Etats-Unis : la Virginie approuve par référendum un redécoupage électoral favorable aux démocrates

En Virginie, les électeurs ont approuvé mardi 21 avril, de justesse, une nouvelle carte électorale favorable aux démocrates, lors d’un référendum vu comme une riposte au redécoupage exigé par Donald Trump dans plusieurs Etats républicains. Selon CNN, le « oui » a remporté plus de 51 % des voix face au « non » qui a récolté 49 % des voix.

Sur les onze représentants que cet Etat de la côte est compte au Congrès américain, six sont actuellement démocrates. Avec le nouveau découpage territorial proposé, l’espoir à gauche est de voir ce chiffre monter jusqu’à dix lors des élections cruciales de mi-mandat en novembre. Les républicains, qui ont perdu il y a quelques mois le siège de gouverneur, ont de leur côté fermement bataillé pour faire gagner le « non ».

Les derniers sondages donnaient un avantage de quelques points au « oui », mais les démocrates n’étaient pas à l’abri d’une surprise, avait estimé auprès de l’Agence France-Presse (AFP) avant le vote le professeur Larry Sabato, directeur du Center for Politics à l’université de Virginie.

« Félicitations à la Virginie ! », a lancé sur X l’ex-président démocrate Barak Obama, après l’annonce de la victoire du « oui ». « Merci de nous montrer ce que signifie défendre notre démocratie et riposter », a-t-il ajouté. « Les électeurs de Virginie se sont exprimés et, ce soir, ils ont tenu tête à un président qui prétend avoir “droit” à davantage de sièges républicains au Congrès », s’est également félicitée, sur la même plateforme, la gouverneure démocrate de l’Etat, Abigail Spanberger.

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Obama en renfort

L’enjeu du scrutin – quatre sièges à la Chambre des représentants – a occasionné des millions de dollars de dépenses de campagne par les deux camps, Donald Trump lui-même s’étant immiscé dans la campagne. Le président américain avait participé, par téléphone, à un meeting lundi soir, lors duquel il avait exhorté à voter « non ». Après l’ouverture des bureaux de vote mardi matin, Donald Trump avait aussi appelé sur sa plateforme Truth Social à « sauver le pays », en rejetant l’initiative de l’opposition.

Côté démocrate, on avait aussi fait appel à de grands pontes du parti. « J’habite en Virginie et je ne peux pas allumer ma télé sans voir cinq pubs d’Obama appelant au oui », a raconté Larry Sabato. Barack Obama reste une figure très populaire, à tel point que le camp adverse l’a aussi utilisé, en diffusant une vieille vidéo où l’ex-président démocrate critique le « gerrymandering ».

Le « gerrymandering » consiste à redessiner les circonscriptions d’un Etat de manière à diluer le vote d’un parti, avec souvent pour résultat des contours géographiques ubuesques. Donald Trump a ressorti en 2025 cette vieille recette de cuisine électorale, en exigeant auprès du Texas un redécoupage qui permettrait aux républicains de gagner cinq sièges au Congrès. L’Ohio et la Caroline du Nord ont suivi l’exemple texan et ont redessiné leur carte pour offrir une poignée de sièges supplémentaires au parti présidentiel.

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« Le mal par le mal »

Face à cette offensive, le Parti démocrate a décidé de riposter et de procéder à son propre redécoupage dans certains Etats, principalement en Californie. Dans cet Etat qui vote très largement à gauche, une nouvelle carte a été facilement approuvée par référendum en novembre dernier, et devrait permettre d’annuler les gains républicains au Texas.

Mais en Virginie, les responsables démocrates faisaient face a priori à un résultat bien plus incertain qu’en Californie. « J’ai voté non », a expliqué mardi Corey Crouch, un électeur de Virginie à la sortie d’un bureau de vote. « Je ne regarde pas ce que les autres Etats font », a-t-il dit à la chaîne CBS News, ajoutant : « Je ne pense pas qu’on ait besoin de réarranger les cartes. »

Le politologue Larry Sabato explique qu’« il existe une part de démocrates qui sont fondamentalement opposés au gerrymandering et qui disent qu’on ne guérit pas le mal par le mal ». En fin de compte, les électeurs de Virginie ont repoussé ces arguments et décidé de répondre aux initiatives des républicains dans d’autres Etats. Mais la campagne de redécoupage aux Etats-Unis ne devrait pas s’arrêter là : selon la presse américaine, le gouverneur républicain de Floride, Ron DeSantis, envisageait avant le vote en Virginie de redessiner à son tour la carte de son Etat si le « oui » venait à l’emporter.

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Le Monde avec AFP

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