Une motion de défiance visant la direction de France 3 Ile-de-France et la présidente de France Télévisions a été adoptée par 93 % des journalistes de l’antenne régionale, a fait savoir, dimanche 12 avril, la Société des journalistes (SDJ) de la chaîne.
Les journalistes s’étaient mis en grève le 2 mars contre une décision de la direction attribuant à partir du 24 mars le studio utilisé pour leurs journaux du midi et du soir à la chaîne d’info continue du groupe, Franceinfo.
Depuis cette date, « nous sommes contraints de présenter les éditions régionales dans un réduit de 12 m2 qui d’habitude fait office de plateau de secours. Un espace totalement inadapté à des journaux de trente-cinq minutes, à des chroniques, à des invités », est-il écrit dans la motion, transmise à l’Agence France-Presse (AFP).
Pour dénoncer « la dégradation de [leur] outil de travail », entre autres, les quelque 60 journalistes de l’antenne étaient invités à répondre à la question : « Accordez-vous votre confiance à Yolaine Poletti-Duflo, directrice régionale, à Christophe Poullain, directeur du réseau France 3, à Delphine Ernotte-Cunci, présidente de France Télévisions, pour garantir la préservation des moyens techniques, la ligne éditoriale, et l’avenir au sein du réseau de France 3 Île-de-France ? »
En grève depuis quatre semaines
Selon la SDJ, « la motion a recueilli 76 % de participation et 93 % de réponses négatives à la question posée », tandis que le mouvement de grève perdure depuis quatre semaines. Ce mouvement social avait notamment entraîné l’annulation des deux soirées électorales prévues lors du premier et du second tour des élections municipales.
L’utilisation de ce studio de secours est une « transition » de trois mois avant que la rédaction n’intègre un autre plateau sans décor, précise le texte de la motion. « Il faudra cependant le partager avec les équipes de journalistes ultra-marins [Réunion La première, Martinique La première, etc.], avec parfois seulement huit minutes pour prendre la relève de l’équipe précédente », a déclaré à l’AFP Abdelaali Joudi, délégué syndical SNJ.
Interrogée, la direction de France Télévisions n’a pas fait de commentaire dans l’immédiat.
