A l’instar des États-Unis et de la Russie, la France va se doter d’un missile hypersonique balistique conventionnel

Dans le cadre de l’actualisation de la loi de programmation militaire présentée mercredi en conseil des ministres, la France va annoncer qu’elle a décidé de se doter d’un missile balistique conventionnel. Une nouvelle capacité pour engager des frappes d’une grande précision dans la profondeur (plus de 1000 km).

Ce n’est pas réellement une surprise : le projet de missile balistique de théâtre (MBT) d’ArianeGroup va être lancé dans le cadre dans l’actualisation de la Loi de programmation militaire (LPM), selon des sources concordantes. Le concept de la frappe dans la profondeur est « cranté » (comme on dit dans le jargon militaire) dans la LPM actualisée, qui court jusqu’en 2030, dans le cadre d’études de faisabilité à hauteur que quelques dizaines de millions d’euros, explique-t-on à La Tribune. L’essentiel de l’effort budgétaire sera réalisé dans la prochaine LPM après 2030 ou peut-être avant si le nouveau président élu en 2027 souhaite en lancer une nouvelle.

La France veut posséder ce système d’arme

Ce dossier est un sujet d’actualité brûlant dans le contexte global du système de frappe de long portée avec des batailles de missiles balistiques conventionnels (Russie/Ukraine et Israël/Iran). Les performances de ces systèmes d’arme, au sens capacitaire, sont capables de déjouer les défenses aériennes. Les États-Unis et la Russie poursuivent le développement de familles de missiles balistiques qui, progressivement, augmentent leur portée pour frapper dans la profondeur, à plus de 1.000 km (1.500 km, 2.000 km, 2.500 km…).

La frappe dans la profondeur est une capacité que la France veut aujourd’hui absolument posséder dans ses capacités militaires pour pouvoir proposer des réponses graduées face à un adversaire qui serait lui aussi à l’état de l’art dans le domaine technologique. « Cela nous donnera de nouvelles options pour gérer conventionnellement l’escalade, à l’heure où les adversaires déploient technologies et armements nouveaux », avait d’ailleurs expliqué début mars le président de la République à l’Île Longue.

Missile balistique : une technologie déjà maîtrisée

Le 21 octobre dernier, la ministre des Armées Catherine Vautrin avait souligné à l’Assemblée nationale que les armées devaient « tirer parti de l’expertise scientifique française, de premier rang, pour anticiper les ruptures technologiques de demain ». C’est bien le cas avec un missile balistique, dont les technologies, à l’instar des groupes américains ou russes, ont été développées par ArianeGroup, filiale d’Airbus et de Safran, pour le compte de la dissuasion française (aujourd’hui le M51). C’est d’ailleurs la seule entreprise en Europe qui maîtrise entièrement un système de missile balistique, capable d’être engagé sous la mer, de la mer, de la terre et dans l’air.

Source link

Comments

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *