Depuis le 29 mars, trois Casques bleus sont morts au sud du Liban, victimes d’explosions “d’origine inconnue”, survenues dimanche et lundi. Ces soldats appartenaient à la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) chargée d’assurer la paix dans la zone depuis 1978. Un poste particulièrement dangereux : depuis sa création la Finul est la mission de l’ONU ayant enregistré le plus grand nombre de victimes.
Trois morts et des blessés
Il s’appelait Farizal Rhomadhon, il avait 28 ans, et comme quelque 750 de ses concitoyens indonésiens, il avait rejoint les rangs de la Finul. A ce stade, si Jakarta a demandé l’ouverture d’une “enquête approfondie et transparente”, les circonstances de sa mort sont encore floues. Dimanche soir, il était posté dans le sud du Liban, dans la localité d’Adchit Al-Qusayr, à proximité de la frontière israélienne. Selon le communiqué du gouvernement indonésien, la base où Farizal Rhomadhon était posté se serait retrouvée au milieu d’échanges de tirs entre l’armée israélienne et le Hezbollah, et aurait été touchée par des “tirs d’artillerie indirects aux abords”. “L’origine du projectile” qui a causé sa mort reste inconnue, a précisé la Finul dans un communiqué. Rico Pramudia, un autre soldat indonésien de la mission onusienne a été grièvement blessé par ces tirs. Il a depuis été transporté à l’hôpital Saint-Georges de Beyrouth, selon l’armée de Jakarta.
Le lendemain, deux autres soldats indonésiens de la Finul ont trouvé la mort dans le sud du Liban. Alors qu’ils circulaient entre deux bases, leur véhicule a été détruit par une explosion dont l’origine demeure elle aussi inconnue. L’incident a fait deux autres blessés, dont un grièvement.
Des intimidations “inacceptables et injustifiables”
La France a “condamné avec fermeté les tirs” qui ont visé les soldats de la Finul, estimant que ces “attaques provenant de groupes armés non étatiques sont inacceptables”. Sur X, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a demandé qu’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité des Nations unies soit tenue après les “incidents gravissimes subis par les Casques bleus de la Finul”. L’instance qui a donné une suite favorable à la demande du ministre se réunit ce mardi 31 mars.
Le chef de la diplomatie française a également condamné les “graves incidents subis par le contingent français de la Finul” survenue le 28 mars dans la zone de Naqoura. “Ces atteintes à la sécurité et ces intimidations de la part de soldats de l’armée israélienne à l’encontre de personnels onusiens sont inacceptables et injustifiables”, a dénoncé Jean-Noël Barrot.
Selon les Nation unies, le convoi dans lequel circulaient des Casques bleus français “a essuyé six tirs de sommation de la part d’éléments de l’armée israélienne stationnés à proximité. L’un des véhicules a été touché par des impacts d’armes légères”. Sur le chemin du retour, “un char Merkava a ouvert le feu avec son canon principal, l’obus explosant à seulement 15 mètres d’un véhicule appartenant au convoi”. Depuis le 2 mars, date la reprise des hostilités entre Israël et le Hezbollah, au moins 11 soldats onusiens ont été blessés.

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