À Lyon, la nouvelle présidente de la Métropole confirme la rupture avec les Écologistes

Le doute n’était pas vraiment de rigueur ce 26 mars dans l’hémicycle métropolitain lyonnais au moment d’élire la nouvelle direction de la Métropole de Lyon. À l’heure des candidatures pour prendre la présidence de la collectivité aux compétences élargies (58 communes et 1,4 million d’habitants), seules deux élues se sont proposées : Véronique Sarselli, candidate de la droite et tête de liste du parti Grand Cœur Lyonnais aulassien et Fatiha Didaoui, candidate du parti Faire Mieux pour la Métropole de Lyon, La France Insoumise (LFI). 

La droite ayant réussi à ravir 10 des 14 circonscriptions les 15 et 22 mars dernier, obtenant ainsi 92 sièges, le scrutin a été sans appel, confirmant le soutien à Véronique Sarselli qui a obtenu 91 voix, 3 pour son opposante et une pour Bruno Bernard, son prédécesseur à la tête du Grand Lyon et figure du parti EELV. 

D’adjointe à la vie sociale à présidente du Grand Lyon 

Née en Haute-Corse, diplômée d’économie à l’université d’Aix-Marseille, Véronique Sarselli intègre d’abord le monde de l’entreprise avant de rejoindre celui de l’enseignement en tant que professeur d’économie à l’IAE (Université Lyon 3) dès 1993. Une carrière qu’elle embrasse en parallèle de son engagement politique, qui débute quinze ans plus tard avec, en 2008, un premier mandat de maire adjointe à la vie sociale à Sainte-Foy-Lès-Lyon. Six ans plus tard, elle s’assoit dans le fauteuil de maire, un mandat renouvelé le 15 mars dernier auquel s’ajoute désormais celui de conseillère et présidente de la Métropole de Lyon.

Candidate peu connue du grand public, elle fait campagne aux côtés de l’homme d’affaires Jean-Michel Aulas, devenant même la tête de liste de son parti pour le Grand Lyon. Celle qui se décrit comme « pragmatique » a néanmoins réussi à renverser l’exécutif en place. Fraîchement élue, la nouvelle présidente aura désormais la lourde tâche de réussir à concilier des élus et représentants des « Grands Lyonnais » aux visions très différentes sur des dossiers parfois sensibles. Ce, même si elle détient la majorité absolue avec 92 sièges sur 150. Pour l’aider dans cette tâche, elle sera épaulée dans sa mission de 25 vice-présidents, dont le 1er n’est autre que Jean-Michel Aulas, qui briguait l’Hôtel de ville remporté par le maire sortant Grégory Doucet.

Audit, arrêt du projet TEOL: les premiers chantiers à lancer

Dès son discours d’investiture, la nouvelle présidente a souhaité donner le ton de son mandat, s’appuyant parfois sur celui de ses prédécesseurs pour exprimer son opposition et le changement qu’elle entend opérer. 

Parmi les premiers dossiers sur lesquels la nouvelle élue entend se pencher figure notamment le lancement d’un audit financier sur la situation financière de la collectivité « nécessaire au moment d’une alternance ». Mais également la mise en place d’une police métropolitaine des transports pour assurer la sécurité des voyageurs. Toujours dans les mobilités, Véronique Sarselli, entend également arrêter le plus tôt possible un projet d’ampleur qui a lui aussi donné lieu à de nombreux débats, celui du tramway express de l’ouest lyonnais (TEOL). 

«Nous sommes partis dans cette campagne en étant très clair. Nous arrêterons le projet TEOL qui ne correspond à notre vision long terme de ce territoire et nous réactivons le métro E. Je rappelle que ce renoncement correspond à ce qui est sorti des urnes et notamment dans l’ouest lyonnais», insiste Véronique Sarselli. 

Nous arrêterons le projet TEOL qui ne correspond à notre vision long terme de ce territoire et nous réactivons le métro E

Véronique Sarselli

Le projet tunnel XXL, symbole de la campagne aulassienne, sera lui aussi rapidement mis à l’ordre du jour de son agenda, pour de premières études. De même que l’encadrement des loyers, en place dans une partie de la ville.

Mais la première décision officiellement prise est intervenue ce 27 mars avec la suspension du lancement des premiers travaux du projet Rive Droite prévus à partir du 30 mars. Dans le communiqué de presse envoyé, l’élue explique «vouloir engager au préalable un dialogue avec le maire de Lyon, Grégory Doucet, afin d’examiner les modalités et les implications de ce projet». 

Une ouverture au dialogue surveillée 

Maire avec qui une cohabitation vient donc de s’installer, le parti Grand Coeur Lyonnais réunissant un socle commun élargi de la droite allant des LR à Renaissance en passant par l’UDI et Horizons tandis que Grégory Doucet, EELV a fait campagne avec l’Union de la Gauche (PS, Place publique, PC au premier tour). 

«Je travaillerai avec toutes les communes et tous les maires. Je saurai être constructive dans la coopération lorsque celle-ci sera nécessaire et que nous aurons à trouver un consensus et je serai aussi claire dans les intérêts de la métropole de Lyon», a indiqué la présidente. Qui assure ne pas vouloir «entrer dans une logique de confrontation institutionnelle» et déjà être en train de caler un rendez-vous avec le locataire de l’Hôtel de ville. 

Je travaillerai avec toutes les communes et tous les maires.

Une prise de position à laquelle Cédric Van Styvendael, maire PS de Villeurbanne réélu, entend être attentif. «Nous aurons largement le temps de vérifier l’adéquation entre les mots que vous avez prononcés et la manière dont nous travaillerons ensemble dans les mois à venir. Comptez sur notre sincérité et notre loyauté sur les mots que je viens de prononcer ce matin» , s’est exprimé l’élu qui s’est dit ouvert au dialogue. 

Un enjeu d’autant plus fort aujourd’hui que la campagne, jugée « difficile » par plusieurs élus, a été émaillée à plusieurs reprises par des dérives et de nombreuses fake news.

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