RÉCIT – Fermé pendant deux années par le régime vénézuélien, le QG de Vente Venezuela, principal parti d’opposition, reprend vie. L’opposition a été laminée par la répression : militants, syndicalistes et étudiants de tous bords tentent de reprendre pied, alors que la transition reste incertaine.
À Altamira, quartier huppé de l’est de Caracas, la Quinta Bejucal a rouvert ses portes comme on entrouvre une cicatrice. Pendant deux ans, le siège de Vente Venezuela, le parti de María Corina Machado, la principale figure de l’opposition vénézuélienne, est resté fermé; cible régulière de saccages ou intimidations de la part des colectivos, groupes paramilitaires pro-régime.
En entrant, au milieu des accolades, on peut entendre : « C’est bon de revoir ce lieu ouvert… On n’y croyait plus. » Dans la salle principale, une dizaine de membres des « comanditos», les cellules locales de mobilisation, se sont recomposés dans l’urgence et affluent de tout le Venezuela.
Les délégations des quatre coins du pays sont là, autour de Henry Alviarez, prisonnier politique durant deux ans. Sa mère a tenu vingt jours après sa libération, en février, avant de mourir. « Elle m’aura vu libre, c’est ce que je garde », confie-t-il. Sur les murs, photos de campagne et de Saint-Michel-Archange rappellent…

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