Ce lundi matin de mars, un véritable commando patronal monte à bord du Thalys Paris-Bruxelles. A sa tête, le président du Medef, Patrick Martin, accompagné des membres du conseil exécutif. Fabrice le Saché, le “Monsieur Europe” de l’organisation, est aussi de la partie. Le programme de la journée est dense : échange avec la présidente du Parlement européen Roberta Metsola, intervention du vice-président de la Commission Stéphane Séjourné… Avec comme point d’orgue, une présentation d’Enrico Letta, auteur d’un rapport phare sur le marché intérieur de l’UE.
Le tout se déroule à la Maison des entreprises de France, inaugurée il y a un an dans la capitale européenne. Son objectif ? Mieux faire entendre la voix du secteur privé tricolore dans la “bulle bruxelloise”. Pas question pour Patrick Martin de réitérer l’erreur de son prédécesseur, Geoffroy Roux de Bézieux, qui avait concédé que “[son] temps de cerveau n’a pas été assez consacré à Bruxelles”. Car derrière les photos officielles tout sourire, un malaise couve. Déjà fragilisées par la concurrence chinoise et la hausse des prix de l’énergie, de nombreuses industries plient sous le poids croissant des contraintes réglementaires. Ainsi, la complexité des directives sur la communication extra-financière (CSRD), les zigzags sur le règlement anti-déforestation (RDUE) ou encore le plus récent mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) alimentent la même frustration due au manque de pragmatisme du régulateur européen.
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