DÉCRYPTAGE – Le chef de l’État, qui quittera le pouvoir après la présidentielle de dimanche, a contribué à développer son pays mais a, entre autres, fortement limité la liberté d’expression et le pluralisme politique.
Quand Patrice Talon accède au pouvoir, en cette fin mars 2016, il fait une promesse. Il ne fera qu’un mandat. L’engagement déclenche un immense éclat de rire chez Yayah Jammeh, alors dictateur de Gambie : « on voit qu’il vient d’arriver… ». Dix ans plus tard, le président du Bénin s’apprête à quitter ses fonctions, certes après deux quinquennats, mais en respectant la Constitution et, plus ou moins, sa parole. Son successeur sera connu dimanche à l’issue de l’élection présidentielle.
« Talon est un cas particulier, très atypique dans le contexte actuel. C’est assez remarquable et cela doit être souligné », explique Gilles Yabi, directeur de Wathi, un centre de recherche basé à Dakar. Dans la décennie qui vient de s’écouler, l’Afrique de l’Ouest a pris l’habitude de présidents qui s’éternisent, voire de dictatures militaires qui tournent ouvertement le dos à la démocratie. Patrice Talon apparaît comme une exception louable.
Le bilan de sa présidence n’est aussi louable. « Son…

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