A la Conférence mondiale sur l’intelligence artificielle à Shanghaï (Chine), le 26 juillet 2025. GO NAKAMURA/REUTERS
C’est la victoire des algorithmes sur l’industrie physique, selon le bureau d’études Hurun. Avec une fortune estimée à 68 milliards d’euros, Zhang Yiming, fondateur de ByteDance, la firme derrière les réseaux sociaux triomphants TikTok et Douyin (son équivalent en Chine) ainsi que la redoutable intelligence artificielle (IA) Seedance, a détrôné le « roi de l’eau », Zhong Shanshan, fondateur du géant de l’eau en bouteille Nongfu Spring. L’hégémonie de ce dernier symbolisait jusqu’ici la résilience de la consommation traditionnelle. Ce nouveau podium de la tech est complété par Ma Huateng, aux manettes des jeux en ligne et de l’IA générative de Tencent, et Colin Huang, créateurs des applications marchandes Pinduoduo et Temu.
Selon le classement publié par Hurun, jeudi 5 mars, la Chine a également détrôné les Etats-Unis en reprenant la première place du classement mondial des personnes les plus riches. Elle compte 1 110 milliardaires sur un total de 4 020, grâce à 287 nouveaux entrants. Des valorisations boursières fulgurantes ont permis à deux ingénieurs chinois d’accéder au statut de milliardaire : Yan Junjie de MiniMax, avec 3,6 milliards de dollars (3,1 milliards d’euros), et Liu Debing de Knowledge Atlas Technology JSC (aussi connu sous le nom de Zhipu), avec 1,2 milliard de dollars. Minimax comme Zhipu sont des rivaux de DeepSeek dans l’IA dite générative, soit la création d’images et de vidéos notamment à partir d’instructions écrites.
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Le procureur spécial Robert Mueller, au ministère de la justice, à Washington, le 29 mai 2019. CAROLYN KASTER / AP
Robert Mueller, l’ancien procureur spécial chargé de l’enquête sur les liens entre la Russie et la campagne de Donald Trump lors de l’élection présidentielle 2016, est mort,vendredi 20 mars, à l’âge de 81 ans, a annoncé sa famille, dans un communiqué transmis samedi à l’agence de presse américaine Associated Press.
« C’est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons le décès de Bob, survenu vendredi soir », ont fait savoir ses proches. Le New York Times rapportait il y a quelques mois qu’il avait été diagnostiqué de la maladie de Parkinson.
Homme taciturne et discret, il avait supervisé pendant près de deux ans l’enquête sur une possible collusion entre la Russie et le candidat Donald Trump lors de la campagne de 2016 et avait rendu, en avril 2019, ses conclusions dans un pavé de plus de 400 pages. Robert Mueller y décrivait les efforts russes pour aider Donald Trump en 2016, mais ajoutait ne pas avoir rassemblé de preuves d’un complot entre la Russie et l’équipe de campagne du milliardaire républicain.
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Donald Trump se réjouit de sa mort
« Robert Mueller vient de mourir. Bien, je suis content qu’il soit mort. Il ne peut plus faire de mal aux innocents », a réagi Donald Trump, sur sa plateforme, Truth Social.
Dans son rapport de 2019, le procureur détaillait une série de pressions troublantes exercées par le locataire de la Maison Blanche sur son enquête et se disait incapable de le blanchir des soupçons d’entrave à la justice.
Né en août 1944, Robert Mueller n’avait que deux ans de plus que Donald Trump. Comme lui, il était républicain, né dans une famille aisée, et avait fréquenté des écoles prestigieuses. Mais la comparaison s’arrête là. Autant le président est outrancier et omniprésent dans les médias, autant Robert Mueller affichait une austérité calculée. Eternel costume sombre, il ne cherchait pas à attirer les regards.
A la tête de l’enquête russe, Robert Mueller a toujours pris soin de rester dans l’ombre, s’exprimant par l’entremise de documents judiciaires largement protégés par le secret. Il déléguait les audiences à ses lieutenants. Jamais il n’a communiqué avec la presse, laissant son porte-parole livrer de laconiques « pas de commentaire ».
Nommé à la tête du FBI une semaine avant le 11-Septembre
Robert Mueller a servi comme officier chez les marines, a été médaillé pour sa bravoure lors de la guerre du Vietnam, avant de se lancer dans une carrière de haut fonctionnaire. Après des études de droit, il a notamment travaillé comme procureur fédéral, enquêtant avec la même ténacité contre le gang des Hells Angels, la mafia ou des banquiers malhonnêtes. En tant que numéro deux du ministère de la justice sous la présidence de George Bush père (1989-1993), Robert Mueller a notamment supervisé l’enquête sur l’attentat contre un avion de la Pan Am au-dessus de Lockerbie (Ecosse), qui a tué 270 personnes en 1988.
Nommé à la tête de la puissante police fédérale américaine (FBI) une semaine avant les attentats du 11 septembre 2001, Robert Mueller a menacé de démissionner trois ans plus tard si le président George W. Bush persistait avec un programme d’écoutes extrajudiciaires controversé.
En 2011, à l’expiration de son mandat après dix ans de service, le président démocrate Barack Obama lui avait demandé de rester deux années supplémentaires. Une prolongation alors approuvée à l’unanimité par les sénateurs, preuve du grand respect envers sa personne.
Barack Obama a rendu hommage, sur X, à « l’un des meilleurs directeurs de l’histoire du FBI, qui a transformé cette police après le 11-Septembre et sauvé un nombre incalculable de vies ».
« Mais c’est son engagement sans limite envers la règle de droit et sa conviction inébranlable en nos valeurs fondamentales qui ont fait de lui l’un des fonctionnaires les plus respectés de notre époque », a relevé l’ancien président.
Lire le portrait : Qui est Robert Mueller, le procureur chargé de l’enquête sur la campagne de Trump ?
DÉCRYPTAGE – Le président américain compare l’assistance de Moscou à Téhéran à l’aide fournie à l’Ukraine, réservant sa colère à ses alliés.
L’aide fournie par la Russie à l’Iran semble moins irriter Trump que le refus de l’Otan de participer à la nouvelle guerre du Golfe. Les informations, selon lesquelles Moscou aurait apporté son assistance à Téhéran depuis le début des opérations américaines et israéliennes, ont été rapportées par plusieurs médias américains, mais sans susciter de réactions très vives de la part de l’Administration.
Le Washington Post avait été le premier à révéler que la Russie avait fourni aux Iraniens des renseignements et des images satellite sur les positions militaires américaines dans la région, y compris celles d’avions et de navires. L’Iran, qui ne dispose que de quelques satellites militaires, aurait profité de ces informations pour frapper des cibles, telles que des centres de commandement ou des radars. L’attaque de drones contre un centre tactique au Koweït, qui avait tué six militaires américains au début de la guerre, ou bien contre l’aile abritant la station de la CIA à l’ambassade américaine…
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Le stand Sopra Steria, au salon Milipol Paris 2025, salon professionnel consacré à la sécurité intérieure des Etats, à Villepinte (Seine-Saint-Denis), le 18 novembre 2025. LAURENT GRANDGUILLOT/REA
La police fédérale belge va réclamer 179 millions d’euros au groupe européen d’origine française Sopra Steria, spécialiste des logiciels et des systèmes informatiques. Il est accusé d’avoir échoué dans la mise au point du projet I-Police, qui visait à la numérisation et la centralisation de toutes les données des services policiers, locaux et fédéraux, du royaume. Lors d’une comparution devant une commission parlementaire, Eric Snoeck, commissaire général de la police fédérale, a estimé, vendredi 6 mars, que la société chargée du volet technologique n’avait pas respecté ses engagements, ce que celle-ci conteste.
Assignée en justice à Bruxelles – une première audience doit avoir lieu jeudi 12 mars –, Sopra Steria engage de son côté une procédure civile, estimant qu’elle ne porte aucune responsabilité dans l’arrêt du programme. Elle dit vouloir « clarifier les responsabilités » dans cette décision. Bernard Quintin, le ministre de l’intérieur, a annoncé, en décembre 2025, qu’il résiliait le contrat d’un montant initial de 300 millions d’euros. L’Etat belge affirme avoir dépensé en vain 76 millions depuis le démarrage du projet, en décembre 2021.
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Manifestation antigouvernementale à Prague, le 21 mars 2026. MICHAL TUREK/AP
Des dizaines de milliers de Tchèques ont manifesté, samedi 21 mars, à Prague, contre le gouvernement nationaliste du milliardaire Andrej Babis, dénonçant « l’arrogance du pouvoir ». Le mouvement citoyen indépendant Un million de moments pour la démocratie, qui a organisé la manifestation, a accusé le gouvernement de « minimiser » les menaces représentées par la Russie, envahie par l’Ukraine en 2022.
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Un million de moments pour la démocratie a affirmé que plus de 200 000 personnes se sont rassemblées, samedi, pour manifester dans le parc Letna, à Prague, un chiffre que l’Agence France-Presse (AFP) n’a pas pu vérifier dans l’immédiat. Plusieurs dizaines de milliers de personnes avaient déjà manifesté contre Andrej Babis en février.
Andrej Babis, en poste depuis décembre 2024, dirige un gouvernement tripartite composé de son parti, ANO, et de deux formations alliées eurosceptiques, le parti d’extrême droite SPD, et La Voix des automobilistes.
Manifestation antigouvernementale à Prague, le 21 mars 2026. EVA KORINKOVA/REUTERSManifestation antigouvernementale à Prague, le 21 mars 2026. EVA KORINKOVA/REUTERS
Un million de moments pour la démocratie a également dénoncé l’intention du gouvernement de prendre le contrôle des médias publics. « L’arrogance du pouvoir grandit et les hommes politiques extrémistes prennent notre pays en otage », ont déclaré les organisateurs sur Facebook. Les manifestants ont aussi accusé Andrej Babis et Tomio Okamura, président du SPD et président du Parlement, d’abuser de leur immunité parlementaire afin d’échapper à des poursuites pénales. Andrej Babis fait l’objet de poursuites pour des accusations de fraude aux subventions européennes, tandis que Tomio Okamura est poursuivi pour incitation à la haine.
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Refus de fournir une aide militaire à l’Ukraine
« Je n’aime pas la façon dont le gouvernement se comporte, l’arrogance du pouvoir, et la manière dont il impose des normes morales complètement différentes », a déclaré à l’AFP une manifestante, Anna Bittner. Marek Perutka, un écologiste brandissant un drapeau ukrainien, a pour sa part dénoncé la politique étrangère du gouvernement, qui refuse de fournir une aide militaire à Kiev. « Il fait tout pour nous entraîner vers la Russie, avec la Hongrie et la Slovaquie, pour porter atteinte à l’UE », a-t-il dit.
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Le gouvernement a réduit les dépenses consacrées à la défense à moins de 2 % du PIB dans le budget de l’Etat pour 2026, soit un chiffre inférieur à celui fixé par l’OTAN, dont la République tchèque est membre.
Un million de moments pour la démocratie avait déjà rassemblé plus de 200 000 manifestants pour appeler à la démission d’Andrej Babis, lors de son précédent mandat en 2019. En février, le mouvement avait organisé dans le centre historique de Prague une manifestation pour soutenir le président pro-ukrainien du pays, Petr Pavel, ancien général de l’OTAN. Un bras de fer a opposé Petr Pavel à La Voix des automobilistes lorsqu’il a refusé de nommer ministre de l’environnement leur candidat, Filip Turek, qui fait l’objet d’une enquête pour viol et a été critiqué pour des commentaires misogynes et racistes.
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REPORTAGE – À Netanya, dans « la capitale française d’Israël », certains expatriés disent accepter la guerre comme un moindre mal, convaincus d’avoir perdu la France qu’ils ont connue.
« Ici on vit, madame. Même sous les bombes, on vit », insiste Didier, l’air sérieux derrière sa tasse de café. En ce treizième jour de guerre, il est attablé en terrasse sur la place centrale de Netanya avec ses amis, retraités comme lui. « C’est un rituel qu’on ne raterait pour rien au monde : quoi qu’il arrive, chaque vendredi on se retrouve ici, avec le bon air frais de la mer… » se réjouit-il, malgré un soleil timide. Son épouse, Micheline, acquiesce en bout de table.
Comme leurs amis, ce couple a décidé de poser ses valises dans cette ville côtière quelques années plus tôt. Située à une trentaine de kilomètres au nord de Tel-Aviv, Netanya est surnommée « la capitale française d’Israël », depuis que cette diaspora l’a massivement élue comme refuge.
Nuits blanches
Du « bonjour » d’accueil des serveurs aux menus distribués en français, la langue de Molière est parlée à tous les coins de rue, au point, pour ce territoire, d’incarner une sorte de village gaulois au cœur du Levant. Un…
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Yann Le Cun, lors du salon VivaTech, à Paris, en juin 2023. THIBAULT CAMUS/AP
La start-up d’intelligence artificielle (IA) fondée par Yann Le Cun est une société de droit français avec son siège à Paris. Mais ce projet de l’ex-directeur de la recherche en IA de Meta, affiche des ambitions mondiales : « Nous voulons être une entreprise globale basée en Europe »,explique Alexandre LeBrun, le directeur général de la société, baptisée AMI (Advanced Machine Intelligence), dont M. Le Cun présidera le conseil d’administration. Signe de cette volonté planétaire, explique M. LeBrun, les fondateurs ont cherché un certain « équilibre » géographique parmi les investisseurs de la première levée de fonds de 890 millions d’euros, annoncée mardi 10 mars par l’entreprise, valorisée 3 milliards d’euros.
Dans ce tour de table, on trouve des acteurs européens (les fonds Cathay Innovation et Hiro Capital, les groupes Dassault et Mulliez ou le fondateur de Free Xavier Niel, actionnaire à titre individuel du Monde), mais aussi américains (le fonds Greycroft, l’industriel des puces Nvidia ou le fonds du fondateur d’Amazon, Jeff Bezos) et asiatiques (le fonds du groupe automobile Toyota ou le géant de l’électronique Samsung). Dans un monde de l’IA « de plus en plus bipolaire » autour des poids lourds que sont Etats-Unis et de la Chine, l’Europe peut incarner une voie alternative, comme une « nouvelle Suisse »,sourit M. LeBrun.
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Le Hezbollah signale des affrontements directs avec les forces israéliennes dans deux villes du Liban sud
Le Hezbollah libanais fait état dans un communiqué d’« affrontements directs avec les forces de l’armée ennemie israélienne dans la ville de Khiam », avec des « armes légères et moyennes » ainsi que des « roquettes », qui ont duré quatre heures.
Cette ville stratégique, située à une quarantaine de kilomètres à l’intérieur des terres, domine de vastes plaines du sud du Liban ainsi que des parties du nord d’Israël. C’est là que l’armée israélienne a commencé son incursion terrestre après le début des hostilités, le 2 mars.
Ces derniers jours, le Hezbollah a affirmé à plusieurs reprises avoir pris pour cibles des soldats et des véhicules israéliens à Khiam et dans les environs.
D’autres combats ont eu lieu samedi beaucoup plus à l’ouest, dans la ville côtière de Naqoura, qui abrite le quartier général de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), selon le mouvement chiite pro-iranien. Les soldats israéliens « ont tenté de pénétrer (…) en direction du bâtiment de la mairie de Naqoura », dit-il dans un autre communiqué, ajoutant que ses combattants ont riposté. Le Hezbollah revendique, en outre des tirs de roquettes en direction d’une base israélienne près de Safed, dans le nord de l’Etat hébreu, et des raids de drones à Kiryat Shmona.
L’armée israélienne a, elle aussi, fait état samedi d’« engagement au sol » dans le sud du pays et ajoute qu’aucun de ses soldats n’a été blessé.
RÉCIT – Début mars, douze Rafale de l’escadron de chasse 3/30 Lorraine ont défendu avec succès pendant près de deux heures un avion ravitailleur face à un adversaire en surnombre. Deux pilotes qui ont participé à cet exercice unique en dévoilent les contours au Figaro.
C’est un curieux ballet qui s’est joué au-dessus de l’Atlantique ce jeudi 5 mars. Au cœur d’une zone aérienne strictement délimitée à 200 km par 100 km, douze avions Rafale* ont contenu les assauts de quinze autres aéronefs de la chasse française. L’objectif de la force «bleue» : défendre un avion ravitailleur A330 MRTT que la force «rouge» en surnombre cherchait à abattre par tous les moyens. «Les avions ravitailleurs sont des éléments clés, qui permettent d’augmenter l’élongation (la distance parcourue par l’avion, NDLR) ou de rester plus longtemps sur zone», confie au Figaro le commandant Julien, pilote d’un des Rafale «bleus». Les tirs étaient évidemment simulés. «Mais le scénario était complètement cohérent avec ce qui peut se passer ou ce qui s’est déjà passé en termes de combat aérien», avertit l’aviateur.
Un pilote de la force «bleue»
Armée de l’Air et de l’Espace
Baptisé «Rogues Cup», cet exercice annuel n’est pas qu’une simple compétition, contrairement à ce que son nom peut laisser penser. Une coupe est bien réservée au vainqueur…
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VU D’AILLEURS – Le chancelier allemand Friedrich Merz et son vice-chancelier Lars Klingbeil affirment que la guerre contre l’Iran n’est « pas notre guerre ». Malheureusement, il ne s’agit pas d’un choix. Si les Européens veulent préserver leurs intérêts, ils doivent élaborer leur propre stratégie.
Par Daniel-Dylan Böhmer (Die Welt)
Quand une guerre devient-elle notre guerre ? Lorsqu’on la déclenche ? Lorsqu’on la soutient ? Ou dès lors qu’elle nous affecte, même sans participation directe ? Le gouvernement allemand semble réticent à envisager la possibilité d’une mission navale dans le détroit d’Ormuz. Interrogé sur une éventuelle participation à des escortes militaires de navires marchands – allemands ou étrangers – dans ce passage stratégique pour l’économie mondiale, Friedrich Merz répond que l’Allemagne ne fait pas « partie de cette guerre » et ne souhaite pas s’y engager. Le vice-chancelier Lars Klingbeil se montre encore plus laconique : « Ce n’est pas notre guerre. » La haute représentante de l’Union européenne pour les Affaires étrangères, Kaja Kallas, tient des propos similaires : « Ce n’est pas la guerre de l’Europe. » Comme si l’on pouvait choisir ses guerres.
Depuis le début des frappes aériennes israélo-américaines fin février…
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