Le chauffeur du poids lourd impliqué dans la collision mortelle avec un TGV, mardi 7 avril dans le Pas-de-Calais, a été mis en examen pour homicide routier et placé sous contrôle judiciaire, a annoncé mercredi soir le procureur de Béthune.
Ce chauffeur, un Polonais de 30 ans résidant en France qui transportait un pont mobile militaire, avait été placé en garde à vue après cette collision, survenue tôt mardi matin à un passage à niveau à Bully-les-Mines (Pas-de-Calais). L’accident avait coûté la vie au conducteur du TGV, âgé d’une cinquantaine d’années.
Le délit d’homicide routier est passible d’une peine allant jusqu’à sept ans d’emprisonnement, a précisé le procureur, Etienne Thieffry, dans un communiqué publié plus tôt mercredi. Il a fait savoir qu’il dispose « d’indices graves et concordants » justifiant cette mise en examen.
L’information judiciaire est également ouverte pour « blessures routières avec incapacité n’excédant pas trois mois par conducteur et violation manifestement délibérée d’une obligation de sécurité ou de prudence », a détaillé M. Thieffry dans un communiqué.
Outre le décès du conducteur du TGV, la collision a fait 16 blessés à bord du train, « sans que leur pronostic vital soit engagé », a rappelé le magistrat.
Le passage à niveau « était en état de fonctionnement normal », selon la SNCF
Le choc s’était produit mardi à 6 h 47 du matin à un passage à niveau, entre un TGV Dunkerque-Paris circulant à 160 km/h et un poids lourd transportant un pont mobile militaire lors d’un convoi exceptionnel. Seule personne placée en garde à vue, le chauffeur routier, qui n’a pas été blessé, a été testé négatif à l’alcool et aux stupéfiants, selon le procureur.
Le conducteur de la voiture ouvreuse qui accompagnait le poids lourd a quant à lui été « auditionné comme témoin », avait annoncé plus tôt mercredi Etienne Thieffry. « Les investigations se poursuivent, afin de déterminer les circonstances de la collision », selon le procureur.
Selon le PDG de la SNCF, Jean Castex, venu sur place mardi, le passage à niveau « était en état de fonctionnement normal ». D’après un communiqué de la SNCF mercredi, la circulation devrait reprendre le 18 avril sur cet axe Lens-Béthune, le temps de dégager le train et le pont mobile accidentés, et de remettre le passage à niveau en état.
