finir à minuit.
Car le bulletin invalidé est examiné par les quatre scrutateurs à la table, qui doivent déterminer, parmi la quinzaine de causes de nullité, de laquelle il relève. Une quinzaine de cases et jamais celle qui correspond exactement au cas qu’on a entre les mains. Un bulletin déchiré en petits morceaux entre-t-il dans la case « ne respectent pas la réglementation en matière de présentation » ? Un montage sur une feuille reproduisant les photos de Rachida Dati, Sarah Knafo et Sophia Chikirou surmontées du titre « Les trois grâces » : s’agit-il d’un bulletin « ne comportant pas les noms et prénoms des candidats », d’un bulletin « portant des signes de reconnaissance » ou d’un bulletin « injurieux » ? (La table a opté pour la dernière catégorie, car un dessin de flèche inversait le r et le a de « grâces »).
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