Après le pétrole et le gaz, la crise de l’aluminium couvre dans l’industrie

La guerre en Iran provoque des tensions sur la production mondiale d’aluminium, causant dès lors une explosion de son cours boursier, supérieur à 3 500 dollars la tonne. De quoi craindre des ruptures d’approvisionnement ?

C’est une envolée dont les industriels se seraient bien passés. À en croire les chiffres de la London Exchange Metal, place boursière de référence sur les transactions d’aluminium, la tonne a atteint les 3583 dollars, contre 3000 le 14 février dernier et 3160 le 28 février, date à laquelle a débuté la guerre en Iran. « Nous payons 25% plus cher l’aluminium depuis le début du conflit, c’est monté très vite ! Et cela s’ajoute à une hausse de 20% déjà observée depuis le début de l’été dernier », peste Matthieu Hède, à la tête du groupe MH Industries dont l’une des filiales est spécialisée sur la production de pièces en aluminium.

S’il peut toujours compter sur son fournisseur espagnol jusqu’à présent, celui qui est aussi président de l’UIMM Nouvelle-Aquitaine a eu écho de fournisseurs étrangers cassant des contrats d’approvisionnements avec certains industriels avec pour stratégie d’offrir leur aluminium au plus offrant face à l’envolée des cours boursiers de l’aluminium.

La faute au conflit au Moyen-Orient, dans le cadre duquel deux producteurs majeurs d’aluminium ont subi des attaques de drones et de missiles de la part de l’Iran ces derniers jours. La fonderie qatarienne Qatalum a annoncé l’arrêt progressive de sa production à ces offensives, tandis que l’usine d’Aluminium Bahrain (Alba) a annoncé mi-mars (et donc avant d’être touchée par une attaque) réduire sa production de 19% face aux perturbations constatées sur sa chaîne d’approvisionnement. De quoi déstabiliser un marché pour lequel cette zone géographique représente environ 15% de la production mondiale, dans une économie de plus en plus demandeuse de ce matériau.

« Le blocage du Détroit d’Ormuz bloque le bon fonctionnement de ces usines dans les deux sens. Elles ont besoin d’importations d’alumine pour faire de l’aluminium, or celle-ci passe par le Détroit d’Ormuz. Par ailleurs, elles ont besoin de ce passage pour exporter leurs productions. C’est une zone essentielle au bon équilibre de l’offre et de la demande sur le marché mondial de l’aluminium », commente Édouard Guinotte, le CEO d’Aluminium Solutions Group (ASG).

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