Claude Guéant, c’est le maillon faible, et en outre, il n’est pas là. Ce grand préfet, ancien « plus proche collaborateur » de Nicolas Sarkozy, dont il a accompagné, dans l’ombre, la conquête du pouvoir, a 81 ans, est sévèrement malade, ce qui lui a permis d’échapper à l’audience en appel et à la prison lorsque le tribunal l’a condamné, en première instance, à six ans ferme en septembre 2025. Sa condamnation, au procès en appel des soupçons de financement libyen de la campagne présidentielle de 2007, ne fait guère de doute : il a touché un demi-million d’euros de la Libye et s’est acheté, moyennement un modeste emprunt d’appoint, un bel appartement dans les beaux quartiers parisiens.
Nicolas Sarkozy est trop fin pour ne pas sentir que l’audience lui échappe, et au deuxième jour de son interrogatoire, mercredi 8 avril, il s’est résolu à assassiner méthodiquement son fidèle collaborateur, dont il a toujours loué les grandes qualités : il faut savoir sacrifier un pion pour rester dans le jeu. Le président Olivier Géron, plus patelin que jamais, l’y a conduit sans trop de difficultés. D’abord avec le départ, en 2011, de Bechir Saleh, l’ex-directeur de cabinet du colonel Kadhafi et le grand argentier du régime, exfiltré depuis la Libye jusqu’en France, puis plus discrètement de France en Afrique du Sud, quand le nouveau pouvoir de Tripoli a réclamé sa tête à Interpol, un an plus tard.
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