Une avancée de Google fait trembler les géants des puces et de mémoires informatiques en Bourse. Mardi 24 mars, l’entreprise américaine a publié un billet de blog sur Turboquant, un ensemble d’algorithmes permettant une compression massive pour les grands modèles de langage (LLM). En d’autres termes, Google propose une solution pour réduire les besoins en mémoire vive (RAM), nécessaire aux LLM comme ChatGPT ou Gemini pour fonctionner.
Il n’en fallait pas plus pour que les marchés s’inquiètent des fabricants de puces, semi-conducteurs et autres solutions de stockage. Micron Technology, le plus grand fabricant américain de puces mémoire, a vu son titre chuter à partir du lendemain : il a clôturé en baisse de 3,4 % jeudi. SK Hynix a chuté de 6 % et Samsung Electronics de 4 %.
L’intelligence artificielle a accentué la pénurie de mémoire vive. Ce qui a fait grimper les prix des entreprises du secteur, la demande étant supérieure à l’offre disponible. Or, la solution de Google pourrait réduire la pression sur le marché de la RAM.
« Pour les marchés, le raisonnement est immédiat : si chaque unité d’IA consomme moins de mémoire, alors la croissance structurelle de la demande en DRAM et NAND pourrait ralentir, ce qui remet en question une partie du narratif [récit] ultra-positif intégré dans les valorisations du secteur », explique, dans une note, John Plassard, économiste chez Cité gestion.
Mieux comprendre TurboQuant
« TurboQuant est une méthode de compression qui permet une réduction importante de la taille du modèle sans perte de précision, ce qui la rend idéale pour la compression de caches clé-valeur (KV) et la recherche vectorielle », précise Google dans son article de blog. Et tout ceci, sans perdre la performance des IA.
Sans revendiquer une quelconque étiquette snob, on peut dire que je n’ai jamais vraiment pris de plaisir face aux séries “imposées”. Celles dont tous mes camarades se pâmaient dans la cour du lycée. Je pense notamment à Friends, déjà dépassée pour moi, mais terriblement en vogue chez beaucoup, à la fin des années 2010.
Rien à faire, depuis ma tendre enfance et le choc d’Hartley Cœurs à Vif, aucune sitcom ne trouvait sa place dans mon palpitant. Bien trop jeune pour regarder les pérégrinations australiennes de ces bad boys en pleine puberté, je me suis habitué très tôt à la noirceur. Pourtant, rien à me mettre sous la dent durant de nombreuses années… Jusqu’à l’arrivée de Seinfeldsur Netflix, en septembre 2021.
La série avait été diffusée aux États-Unis à partir de 1989 sur le réseau NBC. Passé à côté du phénomène la faute à une diffusion hexagonale confidentielle (sur Canal Jimmy, puis sporadiquement sur Canal+) et une VF peu ragoutante, je me suis rattrapé. 180 épisodes plus tard, je suis en mesure d’expliquer pourquoi elle est l’élue, la série humoristique la plus délicieuse de mon existence de téléspectateur averti.
La trentaine, c’est à cet âge qu’on retrouve Jerry Seinfeld (vedette du stand-up campant son propre rôle), George Costanza (Jason Alexander), Elaine Benes (Julia Louis-Dreyfus) et Cosmo Kramer (Michael Richards). Ça tombe bien, c’est le mien aussi. Du haut de ma petite expérience, un élément me marque d’emblée. À la façon de ce que je connais depuis une quinzaine d’année à Paris, l’appartement new-yorkais de Jerry est assez petit. Une réelle humilité loin de la fausse modestie de la bande de Friends, squattant un bien beaucoup trop grand pour être honnête. Une réalité locative touchante, qui ne sera bien évidemment pas la seule chose à me frapper.
Cet appartement, véritable bunker humoristique, abrite en effet bien d’autres atouts… C’est ici que se réunissent nos personnages, liés par leurs bassesses et leurs peurs. Oui, comme dans Friends, on cause d’amour, de sexe et du travail. Mais d’une manière tout à fait différente. Les petites manies et la misanthropie prennent le dessus, en même temps que les angoisses. Une feuille de route absurde, terrible, jusqu’au pire à chaque fois ou presque.
Kramer, Jerry, George et Elaine : quatre héros capables du pire comme du pire
Ainsi, Cosmo Kramer, voisin dégingandé pas gêné par la vie privée de son voisin Jerry, souhaite faire travailler les sans-domicile à l’avant des pousse-pousse au prétexte qu’ils vivent déjà dehors. Plus encore, il veut que les clients de sa future pizzeria fassent leur pizza eux-mêmes, car “les gens veulent faire les choses eux-mêmes”. Des concepts sans doute précurseurs…
Dans un autre genre, George, best friend de Jerry, tire son épingle du jeu. Petit homme peu sûr de lui, il rivalise d’inventivité pour ne jamais rien payer et tue accidentellement sa future femme. Pingre à souhait, il savoure sa disparition. Le tout sans oublier de s’en prendre à un enfant malade, car plus fort que lui lors d’un obscur jeu de société. Seinfeld, star du show jamais fichue de se débrouiller toute seule, ne vaut pas mieux. Et Elaine dans tout ça ? Machiavélique et parfois jalouse, elle fait souvent oublier ses manigances grâce à son sourire et ses mauvais pas de danse.
C’est donc ça le secret de Seinfeld, “a show about nothing” ? Non, car le nihilisme et le nombrilisme de ses quatre personnages ne fait pas tout. Les petits riens de leur quotidien nous embarquent également dans des aventures aussi rythmées qu’absurdes : faire face à sa chute de cheveux, avouer à son crush qu’on n’aime pas son odeur, faire sa place en entreprise, attendre une place au restaurant… Des choses de la vie disséquées sans sourires béats, sans pathos débordant et autres mythes chers aux sitcoms, relevées par des dialogues ciselés.
En dehors de la bande rien n’existe et c’est avec une certaine hostilité que nos personnages avancent, se cassant souvent la gueule. La caméra de NBC devient une loupe plaquée au-dessus de nos vies citadines, New York étant dépeinte comme une ville miroir des métropoles mondiales. Car à chaque épisode, Jerry, Kramer, Elaine et George, c’est un peu toi, moi et les autres. Après avoir furieusement ri, on soupire de soulagement. Ouf, après des années en ville, nous ne sommes pas devenus aussi méchants qu’eux !
Que pense Jerry Seinfeld de l’humour à la télé aujourd’hui ?
Jerry Seinfeld, lui, l’est resté. Du moins un peu. Interrogeant l’avenir de l’humour dans nos sociétés occidentales pétries de contradictions, il n’y est pas allé de main morte dans le New Yorker, en 2024. Jugez plutôt : “Dans les décennies passées, les gens s’attendaient simplement à ce qu’il y ait des choses drôles à regarder à la télévision le soir. Eh bien, devinez quoi – où sont-elles aujourd’hui ? C’est le résultat de l’extrême gauche et des conneries du politiquement correct, et des gens qui s’inquiètent tellement d’offenser les autres.”
Fustigeant les comités de lecture, très présents aux États-Unis pour représenter différents groupes ethniques et sociaux face aux œuvres littéraires et cinématographiques, l’humoriste a décrété “la fin de la comédie”. Cela tombe bien, Seinfeld, bonbon piquant des nineties qu’il a créé avec Larry David, est toujours disponible sur Netflix et en intégralité s’il vous plaît. Une question se pose alors chez moi, trentenaire en mal de séries caustiques : jusqu’à quand aura-t-on le droit d’être aussi méchant ?
L’association Asalée qui emploie environ 2.000 infirmières en France a été mise en redressement judiciaire à l’issue d’une audience ce vendredi 27 mars au tribunal des affaires économiques de Paris, a indiqué à l’AFP l’avocat de son comité social et économique, Me Thomas Hollande.
Ses salariés n’étaient plus payés depuis février. L’association Asalée, qui emploie environ 2.000 infirmières en France, a été mise en redressement judiciaire par le tribunal des affaires économiques de Paris, à l’issue d’une audience ce vendredi 27 mars.
Le tribunal a par ailleurs décidé “la mise à l’écart” de la direction de l’association, la gestion étant confiée “aux deux administratrices judiciaires qui ont été nommées, Me Hélène Bourbouloux et Me Alexandra Blanch”, a précisé Me Thomas Hollande.
“L’enjeu principal est désormais d’obtenir très rapidement le paiement des salaires de mars”, a-t-il ajouté.
La direction de l’association a été sollicitée par l’AFP, mais n’était pas immédiatement joignable.
Créée en 2004, l’association Asalée emploie des infirmières qui travaillent aux côtés de médecins libéraux pour suivre leurs patients atteints de pathologies chroniques, notamment le diabète.
L’association est depuis des mois en conflit ouvert avec les pouvoirs publics et la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam), son unique financeur à hauteur de 100 millions d’euros par an.
Le redressement judiciaire de l’association était attendu, après la cessation de paiement annoncée le 6 mars.
Les salaires en retard vont bientôt être versés
Dans un communiqué, la CFDT Santé-Sociaux s’est félicitée de la décision du tribunal des affaires économiques.
“Les salarié·es devraient rapidement bénéficier de la garantie sur les salaires (AGS) et ainsi recouvrer dans des délais réduits les sommes dues par leur employeur”, a indiqué le syndicat.
En juillet, le gouvernement avait demandé “instamment” à l’association de “remettre en ordre sa gestion et son organisation”, après un rapport particulièrement sévère de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas).
Les Experts : À peine voté, le budget de la Sécu dérape déjà – 29/01
26:58
L’Assurance maladie avait repris son financement, mais les relations se sont à nouveau dégradées et elle n’a rien versé depuis décembre.
“Plus de six mois après la remise du rapport de l’Igas, nous ne pouvons que constater que l’association n’est pas à jour du paiement de ses cotisations sociales, ne s’est pas mise en situation de respecter les règles élémentaires de la commande publique comme celles liées à la prévention des conflits d’intérêts”, avait indiqué à l’époque le directeur général de la Cnam, Thomas Fatôme.
Philippe Baptiste, ministre français de l’enseignement supérieur, lors d’une séance à l’Assemblée nationale, à Paris, le 25 mars 2026. ALAIN JOCARD/AFP
L’université Paris-VIII, à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), devra mettre en œuvre une série de recommandations formulées par un rapport de l’inspection générale de l’éducation nationale, après un rassemblement en octobre au cours duquel des propos antisémites et faisant l’apologie du terrorisme ont été tenus, a annoncé, vendredi 27 mars, Philippe Baptiste, le ministre de l’enseignement supérieur.
En octobre, une vidéo de Leon le média – qui se présente comme un « média engagé, une histoire juive pour vous » – avait été diffusée sur un « événement d’ultragauche organisé sur le campus de l’université Paris-VIII ». On pouvait entendre notamment une femme lancer « est-ce que vous condamnez le 7-Octobre », et une partie de l’amphithéâtre répondre « non ».
M. Baptiste, en déplacement à l’université vendredi, a qualifié l’événement de « grave et inacceptable ». « L’université ne peut en aucun cas être un lieu où se diffusent la haine ou la remise en cause des valeurs républicaines », a-t-il affirmé, précisant qu’une commission de suivi, pilotée par des inspecteurs, devra s’assurer de l’application de ces mesures, « pour que de tels faits ne puissent plus se produire ».
Les neuf recommandations « opérationnelles » présentées vendredi font suite à une enquête administrative de l’inspection générale de l’éducation nationale, saisie après l’événement, « pour que de tels actes ne se reproduisent pas », recommandations que « l’université devra appliquer dans les plus brefs délais », a précisé le ministère dans un communiqué.
Lire aussi |Article réservé à nos abonnés Une proposition de loi pour lutter contre les « formes renouvelées » d’antisémitisme devant l’Assemblée nationale
Un événement organisé de « façon à moitié sauvage »
Le rapport préconise notamment de « systématiser l’engagement de procédures disciplinaires en cas de manquement », ou encore de « refondre en profondeur les procédures d’autorisation des événements afin de les rendre plus rigoureuses et traçables ». Il invite aussi l’université à renforcer ses « capacités d’anticipation grâce à une veille active sur les contenus diffusés au sein de la communauté universitaire ».
Il recommande également un « encadrement renforcé des événements identifiés comme sensibles », ce qui impliquera « une présence institutionnelle systématique », mais aussi « une réelle structuration de la politique de prévention et de lutte contre l’antisémitisme », qui peut passer par la formation et la désignation de référents.
Selon M. Baptiste, l’événement d’octobre a été organisé de « façon à moitié sauvage », les « procédures ont été à moitié suivies » par les organisateurs et il y a eu un « ensemble de dysfonctionnements, identifiés ».
Lire aussi |Article réservé à nos abonnés Devant le tribunal correctionnel de Paris, la « banalisation de l’antisémitisme » à l’université
Selon le président de l’université Paris-VIII, Arnaud Laimé, aucun étudiant n’a été sanctionné à ce jour et l’enquête interne devrait rendre ses conclusions « prochainement ». Une circulaire ministérielle rappelant les pouvoirs disciplinaires des présidents d’universités devrait être diffusée prochainement, selon M. Baptiste. Le parquet de Bobigny, saisi par la rectrice, avait immédiatement ouvert une enquête, confiée à la brigade de la répression de la délinquance contre la personne.
Newsletter
« La revue du Monde »
Chaque week-end, la rédaction sélectionne les articles de la semaine qu’il ne fallait pas manquer
S’inscrire
Newsletter
« A la une »
Chaque matin, parcourez l’essentiel de l’actualité du jour avec les derniers titres du « Monde »
S’inscrire
Le Monde
« La Météo du Climat »
Explorez notre portail météo et plongez dans nos analyses pour mieux décrypter le climat d’aujourd’hui et de demain.
Découvrir
Evénement
Les Amphis de l’info
À l’heure de l’IA et des réseaux sociaux, l’info se questionne : aux « Amphis de l’Info » des journalistes viennent à votre rencontre.
Découvrir
Le Monde Ateliers
Cours en ligne, cours du soir, ateliers : développez vos compétences
Découvrir
Newsletter
« A la une »
Chaque matin, parcourez l’essentiel de l’actualité du jour avec les derniers titres du « Monde »
S’inscrire
Newsletter
« La revue du Monde »
Chaque week-end, la rédaction sélectionne les articles de la semaine qu’il ne fallait pas manquer
S’inscrire
Le Monde
« La Météo du Climat »
Explorez notre portail météo et plongez dans nos analyses pour mieux décrypter le climat d’aujourd’hui et de demain.
Découvrir
Evénement
Les Amphis de l’info
À l’heure de l’IA et des réseaux sociaux, l’info se questionne : aux « Amphis de l’Info » des journalistes viennent à votre rencontre.
Découvrir
Lors de ce déplacement, le ministre a également annoncé le lancement, d’ici à l’été, d’une « convention sur la protection des libertés académiques ». Elle sera pilotée par des personnalités jouissant d’une « grande reconnaissance académique et du monde intellectuel », qui devront faire des « propositions opérationnelles » d’ici au début de 2027. « Les libertés académiques sont contestées partout dans le monde aujourd’hui », a-t-il affirmé, souhaitant « mieux les encadrer et mieux les protéger ».
Lire aussi |Article réservé à nos abonnés Une dizaine d’actes antisémites signalés dans les universités depuis la rentrée
Devant le domicile de Jair Bolsonaro, ancien président brésilien assigné à résidence, à Brasilia, le 27 mars 2026. ADRIANO MACHADO / REUTERS
L’ex-président brésilien, Jair Bolsonaro, est sorti de l’hôpital vendredi 27 mars après deux semaines d’hospitalisation et a été transféré vers sa résidence à Brasilia, a déclaré son médecin.
M. Bolsonaro « vient tout juste de sortir de l’hôpital », a affirmé à des journalistes devant l’hôpital privé DF Star son médecin, Brasil Caiado. Condamné à vingt-sept ans de réclusion pour tentative de coup d’Etat, il purgera sa peine à domicile à titre temporaire.
Le leader d’extrême droite de 71 ans avait été admis pour une bronchopneumonie après avoir présenté en prison des symptômes tels qu’une forte fièvre, une chute de la saturation en oxygène et des frissons.
Le Monde avec AFP
L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
Le sujet n’est ni l’ampleur du chiffre, ni sa bénignité. C’est l’impossibilité, pour quiconque — citoyen, parlementaire, analyste — d’accéder à une image fidèle du risque au moment précis où cette image devient nécessaire. Et dans cette opacité, le danger n’est même pas là où le débat le cherche.
Ce que disent les chiffres
L’Autorité bancaire européenne a publié son Risk Dashboard Q4 2025. L’exposition directe des banques de l’UE au Moyen-Orient s’établit à 132 milliards d’euros, dont 60,8 milliards pour la France (46 %). Rapporté aux 29 100 milliards d’actifs du secteur, c’est moins de 0,5 %. Le CET1 atteint 16,3 %, les créances douteuses 1,8 %, et les grandes banques françaises ont dégagé 35 milliards de bénéfices en 2025.
Pris isolément, ces indicateurs sont rassurants. Et ceux qui dénoncent le sensationnalisme ont raison sur un point essentiel : une exposition n’est pas un risque. Le système bancaire européen pourrait absorber des pertes bien supérieures sans compromettre sa solvabilité.
Mais le chiffre net ne dit pas grand-chose non plus.
Le netting suppose un monde qui n’existe pas
L’EBA publie des expositions brutes. Les banques publient des chiffres nets, après compensation par les collatéraux — titres souverains, garanties, dérivés. La méthode est légitime, conforme aux normes IFRS. Les écarts sont considérables : pour BNP Paribas, on passe de 55 milliards en brut à environ 6 milliards en net.
Le problème n’est pas la méthode. Il est dans ses hypothèses.
Ce qui manque, ce ne sont pas les données : ce sont les hypothèses. Le netting suppose que les marchés fonctionnent normalement. Que les collatéraux restent liquides. Que les flux ne se figent pas. Que le détroit d’Ormuz ne ferme pas.
En situation de stress, la valeur des garanties n’est plus un prix de marché : c’est une conjecture.
Le netting protège du risque de crédit. Pas du risque de liquidité.
Or c’est la liquidité qui tue — vite, sans préavis.
Le seul chiffre qui compte en temps de crise — l’exposition nette après stress sur les collatéraux — n’est publié par personne.
Même illusion côté géographie. Une notation souveraine mesure une capacité de remboursement en temps calme. Elle ne modélise ni une rupture logistique, ni des sanctions croisées, ni un choc énergétique régional. Cela ne signifie pas que les banques ignorent ces risques. Mais que le public n’a aucun moyen d’en juger.
Le vrai scandale
Le problème n’est pas le niveau d’exposition. C’est l’absence de synthèse.
L’EBA publie du brut, avec retard.
Les banques publient du net, selon leurs méthodes.
L’écart peut atteindre un facteur dix.
Le résultat est un angle mort organisé : chacun publie une partie du réel, personne ne le rend intelligible.
Dans cet espace, les perceptions se fabriquent : les banques choisissent leur narration, le régulateur évite de trancher, les médias simplifient. Et le débat public oscille entre panique et déni.
Lorsque François Villeroy de Galhau affirme que la stabilité financière n’est « pas en risque », il a probablement raison. Mais une affirmation non étayée par des données vérifiables ne produit plus de confiance. Depuis 2008, la solidité ne se proclame plus. Elle se démontre.
Ce qui devrait exister
Le superviseur fait face à un dilemme réel : trop de transparence peut amplifier une crise. Mais ce dilemme ne justifie pas l’opacité actuelle. Il impose au contraire une transparence agrégée, standardisée, intelligible.
D’autres l’ont compris. La Réserve fédérale publie les résultats détaillés de ses stress tests. La Banque d’Angleterre expose régulièrement des scénarios extrêmes. Ces exercices ne sont pas en temps réel. Ils sont lisibles, comparables, discutables.
L’Europe pourrait faire de même.
Ce qu’il manque n’est pas un flux de données supplémentaire, mais une synthèse publique : un tableau de bord réconciliant expositions brutes, nettes et nettes stressées selon des scénarios explicites. Un document qu’un parlementaire peut lire, qu’un journaliste peut vérifier, qu’un citoyen peut comprendre.
Le problème n’est pas une dissimulation active. Il est institutionnel : aucune instance n’a pour mandat de produire cette lisibilité.
Le risque qui compte
Pendant que le débat se focalise sur 132 milliards, le risque réel se déplace ailleurs. L’EBA le souligne : les effets de second tour sont la menace principale. Un baril durablement élevé, une croissance affaiblie, des marges comprimées — ce sont ces mécanismes diffus qui fragilisent les bilans.
La prochaine tension bancaire, si elle survient, ne viendra pas d’un défaut souverain au Golfe. Elle émergera d’un tissu d’entreprises européennes fragilisées, progressivement incapables d’honorer leurs échéances.
Les banques françaises sont solides. Les données le montrent.
Mais tant que cette solidité reste partiellement opaque, chaque chiffre publié devient une source de confusion.
Le problème n’est pas le risque.
C’est qu’il demeure, structurellement, difficile à voir.
(*) Michel Santi est macro-économiste, spécialiste des marchés financiers et des banques centrales, écrivain. Il publie aux Editions Favre « Une jeunesse levantine », Préface de Gilles Kepel. Son fil Twitter.
Figure incontournable de Danse avec les stars, Denitsa Ikonomova avait fait son retour sur le parquet le plus célèbre de France, cette année, pour la quinzième saison du programme présenté par Camille Combal. La danseuse de 39 ans accompagnait effectivement le comédien de la série des années 90 Beverly Hills 90210Ian Ziering. Malheureusement le tandem a été éliminé le 6 mars dernier.
Mais ces quelques semaines passées ensemble ont visiblement rapproché Denitsa Ikonomova et le l’acteur de 61 ans, dont elle ignorait pourtant tout avant leur rencontre : “Je ne connaissais pas ce comédien américain. J’ai découvert une personne humble, gentille, qui était attentionnée et respectueuse avec tout le monde”, confie-t-elle dans les colonnes du Parisien ce vendredi.
Danse avec les stars : Denitsa Ikonomova se livre sur sa relation avec Ian Ziering depuis leur élimination
Il semble donc que l’entente ait été immédiate entre les deux partenaires : “On a une complicité incroyable”, assure Denitsa Ikonomova. Et même le fait qu’ils aient dû quitter la compétition n’a visiblement pas entaché leur relation, bien au contraire : “Depuis son élimination, on s’écrit presque tous les jours”, relate la jeune femme.
Pour mémoire, Ian Ziering et Denitsa Ikonomova s’étaient inclinés lors du cinquième épisode du concours, emboîtant le pas à Gilles Lellouche et Katrina Patchett ainsi que Stéphane Bern et Calisson Goasdoué.
Denitsa Ikonomova de retour dans Danse avec les stars, ce vendredi !
Malgré son élimination, les fans de Denitsa Ikonomova auront tout de même la chance de revoir la danseuse ce vendredi 27 mars 2026. En effet, Danse avec les stars fête ses quinze ans, et de nombreuses personnalités font ainsi leur retour sur le parquet, afin de célébrer cet anniversaire comme il se doit.
La maman d’un petit garçon sera, cette fois, accompagnée du chanteur Loïc Nottet, avec qui elle avait remporté la sixième saison du programme, en 2015. Et le spectacle s’annonce grandiose. “Vous verrez, il y aura beaucoup de surprises”, promet celle qui est ravie de retrouver son ancien partenaire : “C’est un ovni. Introverti dans la vie, mais une bête de scène dès qu’il danse”, explique-t-elle.
Un bus autonome en expérimentation sur la ligne 393 entre la gare RER de Sucy-Bonneuil et la station de métro Créteil Pointe-du-Lac, dans le Val-de-Marne, le 18 septembre 2023. LAURE PARNY/LE PARISIEN/MAXPPP
Quand un piéton s’est approché un peu trop près de la chaussée, le bus a pilé net. Le jeune homme responsable malgré lui de cet arrêt brusque ne s’est aperçu de rien, mais le système de détection de ce bus autonome « a vectorisé sa vitesse pour déterminer le risque de collision », explique James Dick, chargé du développement des véhicules autonomes à la RATP. Le groupe public teste, durant la semaine du 23 mars, un bus sans conducteur dans le Val-de-Marne, qui roule à 40 kilomètres-heure entre la gare RER de Sucy-Bonneuil et le métro de Créteil Pointe-du-Lac, sur un « rail virtuel » de 4 kilomètres calé au centimètre près.
Lire aussi |Article réservé à nos abonnés La RATP affiche ses premiers bénéfices en quatre ans, une croissance portée par les filiales
L’engin de 8 mètres (un peu plus court que le format classique de 12 mètres) du constructeur turc Karsan n’a été mis à la disposition de la RATP qu’à des fins de tests, sans embarquer de passagers, qui doivent se contenter du service commercial des bus classiques avec les chauffeurs de la ligne 393. L’appareil autonome partage avec ces derniers une voie qui leur est consacrée, et où, par définition, le trafic est faible.
Quand l’un d’eux suit le prototype, ce dernier se range pour le laisser passer et se confronte au tout-venant quand il doit franchir des carrefours, des ronds-points et des feux rouges. Le tout sous la supervision d’un safety driver, assis derrière un volant qu’il ne touche pas tant que tout se déroule comme prévu. Derrière son siège, une imposante armoire en métal renferme le système informatique de la société américaine Adastec, qui gère la conduite en fonction des données des lidars (radars lasers), des radars et des caméras embarquées.
Il vous reste 53.41% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Un hacker a découvert des failles de sécurité dans les systèmes informatiques du club de football néerlandais. Il a alors alerté un journaliste, qui a pu consulter de nombreuses données, mais aussi transférer des abonnements.
Apprendre que l’on a été la cible d’un hacker par des journalistes, c’est ce qui est arrivé au club de football néerlandais Ajax Amsterdam (AFC Ajax), comme le rapporte le site spécialisé Bleeping Computer. Des failles de sécurité dans ses systèmes informatiques ont en effet permis à un pirate informatique d’accéder aux données de nombreux supporters.
“Seules les adresses mail de quelques centaines de personnes ont été vues. Par ailleurs, pour moins de 20 personnes interdites de stade, leurs noms, adresses mail et et dates de naissance ont été consultés”, a précisé le club de football dans un communiqué.
Vol d’abonnements
Mais ce n’est pas le plus gros problème concernant cet incident. Prévenu par le hacker, un journaliste de RTL Nieuws a en effet pu exploiter les failles de sécurité du club pour modifier des interdictions de stade et transférer des abonnements annuels. En l’espace de quelques secondes, il a ainsi pu réattribuer un abonnement VIP à une autre personne. Au total, il aurait pu, s’il le voulait, voler 42.000 de ces derniers, mais aussi lever les interdictions des 538 supporters visés par un bannissement de stade. Ce piratage lui a également permis de voir les données de plus de 300.000 comptes.
L’AFC Ajax a depuis corrigé les vulnérabilités en question et mis en place d’autres mesures de sécurité. Mais rien n’indique qu’elles n’ont pas été exploitées avant, le hacker qui a préféré prévenir RTL Nieuws de leur existence plutôt que de les exploiter n’étant peut-être pas le premier à les découvrir.
“Nous n’avons pour l’instant aucune indication laissant penser que ces données aient été diffusées plus largement”, a en outre fait savoir le club de football, invitant tout de même les supporters à rester vigilant face aux éventuelles tentatives d’hameçonnage. Des cybercriminels pourraient en effet se servir de ces informations pour inciter les supporters à en transmettre d’autres, notamment bancaires, via des mails frauduleux.
L’économie mondiale apparaît, plus que jamais, au bord d’une zone majeure de turbulences. Le conflit en Iran, combiné à des indicateurs macroéconomiques de plus en plus fragiles, fait monter le spectre de la récession aux quatre coins de la planète, à commencer par les Etats-Unis. Selon Moody’s Analytics, la probabilité d’une récession outre-Atlantique dans les 12 prochains mois atteint désormais les 48,6 %, tandis que Goldman Sachs et EY-Parthenon estiment ce risque respectivement à 30 % et 40 %, contre une probabilité en février située entre 15 et 20 %.
Les signaux avant-coureurs étaient déjà visibles avant l’attaque américano-israélienne contre l’Iran fin février : le rapport mensuel sur l’emploi de février aux Etats-Unis a montré une perte inattendue de 92 000 postes, alors que les économistes tablaient sur un gain de 60 000 emplois. Le chômage américain approche désormais 4,5 %, contre 3,4 % il y a trois ans, et la croissance des salaires, notamment pour les revenus modestes, reste faible.
« A moins que les hostilités ne cessent maintenant… »
« Même avant le conflit, je pensais que la récession et les risques étaient en hausse », a indiqué cette semaine sur CNBC Mark Zandi, économiste en chef de Moody’s. « Les risques de récession sont tdevenus rès élevés — et à moins que les hostilités ne cessent maintenant, que le président trouve un moyen de se retirer, de déclarer la victoire et de passer à autre chose, et que les Iraniens fassent de même, je pense que la récession est plus que probable d’ici la seconde moitié de l’année. »
Le pétrole constitue le principal catalyseur du risque. Le baril de Brent s’installe désormais dans la zone des 110 dollars. Et les simulations de Moody’s estiment qu’un prix moyen proche de 125 dollars au deuxième trimestre suffirait à plonger l’économie américaine dans la récession si les tensions persistent. La fermeture du détroit d’Ormuz perturbe également les exportations d’engrais, menaçant la production agricole et la hausse des prix alimentaires.
Les scénarios noirs deviennent les scénarios réels
En Europe, au fur et à mesure que le conflit s’enlise, la situation devient également davantage préoccupante. L’Italie illustre l’exposition européenne directe à la guerre au Moyen-Orient : le centre d’études de Confindustria estime que le pays a d’ores et déjà perdu 0,2 point de croissance et pourrait entrer en récession si le conflit se prolonge. « L’économie risque de stagner si la guerre continue au deuxième trimestre et le pays risque même d’entrer cette année en récession (-0,7 %) si le conflit se prolonge jusqu’à fin 2026 », avertit l’étude. Les exportations ralentiraient, la consommation et les investissements fléchiraient, et l’inflation pourrait atteindre 2,5 % sur l’année, contre 1,5 % en 2025. Les entreprises italiennes pourraient voir leur facture énergétique augmenter de 21 milliards d’euros.
En France, le mot récession reste pour l’heure tabou, mais le coup de frein économique potentiel n’en paraît pas moins conséquent. Selon les prévisions de la Banque de France publiées cette semaine, le scénario actuel le plus sombre pourrait faire dégringoler la croissance annuelle à 0,3 %, contre 1 % espéré à l’origine. François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, a pris soin de préciser que « dans ces différents scénarios, il n’y a pas de récession, je le souligne ». Reste que ces projections deviennent progressivement, par défaut, les scénarios les plus optimistes, chaque jour supplémentaire allongeant la durée du conflit au Moyen-Orient, et par rebond la profondeur des impacts.
« Deux crises pétrolières et une crise gazière »
À l’échelle mondiale, la récession américaine pourrait provoquer un effet domino, affectant les économies européennes et les marchés émergents. Entre hausse des prix de l’énergie, perturbation des chaînes logistiques et ralentissement de la demande mondiale, la vigilance des banques centrales et des gouvernements sera donc déterminante pour éviter un scénario noir. Les prochaines semaines seront à ce titre cruciales : la fin du conflit au Moyen-Orient ou, à défaut, sa prolongation, pourrait sceller la trajectoire économique de 2026.
En cas de prolongation, la tempête pourrait bien tourner au tsunami. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) alerte sur l’ampleur sans précédent de la crise énergétique. « Le monde perd actuellement 11 millions de barils par rapport à 5 milliards lors des crises de 1973 et 1979. Si vous voulez mettre cela en contexte, cette crise actuelle équivaut à deux crises pétrolières et une crise gazière mises ensemble », a détaillé cette semaine Fatih Birol, directeur exécutif de l’AIE. Avant d’ajouter, dans une logique de présage : « la profondeur du problème n’a pas été bien appréciée par les décideurs du monde entier ».
L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.