Comment s’en tenir aux faits, rien qu’aux faits, à l’heure du réquisitoire ? Voilà près de trois semaines que le procès avance, chaotique, plombé par la notoriété et les provocations de deux des six accusés, Gabriel Ory et Amine Oualane, considérés comme des chefs présumés de la DZ Mafia, l’organisation criminelle qui a fait main basse sur le narcotrafic marseillais.
Au moment des faits pour lesquels ils se retrouvent aux assises, les deux hommes étaient encore des inconnus. Quand, le 30 août 2019, à 5 h 30, Farid Tir, un narcotrafiquant, et Mohamed Bendjaghlouli, l’ami qui partageait sa chambre, ont été tués dans leur sommeil dans l’hôtel Formule 1 d’une zone commerciale proche de Marseille, la DZ Mafia n’existait pas encore. Et c’est ce double assassinat, et seulement ce double assassinat, que la cour d’assises spéciale des Bouches-du-Rhône doit juger, dans des conditions de sécurité inégalées.
Durant les trois heures de leur réquisitoire, les deux avocates générales n’ont donc pas une seule fois énoncé le nom de l’organisation criminelle. « Ce procès n’est pas celui d’un clan qui a semé la mort à Marseille », ont-elles affirmé. Une précision, comme pour éviter la banalisation des faits, comme pour éviter, aussi, de se voir reprocher de requérir de lourdes peines en raison du profil des accusés. Pour les six hommes, elles ont, dimanche 12 avril, réclamé trois condamnations à la réclusion criminelle à perpétuité, deux peines de trente ans et une de dix-huit ans, pour poser « une limite à leurs agissements mortifères ».
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